DzActiviste.info Publié le mar 16 Juil 2013

A Mourad Kacer

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Par Said Radjef

mourad-kasserLe cancer, c’est une maladie qui pourrit la vie du patient, de la famille et des amis. C’est une maladie sans traitement, sans espoir de guérison. Cela fait des mois que tu es malade, allongé sur ton lit en train d’attendre le moment de nous quitter. Le cancer ébranle la vie à plusieurs égards : On est assez confortable dans notre vie, on a confiance en l’avenir puis, soudain, tout ce qui avait été prévu, tout ce qu’on tenait pour acquis et qui pourtant ne l’était pas, est menacé de nous échapper, de partir en fumée.

Sincèrement Mourad, je ne trouve pas les mots pour te dire ma peine. Bien avant les semaines et les mois qui ont précédé ces moments sombres et difficiles, juste au moment ou les symptômes et les examens médicaux ont éveillé tes soupçons, tu m’avais écrit pour me dire que ma position en ce qui concerne le mouvement des aarouchs était la plus sage…A la veille des élections municipales du 29 septembre dernier, on s’est amusé comme des fous. On a rigolé, bu et dansé. A chaque fois que j’évoquais ta maladie, tu m’emballais sur un autre sujet : celui de voir le FFS remporter les élections municipales avec une majorité écrasante. ..
Après un court séjour aux USA tu m’écris à nouveau, mais cette fois ci pour me faire part de ta douleur.

J’ai compris que tu es entré dans un état de choc. J’ai compris ton retour précipité au pays.
Bien sur, je suis venu te voir à deux reprises, mais sans jamais franchir le seuil de ton domicile. Je restais toujours en face, dans le café qui fait le coin, à coté du collège. Je n’aime pas voir mes amis dans l’impuissante et je ne sais pas comment les aider, surtout lorsque les mots et les larmes ne servent à rien. Je ne sais pas si je suis faible ou lâche, même à Boghni ou tu es maintenu artificiellement en vie, je n’ai pas osé franchir le seuil de l’hôpital…

Je ne sais pas quoi te dire de plus. La relève, le combat, l’avenir, le FFS…sincèrement je n’y crois pas trop. Les morts ont plus de chance que nous autres. On est comme des mouches dans du lait : ni morts ni vivants.


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  1. Smail Lam dit :

    Le transfert d’un Centre Hospitalier Universitaire vers une structure de base , dépourvue de moyens pour un malade du Cancer pose plusieurs questions ! Que veut-on faire de Mourad , le laisser mourir à petit feu ? Je me suis déplacé à deux reprises pour une visite, je l’ai trouvé presqu’agonisant , méconnaissable ! La maladie le ronge ,; il est juste tenu artificellement en vie ! Je n’ose pas parler de tous les problémes qu’endure MOURAD et son épouse légitime .

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