DzActiviste.info Publié le dim 28 Avr 2013

Rebrab a-t-il raison ?

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Depuis le début des agitations sociales dans le sud, le secteur agricole est présenté comme un palliatif pour la création d’emplois et absorber le chômage dans ces régions du pays.
En l’espace de quelques mois, plusieurs membres du gouvernement, dont le premier ministre, les ministres de l’agriculture, des ressources en eau et de l’intérieur, multiplient des visites de travail dans les wilayas du grand sud et mènent des concertations régulières avec des représentants de la population et les élus desdites régions pour orienter davantage les jeunes chômeurs vers le secteur agricole.
Les autorités locales de ces régions, à leur tête les walis, ont reçu des instructions claires et fermes afin de fluidifier la régularisation des dossiers de demande d’investissement dans le secteur agricole, toujours dans le sud.
Deux instructions interministérielles viennent d’être promulguées et visent à faciliter et élargir aux porteurs de projets intéressés par l’activité agricole l’accès au foncier et au crédit bancaire.
Les pouvoirs publics attribuent d’une façon récurrente des potentialités agricoles importantes aux territoires du sud.
Certes les disponibilités en foncier y sont énormes dans ces régions qui représentent plus de 80% de la superficie totale du pays.

Prudence

En ressources hydriques, les potentialités souterraines ne sont pas à nier. Néanmoins, leur exploitation prête à controverse.
La voix officielle converge sur l’abondance des eaux souterraines et l’intérêt de leur exploitation dans l’agriculture.
Des incitations se multiplient alors pour l’élargissement des périmètres irrigués dans ces régions.
Cependant, des investisseurs potentiels ne semblent pas enthousiasmés par cette thèse qu’ils accueillent plutôt avec appréhensions.
Le premier responsable de Cevital, M. Issaad Rebrab, dont le groupe s’est engagé dans le développement de l’agriculture intensive à travers sa filiale CeviAgro, vient de battre en brèche ce mythe de l’agriculture saharienne estimant que les ressources hydriques dans ces régions ne sont pas suffisantes pour le développement de grandes exploitations.
Ce qu’il y a lieu de retenir à cet égard, c’est le caractère fossile de ces ressources sachant que la nappe albienne qui est la plus sollicitée dans ces régions pour les besoins en irrigation ne se renouvèle pas.
Auparavant, les scientifiques se sont penchés sur les conséquences d’une irrigation mal maîtrisée sur la qualité des sols du fait du taux d’évaporation élevé qui favorise la salinisation.
Ajouter à cela, les conséquences futures de l’exploitation des gaz de schiste que le gouvernement s’apprête à engager malgré son impact désastreux sur les écosystèmes.
Le débat sur l’opportunité de l’investissement agricole dans les régions sahariennes mérite d’être enrichi.

Classé dans:Financement et investissement dans l’agriculture, Ressources naturelles Tagged: Cevital, gaz de schiste, Irrigation


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