DzActiviste.info Publié le lun 17 Déc 2012

Affaire des moines de Tibhirine : Trédivic veut accompagner Hollande

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Le juge Marc Trévidic, en charge du dossier de l’assassinat des moines de Tibehirine en mai 1996, souhaite faire partie de la délégation du président français lors de son voyage en Algérie.

El Watan. Lyon 15/12/2012
De notre correspondant

Si l’instruction a été ouverte sept ans après les faits suite à une plainte de certaines familles de moines, la commission rogatoire en Algérie demandée il y a un an par le juge n’a pas été suivie d’une réponse favorable par les autorités judiciaires algériennes. Le juge Trédivic désirait entendre certains témoins pour avancer dans son enquête ouverte au sujet des circonstances de la mort des moines.
La question est sensible puisque 16 ans après les meurtres, la question des responsabilités continue de montrer des zones d’ombre, malgré la version officielle algérienne de l’enlèvement par un commando du GIA en mars, puis l’exécution en mai 1996.

Le juge souhaiterait notamment que puisse être enfin réalisée l’autopsie par des experts français des têtes des religieux, seule partie retrouvée des corps, sachant qu’en 1996, aucune autopsie n’avait été faite. Il voudrait également mener personnellement les auditions avec des témoins. «Autant de conditions difficiles à négocier auprès d’autorités algériennes qui ne voient pas d’un bon œil ce qu’elles considéreraient être les ingérences de la France dans les affaires intérieures du pays», concède le journal catholique La Croix qui, dans son édition de vendredi, rappelle les points non élucidés concernant cette affaire qui n’en finit pas d’alimenter la chronique, autant de points qui s’accumulent de mois en mois et d’année en année, jusqu’à se contredire.

Le quotidien publie aussi une lettre ouverte de Me Patrick Baudouin, président d’honneur de la Fédération internationale des ligues des droits de l’homme (FIDH) au président de la République française. L’avocat des familles des moines demande «solennellement (…) que puisse progresser la légitime recherche de la vérité (…).» Il sollicite François Hollande «afin que cette question de la nécessaire coopération des autorités algériennes dans l’exécution de la commission rogatoire internationale soit évoquée lors de vos entretiens (…) Un refus de collaboration complète de leur part avec la justice française ne pourrait que contribuer à entretenir la suspicion sur leur attitude».

Pierre Laurent, neveu du défunt frère Luc, moine médecin de Tibehirine, tout le consensus des familles autour du juge Trédivic, marque un certain désappointement : «Chaque fois, des plaies qui étaient en voie de cicatrisation sont rouvertes (…). Même si l’enquête avance (…), nous ne connaîtrons alors en réalité qu’une toute petite partie de la vérité (…). Les responsables et les acteurs de cette violence étaient nombreux, leurs motivations très diverses, puisées à des sources très variées, et les infiltrations d’un groupe à l’autre, la règle. La vraie vérité sur tout ça, peut être, un jour, l’Algérie la fera (…).»

Hollande parlera de «tous les sujets» avec Bouteflika

Le président français, François Hollande, a affirmé, hier à Bruxelles, qu’il parlera de «tous les sujets», y compris de l’enquête sur l’assassinat en 1996 des sept moines de Tibehirine, avec son homologue algérien Abdelaziz Bouteflika lors de sa prochaine visite en Algérie. «Je parlerai avec les autorités algériennes, avec le président Bouteflika, de tous les sujets», a dit M. Hollande lors de la conférence de presse à l’issue du sommet européen, interrogé sur un appel lancé par l’avocat des parties civiles dans l’affaire des moines de Tibehirine.

Walid Mebarek


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