DzActiviste.info Publié le ven 6 Juin 2014

Abdelmalek SELLAL: les dessous d’une nomination !

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Sellal blagueurNabil de S’BIHA

Lors de mes conversations avec des amis sur les élections présidentielles, j’ai remarqué que nous avons abordé à maintes reprises, et on ne peut y échapper, le sujet des « conneries » de Mr Sellal. Et je me suis aperçu que nous tombons systématiquement dans le piège, comme la grande majorité des Algériens, qui consiste à rigoler et se moquer de la personne de Sellal, qui joue d’ailleurs très bien son rôle, comme amuseur de la masse.

Avant d’en parler davantage sur cet homme politique, à défaut de l’appeler autrement, je tiens à dire qu’il ne m’inspire rien du tout. J’ai décidé d’écrire cet article pour essayer d’analyser les dessous de ses deux dernières nominations à des postes clés dans l’organisation politique algérienne.

Cela va de soi, pour l’ensemble des Algériens, que Mr Sellal est un incompétent sur tous les plans. Rien que sa façon de parler, de débattre et d’argumenter nous donne l’ampleur de sa stupidité. Cependant, certaines personnes se demandent, et à juste titre, comment il a pu avoir autant de responsabilités en si peu de temps ? Comment il a passé du« simple » ministre jusqu’au sommet de l’autorité politique « visible » en Algérie ? Des questions plus ou moins légitimes, vu qu’il est connu pour ses échecs que je ne vais pas énumérer ici, mais facile à consulter dans la presse nationale.

Pour bien répondre à cette question, il faut savoir que dans sa recherche d’un moyen lui permettant d’occulter les scandales, les échecs… de ses trois derniers mandats, le clan de Bouteflika a eu une idée « ingénieuse », à savoir un enfumage à grande échelle. Cela devait se passer, vu l’ampleur du défit, par une importante orientation de l’opinion de la masse. Le service des relations publiques d’El-Moradia est très actif en ce sens. Il n’invente pas de nouvelles procédures mais il optimise la portée de ce qu’il entreprend. C’est là aussi où réside le malheur du peuple, car le système politique actuel pratique des méthodes qui n’ont rien de secrets et de nouveaux pour les initiés.

Cela dit, la meilleure personne qui pouvait rendre ce service n’était autre que le nouveau comique national, Mr A. Sellal. Connu par cet état d’esprit qui ne le quitte jamais. « Il est de genre, m’a confié un politique algérien, à vous balancer une blague lors du premier contact avec lui ». On a tous remarqué qu’il ne connaît rien aux protocoles, ni à la bienséance des diplomates. D’ailleurs, c’est très étrange pour un diplômé de l’ENA, notamment dans la section diplomatie, qui est sa « spécialité ». Cela vous donne une idée générale du niveau de nos élites, qui sortent en général de cette école d’administration.

Donc, Sellal était le meilleur candidat pour ce nouveau poste, le comique officiel de l’Etat. Lors de son passage dans les différentes Wilaya du pays, il n’a pas cessé de lâcher des blagues, de mauvais goût pour la plus part. Mais il a imposé sa marque de fabrique en massacrant l’arabe dans tous les sens et comme un étranger à cette langue. C’est vrai qu’il est Kabyle mais cela ne veut rien dire en soi. Alors la question qui se pose est : comment peut-on choisir une personne qui a du mal à s’exprimer correctement ? Une réflexion à pousser plus loin si on regarde ses prédécesseurs qui, eux, n’avaient rien de commun avec lui.

La réponse à toutes ces questions est très simple. Parce que la meilleure façon d’éviter les débats de fond et intelligents consiste à mettre sur scène un personnage qui peut semer davantage de confusion dans l’opinion de la masse. Mr Sellal a bien joué ce rôle. Pendant toute la période où il était premier ministre, les Algériens discutent et se moquent de ses blagues, de ses « sorties à la con », de ses « déformations linguistiques ». Mais cette animation théâtrale a malheureusement jeté un voile sur la substance des mots et cela, par conséquence, a pu orienter facilement le public vers le terrain du ridicule, au lieu de l’analyse poussée et de la critique scientifique.

Pour preuve, il y a des milliers de vidéos qui sortent à chaque fois que Sellal use de sa bêtise. Des montages vidéo qui ne sont pas plus que des instruments d’amusement et qui n’apporte aucune valeur ajoutée, sur le plan politique et intellectuelle. On a vu des jeunes, Algérois surtout, qui ont pu devenir des stars sur le net. Mais ils doivent tout ça, bien sûr, au maître du rire, A. Sellal.

