DzActiviste.info Publié le sam 15 Sep 2012

164 jours entre les mains du Mujao : N’oublions pas les otages algériens détenus au Mali

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164 jours entre les mains des islamistes du Mujao. Enlevés le 5 avril 2012 dans le consulat d’Algérie à Gao, dans le nord du Mali, les otages algériens vivent ce samedi 15 septembre leur 164eme jour de captivité. Tenaillées par l’angoisse, les familles des otages attendent des nouvelles des leurs alors qu’aucune information n’est disponible sur le sort d’un autre captif, le vice-consul Tahar Touati dont la mort été annoncé samedi 1er septembre.


Rien de nouveau sur le sort des otages. La confirmation vient du ministre algérien des Affaires étrangères, Mourad Medelci, interrogé vendredi 14 septembre par le quotidien espagnol El Pais. «Nous n’avons pas terminé les vérifications à propos de cet assassinat (le vice-consul, NDLR). Il n’est pas facile de le faire », avance le chef de la diplomatie algérienne.
Une si longue captivité et une interminable attente.
Enlevés le 5 avril dernier alors qu’ils se trouvaient dans le consulat d’Algérie à Gao, trois otages, dont le consul, sont toujours entre les mains de leurs ravisseurs du Mouvement pour l’unicité et le djihad en Afrique de l’Ouest (Mujao).
Un quatrième, Tahar Touati, a été exécuté à l’aube du samedi 1er septembre par ses ravisseurs bien qu’aucune preuve n’ait été fournie pour confirmer ou infirmer l’annonce.
Discrétion
Trois autres ont été libérés en juillet dernier mais le gouvernement n’a pas fourni de détails sur les modalités de cette remise en liberté. Pas plus que sur les négociations entamées, via des intermédiaires, avec le groupe qui réclament 15 millions d’euros et la libération d’islamistes détenus en Algérie.
Dans ce dossier, les autorités affichent une discrétion presque absolue. Les rares fois où elles ont accepté de communiquer sur le sujet, c’est à l’initiative des journalistes. Les familles ? Désemparées, tenaillées par l’angoisse, elles s’en remettent à ces mêmes journalistes pour lancer des appels à la libération de leurs proches.
« Nous vivons une situation très pénible, comme celle de toutes les familles qui n’arrivent pas à avoir d’informations sur un être cher», confiait le 7 septembre à El Watan Abdallah Touati, l’oncle de Tahar Touati.
Détresse
L’épouse de Mourad Guessas, présente au consulat de Gao au moment du rapt de son mari et des six autres algériens, n’en disait pas moins dans le même journal. « Je n’en peux plus. J’ai contacté la Ligue des droits de l’homme pour qu’on nous aide. On m’a conseillé d’écrire une lettre ouverte au président Bouteflika. Il faut que l’Etat trouve une solution, ça ne peut plus durer. »
Une cellule de crise a été installée au ministère des Affaires étrangères pour suivre l’affaire, des membres de familles des otages y sont reçus régulièrement, un contact est maintenu avec eux par téléphone, confie à DNA sous couvert de l’anonymat le proche d’un otage, mais tout cela reste peu suffisant.
« Il faut nous soutenir et soutenir les otages, explique à DNA ce proche d’un otage. Il ne faut pas qu’ils se sentent abandonnés, livrés à eux-mêmes. Les Algériens doivent se mobiliser pour que ces otages reviennent sains et saufs. Certes les responsables nous disent qu’ils font de leur mieux pour les libérer, certes encore faut-il rester discret pour ne pas les mettre en danger, mais un soutien n’est jamais de trop. »
Si les négociations requièrent discrétion et confidentialité, rien n’empêcherait les hauts responsables algériens d’afficher davantage de solidarité, de disponibilité et de détermination tant à l’égard de ces familles qu’à l’égard des ravisseurs.
Détermination
Les familles des quatre Français, enlevés par Al qaïda au Niger deux ans plus tôt, n’ont-elles pas été reçues jeudi 13 septembre par le président français qui leur a affirmé que « tout est fait, avec la plus grande détermination et responsabilité, pour qu’ils puissent retrouver tous leur famille et leurs proches »?
Son prédécesseur à ce poste n’avait-il pas reçu à l’Elysée, et à maintes reprises, les proches de ces otages et d’autres otages pour les rassurer et faire passer le même message : solidarité, détermination et responsabilité ?
Pourquoi alors les familles algériennes ne seraient-elles pas reçues elles aussi à El Mouradia par le chef de l’Etat, au Palais du gouvernement  par le Premier ministre ou, dans une moindre mesure, par le ministre des Affaires étrangères ?
Pourquoi des familles de diplomates ou d’employés d’une représentation diplomatique algérienne n’ont-elles pas droit aux mêmes égards que des familles d’otages français et pourquoi doivent-elles se contenter d’une obscure cellule d’un ministère alors que ceux et celles qui vivent la même épreuve en France ont droit à une audience au siège de la présidence ?
On ne peut mesurer le bien que procure une audience accordée par un président, ses mots et ses gestes, pour ces familles, leurs proches et les otages.
Dans un entretien accordé à l’hebdomadaire Paris Match ( jeudi 13 septembre), Hervé Guesquière, journaliste et otage des Talibans en Afghanistan pendant 547 jours, expliquait combien les messages de soutien adressés aux otages, via la télé, la radio ou les journaux, peuvent être d’un infini réconfort pour ceux qui vivent dans la captivité. « Je le répète aux familles des otages : envoyez des messages. S’ils n’arrivent pas ce n’est pas grave, conseillait le journaliste. Dans le cas contraire, l’otage survit souvent grâce à eux (…) Un otage oublié est un otage presque mort. »
Alors oui, il ne faut pas oublier les otages algériens au Mali qui vivent ce samedi 15 septembre 2012 leur 164 jours de captivité.

Lire l’article original : 164 jours entre les mains du Mujao : N’oublions pas les otages algériens détenus au Mali | DNA – Dernières nouvelles d’Algérie


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