DzActiviste.info Publié le jeu 31 Mai 2012

Abdelkader Kherba, la jeunesse Algérienne et le rapport de la CNCPPDH

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Contestation sociale, bureaucratie, harga : Un rapport accable le gouvernement

Le rapport 2011 de la Commission nationale consultative pour la promotion et la protection des droits de l’Homme (CNCPPDH), qui n’aurait pas «été tendre avec l’Exécutif», traite particulièrement des phénomènes de la bureaucratie et de l’émigration clandestine, mais ne sera pas tellement différent de celui de 2010. Un avant goût de ce rapport, attendu par les ONG et les défenseurs des droits de l’homme, a été donné hier à Alger en marge d’un atelier régional sur les droits de la femme arabe. Le plus gros chapitre de ce rapport est consacré au volet social, et particulièrement le front social avec les dizaines de manifestations de revendication de citoyens pour l’amélioration de leurs conditions de vie. Selon le SG de la CNCPPDH, M. Abdelwahab Morjana, cité par l’APS, la commission s’est particulièrement intéressée aux motivations des manifestations qui ont été organisées un peu partout sur le territoire national, autant dans les grandes villes que dans les zones rurales et même au Sud, en 2011. 

Dans le rapport annuel qui sera présenté prochainement au président de la République, la CNCPPDH s’est intéressée notamment aux motivations des différentes contestations sociales qu’a vécues le pays durant l’année 2011, a t-il précisé. C’est une première pour la commission présidée par M. Farouk Ksentini, de travailler sur les raisons sociales et économiques à l’origine de l’éruption sociale, et dont certaines manifestations citoyennes ont été durement contenues par les forces de sécurité. L’autre grand volet de ce rapport 2011 a été, pour la seconde année consécutive, réservé au phénomène de l’émigration clandestine, qui attire toujours plus les jeunes et moins jeunes algériens. Selon M. Morjana, le gouvernement a été accablé dans ce rapport, qui n’a pas été ‘’tendre avec le pouvoir exécutif», en particulier en ce qui concerne les contestations sociales, car a-t-il dit « il est inconcevable que l’Algérien trouve des difficultés pour obtenir un médicament en dépit de la manne financière». La Commission a ‘’tenté dans son rapport de chercher les causes et motivations de ces contestations sociales, et a pris une série de recommandations qui prônent le dialogue et la concertation», a précisé son secrétaire général. Les problèmes de la jeunesse algérienne, un des chevaux de bataille du Président, figurent également en bonne place dans le rapport 2011 de la CNCPPDH, qui revient en fait cette année encore sur la «Harga» des jeunes, un phénomène d’ailleurs commun aux pays maghrébins et africains depuis deux décennies. La Commission a tenté dans son rapport 2011 de « trouver des solutions à même d’endiguer ce phénomène». Dans son dernier rapport, la Commission avait estimé, concernant le problème social de l’émigration clandestine, «inconcevable» qu’il reçoive pour seule réponse une action «répressive privative de liberté», et a appelé à la «décriminalisation» de l’acte de Harga, rappelant les positions dures des juristes, défenseurs et ONG de défense des droits de l’homme contre «la démarche répressive préconisée pour faire face au désespoir, à la détresse sociale et à la quasi-inexistence d’un avenir». La CNCPPH a également déploré «la pénalisation du désespoir» et avait, il faut le rappeler, proposé de remplacer la peine d’emprisonnement par «une amende symbolique, de rendre plus lourdes les peines contre les membres des réseaux qui organisent les voyages de la mort et de se focaliser sur la consolidation des droits sociaux des citoyens». Selon le rapport 2010 de la CNCPPDH, 325 harraga algériens ont été interceptés par les marines italienne et espagnole en 2009, alors que les autorités européennes de contrôle aux frontières affirment avoir constaté que 65% des clandestins arrêtés en Espagne en 2009 provenaient d’Algérie. Grandeur nature, le quotidien des jeunes algériens est encore alarmant: au moins 60% des jeunes scolarisés ont des perspectives floues, 73% n’ont aucun cadre de vie, 58% ne pratiquent aucune activité sportive, 90% n’adhèrent à aucune association et 33% rêvent de s’installer à l’étranger, indique une récente enquête du CENEAP (ex-AARDES). Une situation qui a provoqué une réaction de la Commission vis à vis du gouvernement, selon son SG, qui lui reproche de ne pas avoir fait assez pour contenir les contestations sociales, de ne pas avoir su répondre aux demandes pressantes des jeunes et de leur trouver des alternatives à des lendemains incertains. C’est là également l’autre grand grief que reproche la Commission, dans son rapport 2011, à l’exécutif, dont l’administration est accusée d’avoir durci les mécanismes de la bureaucratie. 

La question «épineuse», selon M.Morjana qu’est la bureaucratie a été également mise en exergue dans le rapport de la commission consultative des droits de l’Homme pour cette année. » Ce phénomène constitue un monstre qui broie les réformes initiées par le président de la République», a-t-il estimé. 

Pas du tout tendre, le rapport de la Commission nationale consultative des droits de l’homme appelle à une lutte également féroce pour l’élimination de la bureaucratie qui, selon M; Morjana, bloque les réformes économiques et sociales du programme quinquennal de développement. 

Le rapport 2010 considérait que les droits économiques, sociaux et culturels méritent une «approche dynamique» et une «vigilance constante» eu égard à leur retentissement sur les conditions de vie des citoyens. «Le dialogue et la concertation constituent des armes efficaces pour dénouer les tensions et parvenir à une «meilleure compréhension» des réalités nationales, selon le même rapport. Pour autant, M. Morjana, qui n’a pas donné plus de détails sur ce rapport, notamment son volet «violations des droits de l’homme», n’a pas divulgué la date de sa présentation au Chef de l’Etat. 

Source : Le Quotidien d’Oran par Yazid Alilat , Titre du Webmaster et  vidéo de  Youtube


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