DzActiviste.info Publié le mer 24 Avr 2013

Affaires de Corruption Saïd Bouteflika est-il impliqué ?

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said_bouteflikaDurant des années, Alstom et General Electric, entre autres groupes étrangers, ont été favorisés par les plus hautes autorités du pays. Si Chakib Khelil n’a pas été inquiété jusqu’ici, c’est parce qu’il risquerait de révéler l’implication du frère et conseiller du Président dans ces affaires, estiment nos sources.

Jamais l’Algérie n’a été aussi menacée dans son existence que ces dernières années, en raison de sa rente pétrolière. La mauvaise gouvernance, la corruption et les intérêts politico-politiciens ont fini par la livrer à l’ancienne puissance coloniale et aux Etats-Unis qui, aujourd’hui, ont pratiquement le monopole sur deux secteurs stratégiques et les plus sensibles : le transport et l’énergie.
En effet, le groupe français Alstom s’est vu attribuer le plus gros des infrastructures de transport public, comme le métro d’Alger qu’il a équipé et qu’il dirige pour une durée de dix ans, et dont la gestion a été confiée à la société française RATP, celle-là même qui assure la gestion de l’aéroport d’Alger. Alstom a bénéficié également des marchés de tramways, téléphériques et trains rapides, mettant ainsi tout le secteur des transports publics entre les mains d’un seul groupe, à savoir Alstom, qui, faut-il le rappeler, se débattait au milieu des années 2000 dans une crise financière assez grave qui a suscité des mesures de mise en chômage de centaines de ses employés en Europe.

Selon des spécialistes, les marchés qu’il a obtenus en Algérie constituaient une «véritable bouffée d’oxygène» pour sa trésorerie. Comment a-t-il pu avoir la mainmise sur autant de projets dans le secteur des transports, alors que sa santé financière était au plus bas ? Très simple. Son représentant à Alger n’était autre qu’un cadre (algérien) du service commercial de l’ambassade de France, qui avait un excellent carnet d’adresses, vu qu’il intervenait souvent pour faciliter l’octroi des visas à de nombreux responsables et personnalités influentes. Un réseau sur lequel a beaucoup compté Alstom, en lui offrant le poste de directeur général de son bureau d’Alger.

Quelques années plus tard, ce responsable est rappelé en France, où il a bénéficié d’une promotion qu’il ne tardera pas à laisser tomber pour revenir à Alger, après avoir accepté l’offre de General Electric (GE), pour diriger son bureau en Algérie. C’est surtout son carnet d’adresses et son réseau de connaissances qui intéressaient le groupe américain pour réaliser des affaires. Celles-ci vont s’avérer très rentables, puisque il va rafler 90% des marchés de turbines en Algérie. Pourtant, les experts sont formels. Les prix qu’il pratique sont excessivement élevés. Ils affirment qu’une centrale de 1000 MW ne dépasse pas un milliard de dollars.

Ce qui a été confirmé récemment par le ministre de l’Energie, Youcef Yousfi. Or, le groupe a obtenu la centrale électrique de Koudiet Draouech (El Tarf), d’une capacité de 1200 MW, pour un montant de 2,3 milliards de dollars. Curieusement, son offre n’était pas loin de celle d’Alstom, 2,2 milliards de dollars, qui a d’ailleurs obtenu la réalisation de la centrale de Terga (Aïn Témouchent). Y a-t-il eu entente tacite entre les deux groupes, sachant qu’ils ne voulaient pas faire baisser leurs offres, comme l’a souhaité Sonelgaz ? On n’en sait rien. Ce qui est certain, c’est que les deux centrales d’une capacité de 1000 MW chacune ont coûté à l’Etat 5,5 milliards de dollars.

