DzActiviste.info Publié le dim 19 Jan 2014

Affrontement au M’Zab, la provocation : Après la police, Ennahar Tv ?

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Des affrotements qui servent la régence.

Des affrotements qui servent la régence.

La chaine de télévision parapublique « Ennahar », jette son poids dans la provocation en cours dans le M’Zab. Dans sa première phase ce sont les services de polices qui ont été impliqués aux côtés des nervis comptabilisés au compte des populations Ch’ambies. La police, comme cela a été le cas à Alger le 14 juin 2001, a apporté sa protection active à des bandes organisées qui agressaient des citoyens algériens. Nous avons tous vu ces vidéos qui montraient la destruction de mausolées centenaires[1] par des individus à proximité d’éléments des services de polices. Des actes délibérés d’un Djihad, le néo djihad, dont le but est d’annihiler l’algérianité dans sa diversité. Une nouvelle invasion Hilalienne.

Ce n’est pas, comme nous lisons l’interrogation dans des titres de la presse, que ’Etat, « l’état », est incapable de résoudre la crise. C’est simplement qu’il est à son origine, comme il a été à l’origine de celle de Kabylie en 2001. Le complot fomenté dans le M’Zab est non seulement de susciter des affrontements mais aussi de leurs inventer une « confessionnalité » et une « ethnicité »[2]. Les populations Ch’ambies, en elles-mêmes et pour elles-mêmes, ne sont à l’origine de ces affrontements, elles en sont autant victimes que les populations Mozabites. Ce sont des clientèles du système dont l’aéropage va de l’indique de police au Djihadiste pardonné en passant par les lieutenants des réseaux de narcotrafiquants qui prolifèrent dans le sud qui servent de déclencheurs de ces confrontations.

Ces évènements s’analysent à différents niveaux. La provocation a été étudiée pour mobiliser les tensions communautaires locales en comburant efficace d’un foyer incendiaire qui joue comme un contre feu aux aspirations ardentes au changement présentes partout en Algérie. Un élément parmi d’autres du chantage éhonté à l’insécurité et à l’instabilité que l’oligarchie militaro-bureaucratique en place exerce sur les algériens. Ce sont les incendiaires criminels qui nourrissent et entretiennent nos fragilités qui se présentent en garants de notre quiétude et de notre stabilité. Pour mieux nous mystifier ils maintiennent nos plaies ouvertes. L’objectif est aussi faire diversion sur la contestation socio-politique qui grandit dans ces confins de la république, le sud est bel et bien un confins délaissé et discriminé. Faire diversion et éviter que cette contestation ne se cristallise autour d’une candidature à la présidentielle issue de la région. De ce point de vue, le silence d’Ahmed Benbitour sur ces évènements est une faute politique lourde, aussi lourde que ses atermoiements sur la question identitaire. Ce citoyen qui se porte candidat pour être le président de tous les algériens aurait pu jouer un rôle de médiateur dans sa région natale. Ce faisant il aurait consolidé sa rupture avec la régence. Ou bien faut-il tenir son silence comme un témoignage de première main sur la démesure des puissances qui sont derrières ces évènements ? La persistance et l’amplification des affrontements trouvent à coup sûre d’actifs partisans dans les réseaux imbriqués de la contrebande, de l’islamisme Djihadites et du narcotrafic.

C’est dans ce contexte que la chaine parapublique Ennahar s’en prend à l’un des animateurs locaux de la société civile, le Dr Kamel-Eddine Fekhar, le charge contre toutes les évidences possibles de la responsabilité des affrontements et lui invente une appartenance au « MAK ». On se souvient qu’au moment du dessaisissement du DRS des prérogatives de « renseignements généraux », les relais médiatiques de la régence nous avaient informé que « le suivi de l’activité des partis et du MAK », et du MAK [spm], singularisation loin d’être anodine. Les réseaux qui ont provoqué les évènements de 2001, qui soufflent sur les braises dans le M’Zab, préparent le pire. Le MAK dont la réalité va au-delà des Mhenistes et de leur association GPK, est tout à fait légitime dans ses revendications et aspirations défendues pacifiquement. II est, notamment dans ses composantes les moins visibles et les moins médiatisées, (la composante MKL, les souverainistes, les pétitionnaires pour l’officialisation de Tamazight,…) l’initiateur du renouveau de la réflexion sur notre identité et sur les rapports de cette problématique avec celle tout aussi importante des formes et contenus de l’Etat[3]. Les frémissements constaté annonciateurs d’un nouveau souffle du mouvement national algérien leurs sont dus. Il est donc normal que les régents d’Alger tentent de leurs assener des coups.

Pour revenir à Kamel-Eddine Fekhar, il faut rappeler qu’il a été cadre du FFS, qu’il est animateur associatif et se bat sur le terrain de la défense des droits de l’Homme. C’est un citoyen qui à juste titre souligne constamment le caractère raciste de l’agression dont les populations Mozabites sont victimes. S’il exige la reconnaissance et le respect de la citoyenneté des populations Ibadites, à aucun moment et en aucune circonstance il n’a dénié ou remis en cause la citoyenneté des populations Ch’ambies. Mieux, il s’est toujours refusé à considérer les douloureux évènements comme des confrontations ethniques ou confessionnelles. C’est justement en cela que ses prises de paroles dérangent. Ce militant pointe du doigt la responsabilité de « l’état ». Il résiste aux manipulations occultes avec tout ce qu’il a d’expérience politique, de patriotisme et d’attachement aux idéaux républicains et démocratiques. Comme tant d’autres algériens, il dit haut et fort que nous sommes Amazighs, que notre profondeur historique est Amazigh et que nous refusons que notre être historique soit gommé par le Hillalo-wahabisme. S’il y a dans sa parole des raisons à lui faire des reproches cela n’est, assurément, que pour des excès au demeurant compréhensibles. Alors que les pyromanes, qui nourrissent les pires desseins à l’égard de l’Algérie, sont critiquables et condamnables dans le fonds et dans la forme de leurs politiques publiques ou occultes.

La vigilance est plus que jamais de mise. Les provocateurs sont prêts au pire. Notre responsabilité à tous est engagée pour déjouer leurs manœuvres.

 

[1] Un mausolée du XVI siècle classé au patrimoine de l’UNESCO.

[2] Les tensions intercommunautaires présentes dans le Mzab renvoient, comme le régionalisme peignant dans les arcanes du pouvoir ou l’occultation de Tamazight, à la crise de l’Etat algérien dans ses caractéristiques structurantes héritées de l’administration coloniale.

[3] Un débat serein est aujourd’hui entamé dans la société, voir les différentes prises de positions d’acteurs politiques tel le Dr Lounaouci, le Pr Dourrari, de Mourad Preure et du Pr Chitour, sans oublier la proposition du dernier congrès du RCD,….


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