DzActiviste.info Publié le lun 16 Avr 2012

20 avril 1980 – 20 avril 2012

Partager

20 avril 1980 – 20 avril 2012

32 ans de luttes

32 années de luttes pour une identité nationale authentique, pour le progrès et la liberté…32 années de combats immenses pour édifier une Algérie démocratique et sociale. 32 années à résister à un pouvoir chevillé dans des intérêts étroits, tournant le dos à toutes les aspirations des algérien(ne)s. Ni octobre 88, ni le mouvement citoyen de Kabylie, réprimés avec une brutalité inégalée (assassinat, torture, emprisonnement), n’ont réussi à nous installer parmi les sociétés démocratiques. Mais jamais  les algérien(ne)s n’ont renoncé à faire avancer les luttes identitaires intimement liées à la question démocratique. Ils s’appuient sur les sacrifices héroïques comme celui de Kamal Amzal ainsi que sur les acquis arrachés de haute lutte comme sur autant de leviers pour porter toujours plus haut leurs revendications, refuser l’impunité, exiger l’officialisation de Tamazigh et des moyens réels pour assurer sa promotion.

32 années après le printemps Amazigh, c’est des images hideuses de policiers bastonnant des médecins, des enseignants, c’est la corruption dans tous les secteurs, touchant le sommet de l’Etat, c’est le suicide d’enfants qui est présenté comme un fait divers qui meublent notre quotidien. Autant d’événements qui font notre quotidien morbide aujourd’hui la démocratie est présentée comme l’alibi a tous les dangers et  qui, selon le pouvoir,  sont toujours expliqués par les manœuvres de l’étranger. Si des pressions sont réellement exercées c’est pourtant  en avançant sur la voie de la démocratisation la plus large, en assurant les libertés et les droits de la personne humaine qu’il est possible d’y résister.

Au lieu de cela et malgré des rentrées substantielles des hydrocarbures, le chômage est massif, les investissements productifs très faibles, le pouvoir d’achat des citoyens s’amenuise, la crise du logement fait rage mettant l’Algérie au bord de l’explosion sociale. Ceci confirme que chaque recul sur le plan identitaire s’accompagne d’autant de reculs aux plans social et démocratique. Les algérien(ne)s estiment pourtant que leur sort n’est pas une fatalité et dépend des luttes qu’ils mènent aussi bien au plan politique, économique, social, culturel et identitaire.

32 années après, c’est aussi les questionnements difficiles, mais incontournables, sur la capacité des forces démocratiques à se constituer en alternative tant l'atomisation s’est accélérée. Cela peut s’expliquer par les manœuvres du pouvoir et la répression, ou  l’isolement international dans lequel elles ont été maintenues durant les années 90. Cependant ces forces doivent savoir qu’il existe un potentiel démocratique immense dans la société, avec lequel elles doivent faire jonction.

Il faut entamer une nouvelle décennie avec optimisme, les nombreuses luttes syndicales, les soulèvements répétitifs des populations dans les quatre coins du pays autour de leurs problèmes quotidiens. La célébration du 20 avril doit être l’occasion de relancer le travail de rassemblement et de remobilisation autour des questions identitaires mais aussi afin d’édifier une alternative démocratique. La sève de l’hiver apporte toujours les bourgeons du printemps. La lutte continue.

Réseau de Défense des Libertés et de la Dignité


Nombre de lectures: 379 Views
Embed This