DzActiviste.info Publié le sam 21 Avr 2012

1ère journée plénière

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1ère journée plénière: Le pouvoir économique : Pourquoi est-il important et comment le comprendre dans le contexte actuel ?

Modératrice: Lina Abou-Habib, Collectif pour la recherche et la formation sur l’action pour le développement (CRTD-A), Liban
Conférencières:
Lydia Alpízar Durán, Association pour les droits des femmes et le développement (AWID), Costa Rica/Mexique
Bochra Bel Hadj Hmida, Cour suprême de Tunisie, Tunisie
Ipek Ilkkaracan, Université technique d’Istanbul, Turquie
Maria Poblet, Causa Justa-Just Cause, les USA/Argentine
Gita Sen, Development Alternatives with Women for a New Era (DAWN), Inde
Nous ne serons libres que lorsque chacun d’entre nous sera libre
Le 12ème Forum de l’AWID s’est ouvert dans une valse de couleurs au Haliç Auditorium avec la présence de 2240 femmes de 140 pays, venues pour la plupart de l’Est et du Sud mondial. Dans les couloirs et les jardins du Centre des Congrès, le dialogue interrégional avait déjà commencé. Au cours de la première plénière, la discussion s’est engagée sur le contexte actuel et la façon dont les femmes comprennent le pouvoir économique.
Pourquoi Istanbul? Lydia Alpízar, directrice exécutive de l’AWID, a expliqué que la décision de tenir le Forum à cet endroit avait été en partie justifiée par le besoin d’une rencontre qui se rapprocherait des mouvements de femmes de la région et faciliterait la création de relations et de réseaux, renforçant ainsi le programme de développement économique des femmes. Les évènements qui ont lieu actuellement dans la région ont une incidence profonde sur les droits des femmes. Ceci est un appel urgent à renforcer les efforts visant à développer les mouvements collectifs.
Les femmes animant la conférence ont signalé que les révolutions ne garantissaient pas nécessairement les droits, bien que les femmes arabes aient démontré qu’il était possible de se servir d’évènements comme le Printemps Arabes pour atteindre leurs objectifs. Bochra Bel Haj Hmida a mentionné l’expérience tunisienne des dernières années, où, par exemple, la polygamie a été abolie et l’égalité devant le divorce accordée. En Tunisie, dans le monde arabe et dans le Golfe, on a assisté à la reconnaissance des femmes en tant que citoyennes.
Parmi les sujets évoqués au cours de la discussion ce matin, citons la violence à l’encontre des femmes activistes, des défenseur-e-es des droits humains  la répression des manifestations sociales,
Ipek Ilkkaracan a évoqué les défis que pose l’économie des soins domestiques. Dépendant du travail des femmes, cette dernière n’est pas reconnue par les hommes et les gouvernements font très peu pour pallier à ces inégalités. Elle a parlé de « pauvreté du temps disponible », suggérant que le participation des femmes au monde du travail, qui aurait pu remédier au manque de ressources, engendrait une « pauvreté du temps disponible » dans la mesure où les femmes sont encore censées assumer leur rôle domestique en matière de soins. Selon elle, la prise en charge des soins est aussi le type de travail domestique le plus important puisqu’il est aussi celui qui nous unit en tant que femmes dans notre mobilisation. Gita Sen a quant à elle déclaré que l’économie des soins domestiques devait être valorisée et soutenue afin de ne pas être marginalisée.
Pour Sen, nous vivons dans un monde féroce où les contrats sociaux ont été rompus, aggravant drastiquement les inégalités à la fois dans les pays et entre pays au cours des deux dernières décennies. Si de nouveaux acteurs ont émergé, l’ancien ordre établi ne leur fait aucune place. « Qui a besoin, ou voudrait, d’une plus grande part de gâteau envenimé ? » demande-t-elle, sous-entendant que nous devons chercher à comprendre les connexions entre l’égalité et la signification ainsi que la nature du développement.
Les mots de María Poblet ont prêté leur voix aux Indignés, au mouvement Occupy, à la communauté LGBT, aux femmes autochtones et aux femmes de couleur. Pour elle, il faut continuer à renforcer les initiatives de partenariats à l’échelle internationale en ce qui concerne les protestations contre le pouvoir des entreprises et les banques. La mobilisation doit cependant commencer par l’organisation des communautés, l’éducation politique et la lutte politique. Il s’avère également indispensable que les programmes féministes accordent une place permanente à la durabilité écologique.
Sen nous a permis de mieux comprendre la nature du pouvoir, qu’elle explique comme étant fondé sur le contrôle des ressources, ainsi que sur le fait de savoir d’où vient l’argent et comment l’utiliser. Le pouvoir se fonde sur des ressources telle que la connaissance et l’engagement collectif. Finalement, Sen nous a surtout fait comprendre que le pouvoir se construit sur l’absence de la peur et la remise en cause du système. « Nous représentons la moitié du monde : nous devons façonner le monde à l’image que nous voulons lui donner ».


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