Durant la même période, faut-il le préciser, le canadien SNC-Lavalin réalise la même centrale à Tipasa pour 826 millions de dollars et au mois d’octobre 2012, le sud-coréen Daewoo s’est vu attribuer la réalisation d’une centrale similaire, à Cap-Djinet, pour un montant de 910 millions de dollars. Mieux. En mars dernier, General Electric (GE) a obtenu le marché de fourniture de six nouvelles centrales électriques de 8400 MW entrant dans le cadre du plan d’urgence de renforcement des capacités énergétiques durant la période 2015-2017, pour un montant de 2,5 milliards de dollars.

Le groupe assure uniquement la fourniture des centrales tout en s’engageant à réaliser une usine de turbines, «dont la réalisation ne dépasse pas le montant de 80 millions de dollars», expliquent nos interlocuteurs. Pour ces derniers, GE «a décroché le gros lot et devient de fait le principal fournisseur de centrales électriques en Algérie». Etant donné qu’il n’est qu’un équipementier, le projet ne peut être lancé.
Il faudra attendre que Sonelgaz sélectionne les entreprises chargées d’intégrer les équipements et de construire les centrales. «Or, les constructeurs connus qui ont pour habitude de soumissionner pour de tels travaux n’ont pas été intéressés. Il ne reste sur le marché que les Turques, les Chinois et les Sud-Coréens pour être l’interface d’un mégaprojet assez complexe.

La crainte de tout le monde, c’est que ce marché soit donné à des sociétés incompétentes en la matière. Pourquoi avoir octroyé un aussi important marché à un groupe qui ne peut ni construire les infrastructures ni en assurer l’étude, sachant que cette partie du marché est très importante pour le projet ? A-t-on bien réfléchi à l’intérêt de l’Algérie en mettant toutes les centrales électriques entre les mains d’un seul fournisseur ?», s’interrogent des spécialistes avec lesquels nous nous sommes entretenus. Ils se demandent si «le fait d’avoir partagé le marché en deux étapes ne répond-il pas à la nécessité de masquer un énième éventuel surcoût». Pour nos sources, il ne faut plus s’interroger sur les raisons qui ont fait que l’ancien ministre de l’Energie, Chakib Khelil, n’a pas été inquiété par la justice, en dépit des graves révélations qui le compromettent.

A-t-on peur d’arriver au frère du Président, Saïd Bouteflika ? «Ces affaires sont trop importantes pour ne concerner que la personne du ministre. Lorsque Alstom et General Electric ont soumissionné pour obtenir les marchés des centrales électriques de Terga et de Koudiet Draouech, ils ont fait des offres trop importantes. Mais il y avait une volonté avérée de les retenir. On leur a demandé de revoir à la baisse leurs offres, mais ils ont refusé. Malgré cela, ils ont obtenu chacune une centrale. Alstom a obtenu la construction de la centrale de Terga, pour un montant de 2,2 milliards de dollars, dans un délai de réalisation de 45 mois, et General Electric, la réalisation de la centrale de Koudiet Draouech, pour une enveloppe de 2,3 milliards de dollars, dans un délai de 48,5 mois. Mieux, comme ces deux groupes ne sont pas des constructeurs, ils ont fait appel à des sous-traitants. Si General Electric a sous-traité avec l’espagnol Iberdrola, Alstom s’est tourné vers Orascom Construction.

Le choix de cette entreprise égyptienne n’est pas fortuit. A l’époque, elle a été bien appuyée par les plus hauts dirigeants du pays, notamment par le président de la République et son frère conseiller», révèlent nos sources. Pour celles-ci, si Chakib Khelil n’a pas été inquiété en dépit des graves accusations portées contre lui, c’est tout simplement parce qu’il n’est pas l’unique ordonnateur de ces marchés. «Les autres sont tapis à plus haut niveau de l’Etat. Ils ont mis le pays entre les mains des Américains et des Français, uniquement pour acheter leur bénédiction. Ramener l’ex-ministre à s’expliquer, c’est prendre le risque de le voir tout déballer sur le cercle présidentiel, d’autant que certains n’hésitent pas à faire la campagne pour le quatrième mandat, alors que des informations faisaient état de la création, par le frère du Président, d’un parti politique en prévision de la prochaine échéance présidentielle. En réalité, Chakib Khelil n’est que l’arbre qu’il faudra protéger pour qu’il puisse continuer à cacher la forêt, ou plutôt le clan présidentiel», concluent nos interlocuteurs.

