DzActiviste.info Publié le ven 20 Déc 2013

​La liberté du peuple souverain est elle moins importante que les choix des groupes ?

Partager

FeqMohamed Jebbara

Beaucoup d’interventions sur le net et ailleurs, au café, à la télé, dans les réunions des partis, etc… nous font le constat de ce qui est et nous amènent à la ​question suivante: Qui doit se charger de changer les choses ?

–Le​s tenants du​ pouvoir ?

Quand on veut enlever un acquis à quelqu’un qui s’y est habitué, il se défend bec et ongles. Normal. Nos tuteurs sont expérimentés dans ce domaine et 50 ans donnent non seulement de  l’assurance mais aussi de la technicité dans ce qu’on s’est habitué à faire et de l’autre côté, on s’est habitué à se soumettre et l’habitude est difficile à combattre, cela donne le sentiment de l’incertitude et donc d’un danger possible.

–Une révolte populaire ? Même si on arrive a combattre l’habitude et à faire face à l’incertitude et au sentiment de danger possible, les moyens existent encore pour  faire capoter cette révolte. L’argent du pétrole remplace l’impôt et c’est le drame.

–L’élite ? C’est la seule alternative qui reste possible mais cette élite n’est même pas foutue de défendre ses propres droits et s’exile ou s’enterre vivante en regardant le pays s’enliser inéluctablement. L’université est devenue un souk et n’a plus la vocation qu’elle devrait avoir de guide de la société.

–Pour que Abdelkader, Bouamama, El Mokrani et d’autres leaders émergent à leur époque, l’homme moyen, le père de famille se sentait responsable à l’égard de beaucoup de choses. La société n’était pas minée, elle était unie.

​ L’utilité sociale primait sur l’utilité individuelle.​

–Pour que Messali, Ben Mehidi,Zabana, Amirouche et d’autres apparaissent et font changer définitivement la destinée du peuple algérien, il y avait en ce peuple une flamme qui les habitait.

Cette flamme semble malheureusement s’être éteinte aujourd’hui. Pourquoi ?

Est-ce que c’est parce que le peuple algérien a toujours eu des ennemis extérieurs qui lui montrent le chemin sur lequel il se fixe ?

Sommes-nous donc un peuple de contradictions, qui ne bâtit ses rêves qu’en opposition à l’égard de l’étranger et qui sitôt livré à lui-même il devient passif, laisse refroidir sa fougue et sa vigueur et se laisse endormir ?

Au lieu de nous poser les questions cruciales pour nous mener à casser le carcan qui nous enserre et nous livre pieds et poings liés aux loups bergers, nous nous distrayons à revenir en arrière, pour nous poser des questions d’identité. Comme si cette identité n’était pas définitivement forgée, la ramenant parfois à une modernité qui nous éloigne de nos valeurs traditionnelles. Nous opposons cette modernité à nos valeurs ancestrales. Chaque groupe ramène ses valeurs à la durée qui l’arrange, pour fixer la naissance de l’Algérie à la date de son choix. Est-ce le problème principal que nous avons ? L’Algérie existe-t-elle depuis la création de la terre et la nuit du temps ou seulement depuis l’avènement de l’islam ou avant et qui doit l’habiter ? Ou encore faut-il qu’il soit arabe ou berbère ou seulement algérien? Et puis quelle religion il doit suivre ? Car des choses sont aussi reprochées à Dieu en catimini et on nous dit simplement que la religion appartient à Dieu et qu’il ne faut pas y toucher !  « Va avec ton Dieu et combattez, nous sommes ici assis à vous attendre » (Coran), comme disaient les mécréants à l’un des prophètes.

Cette religion est tantôt opposée à des visions extrêmement minoritaires et philosophiques et tantôt à la laïcité mère de tous les vices.

Bref, le pays part en ruines et nous nous martyrisons encore plus à discutailler de choses insensées et qui ne riment à rien ou à faire le constat de choses que tout le monde peut faire tous les jours en observant non seulement leur pérennité, mais leur aggravation.

N’est-il pas encore temps de développer notre sens rationnel qui s’impose en l’état actuel des choses ? La rationalité  dicte à l’élite, à ceux qui se considèrent comme intellectuels et qui deviennent de ce fait la dernière ressource de la nation,   la question suivante : Que faire de concret pour changer les choses ?

Car de l’avis de tous, il s’avère, indispensable de changer les choses, il semble que tout le monde soit d’accord sur ça.

Il faut libérer les hommes, les consciences et les actes.

Et pour ce faire, il faut avoir la capacité de chasser ceux qui anesthésient nos forces.

Or il semble que l’anesthésie est efficace.

Une fois que cette anesthésie aura disparu, que la liberté sera instaurée comme système de gestion, chacun pourra alors vendre son projet et le faire adopter ou le voir rejeté dans la fraternité et l’acceptation de l’avis de la majorité.

A moins que justement, les règles de la démocratie n’arrangent pas tout le monde, ce qui pose des questions préalables à l’établissement de cette démocratie.

Dans ce cas laissons les gens se repaître et éructer et arrêtons de nous mentir et de mentir aux autres.


Nombre de lectures: 204 Views
Embed This