C’est à cause de Mr Sellal qu’on a peu parlé sur les réalisations de Bouteflika. Et quand on ose le faire, alors c’était pour se jeter les fleurs. Depuis septembre 2012, Sellal était la pièce-maîtresse du jeu politique Algérien : propagande et éviction. Lorsqu’il parlait, c’était juste pour nous dire que Bouteflika a fait du bon et du beau. Par ailleurs, lors de sa tournée nationale, il a distribué de l’argent à tour de bras parce qu’il sait qu’il n’a de compte à rendre à personne sauf à son propre maître, Bouteflika. Mais ce dernier est, bien sûr, le marionnettiste par excellence comme il a toujours été.

Au final, lors de la dernière compagne présidentielle, le débat politique a tourné au tour des futilités, des accusations, des diffamations, des insultes, des menaces… Mais cela est, hélas, le rôle du personnage politique. Les différents candidats n’avaient pas de grand-chose à présenter ou à proposer au peuple. Au fil de cette compagne électorale, les représentants de Bouteflika ont essayé d’étouffer toutes les critiques fondées par un seul argument ridicule: la stabilité. Mais on voit bien que Sellal s’en est bien sorti avec un quatrième mandat pour son chef, même si son passage à Bejaia a faillit tourner en drame.

Il faut rappeler au passage que c’est la première fois qu’un candidat aux présidentielles n’a pas pris la peine de se présenter à ses électeurs. Je pense qu’il n’a pas trouvé « intéressant » le fait de s’exprimer directement au peuple. C’est une « élection » par procuration: une MASCARADE sans égale.

Le chef de l’Etat était sûr de la réussite de sa besogne. Chose confirmée par le résultat, plus de 81%, qu’il s’est octroyé via ses amis de Tlemcen : Mourad MEDELCI, Tayeb BELAIZ et Tayeb LOUH ! Mais contrairement à H. Chavez, paix à son âme, et à V. Poutine, qui ont pu mener activement leurs compagnes électorales, trop « chaudes » d’ailleurs. Ces deux présidents populaires, des exemples en matière de réalisations réelles et d’amour pour la Patrie, ont parlé sous la pluie (les deux) et même sous la neige (Poutine) afin de présenter leurs projets et ont réussi à convaincre leurs électeurs.

Voilà qu’après avoir eu son quatrième mandat, le même personnage, Mr Sellal, est encore au manœuvre. Dans la feuille de route du gouvernement pour ce mandat, on voit que rien ne change dans le bon sens et qui répond aux aspirations des Algériens.

Au contraire, le premier ministre, entame avec ses ministres, sans le savoir, une route vers l’abîme. Il déclare, suivant toujours les ordres de son maître, que l’Algérie va se lancer dans l’exploitation des énergies non conventionnelles, le gaz de schiste.

A cela Mr Sellal ajoute le 05 juin 2014, qu’il n’est pas encore temps pour officialiser Tamazight comme langue officielle en arguant que « sur le plan académique, on ne maîtrise même pas son enseignement au niveau de l’école ». Il a oublié, occulte à vrai dire le fait que la réussite ou l’échec d’une langue dépend, en grande partie, de la volonté des autorités publiques, à l’exemple de l’hébreu qui retrouve un nouveau souffle depuis la création d’Israël.

Mais à l’accoutumé, Bouteflika a su instrumentaliser un « kabyle » pour enterrer encore et encore cette histoire de l’officialisation de Tamazight. Il a passé d’Ahmed Ouyahia avec le printemps Berbère de 2001 à A. Sellal en ce moment. La suite, je la vois déjà via Amara Benyounes, « kabyle » lui aussi, qui n’épargne pas d’effort pour faire montre de son total dévouement au chef de l’Etat actuel. Cependant, ils ont oublié que l’Algérie est éternelle et que cet homme, Bouteflika, est juste une PETITE phase, pleine de mauvais souvenirs d’ailleurs, dans la grande Histoire de notre Nation. Mais comme vous le saviez déjà, l’histoire ne pardonne jamais.

Au final, je suis déconcerté par cet état de fait où le premier qui tire sur nous est l’un des nôtres. Mais heureusement qu’il y a tant d’autres valeureux Hommes, pour ne citer que Matoub (paix à son âme) et Ait Menguellet, nous ont donné des outils pour bien analyser et comprendre ces traîtres à la Nation.

Gloire à nos martyrs et vive une Algérie sans ces politiques mafieux, qui sucent sans vergogne son sang, la dignité.

 

 

 


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