Salima Tlemçani


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Displaying 2 Comments
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  1. samy iris dit :

    Les Maitre de la Gestapo, alias le DRS, passent à la vitesse supérieure, en rendant public cette information sur le transfert de Boutef’ à Paris, tenue habituellement comme un « secret d’État ». Puis cette « info » (hum !) sur son frère Said….qui indiquent que la Guerre des Clans rivaux fait rage à l’approche des Présidentielles.

    A l’accoutumée, c’était l’omerta et la chappe de plomb sur la santé de Boutef……Quant à ce qui est dit sur son frère Said, c’est à prendre avec des pincettes, tant on sait que le DRS (Clan Mediene) controle largement la presse, les sites et blogs, et dispose de tout un Département d’action psychologique, chargée de la désinformation, l’intoxication, la diversion et la propagande au service du Pouvoir militaro-mafieux en place, tenu par les Généraux sanguinaires et prédateurs.

    Primo, on peut effectivement penser que cette fois-ci, c’est plus grave, et que la Junte militaire se voit dans l’obligation de communiquer…..

    Secundo, l’autre hypothèse plausible est que le Clan adverse, autrement dit le Clan Mediene-Tartag-Djebbar (DRS) veuille précipiter les évènements pour imposer son candidat, un éradicateur, un dur, un faucon qui sera recruté dans la Diplomatie. Explication : un Ambassadeur qui a fait les capitales occidentales, ou un ancien Chef de la Diplomatie, alias un ex Ministres des Affaires Étrangères dispose automatiquement d’un Grand Carnet d’adresses, et a noué des attaches solides dans le sérail diplomatique international, et pourrait donc prolonger / assurer « l’impunité » aux Généraux criminels et prédateurs qui ont perpétré tant de massacres, assassinats et disparitions, vers 250 000 victimes, de 1991 à 2013, et demeurent hantés par le  » Syndrome Pinochet « , et les précédents Sadam, Kadafi, Moubarak, Ben Ali, Assad, adoubés, intronisés et soutenus par l’Occident….puis lâchés !

    Il se murmure à Alger, depuis un certain temps déjà, que les Généraux sanguinaires veulent mettre en orbite S. A. Ghozali, leur  » âme damnée « , avec un staff de civiles, comme A. Haroun, S. Sadi, A. Ali-Yahia, etc , les signataires de la pétition de soutien à Nezzar, ces tenants de la ligne dure, des méthodes musclées….donc l’autoritarisme et la répression, et leur « corollaire obligée », la corruption généralisée !!! Si ce n’est pas Ghozali, ce sera Sahnoun ou Baâla…..

    2014, ce sera le retour à la  » Case départ  » ! L’asphyxie, la paralysie et la crise qui continue(ro)nt et perdure(ro)nt…….depuis 1962 !

    • hamid bouchelgouma dit :

      analyse faux said bouteflika et un jeune d une famille revolutionnaire il aime l algerie comme so, frere qui adonner toute sa jeunesse j usqua la maladie nos generaux sont des militaires engagees au service de la patrie archit faux le general major si tewfik est un pure product of algeria homme d une bonne famille qui ont donner leur enfants a l algerie il est tres serieux et a sauver l algerie et na pas trahis son pays sa familles vie comme tous les algeriens il na ni compte a l etranger il a former une nouvelle generations d intilligents qui defend leur patrie vive notre armee vive l algerie et que dieu leur donnent le courage pour combattre se qui veulent le mal a l algerie ils sont protegee par dieu et nous toute la famille revolutionnaire que dieu protege notre grand moudjahed si abdelkader vive notre armee vive la republique abat les enemis

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