DzActiviste.info Publié le mar 6 Mai 2014

Ah Ya Bladi Ya Jazair On a Détourné Ta Révolution par Benbrik Abdelkader

Partager

Sauver sa peau par le drapeau, dixit Kamel Daoud. Tel serait le slogan de notre révolution détournée.

Le rouge: le sang des algériens coule toujours,

Le blanc: blanchiment de l'argent des voleurs,

Le vert : on nous a fait voir des vertes et des pas mures,

Le croissant: on l'évoque qu' à l' approche de laylet ech chak (nuit du doute), L'étoile: ne brille que sur l'épaule du militaire. De Abdelkader BEN BRIK (journaliste) Il est certain que ce n’est pas à travers ce prisme que nous devrions voir la Révolution de notre cher Novembre. Nous l’avions déjà dit : au moment où déferlaient tumultueusement les périls, les appétits malsains, les opportunismes médiocres sur un pays jeune à peine la quarantaine, c’est elle qui, sans gesticulation ni discours incantatoire, au plus profond de la conscience et de la démarche disciplinée de la base militante de tout un peuple qui a tant souffert durant 132 ans et que toutes les résistances venaient de lui, jusqu’à celle de novembre 1954. 57 années déjà, que le temps passe vite, c’était hier, un peuple, une communauté bien déterminée à vaincre, à se défendre grâce à sa cohésion, à ses valeurs propres, à ses sacrifices. Il s’agissait là, à l’origine, d’une constatation accompagnée d’un encouragement par lesquels la petite communauté Algérienne de moins de sept millions d’âmes éparpillés à travers toutes les régions de cette Algérie, avait juré de récupérer sa souveraineté. Que n’a-t-on pas dit dans les premiers temps de l’indépendance, au sein même d’un groupe d’idéologues proche du pouvoir, pour, pour nier l’impact profond de cette révolution sur le peuple et sa façon à lui de l’adopter selon sa propre vision du monde, maladroitement sans doute mais en l’accordant avec ses épreuves passées et ses luttes récentes ! Par connaissance de la situation sociologique de leurs pays, certains de ces théoriciens algériens, dans leur hâte d’appliquer une recette uniforme, standard, passe-partout, à un ensemble de faits issus pourtant d’une autre sensibilité, d’une expérience vécue différemment, loin de lieux communs de l’imagerie coloniale, se mirent à appeler à l’aide les plus engagés d’entre les progressistes d’Europe qui étaient nos amis et avaient participé à notre lutte de libération nationale mais que leurs employeurs « naïfs , eux-mêmes ignorants de la complexité de l’enjeu, ne se soucièrent pas d’initier à la réalité algérienne, compromettant ainsi leur effort de bonne volonté et rendant illusoire toute coopération efficace de leur part dans un secteur purement technique. Cette ignorance du pays et de gens ; de la géopolitique et des motivations objectives des acteurs de l’histoire et également une constante bien algérienne qu’on ne déplorera jamais assez. 60 années passées pour un pays comme l’Algérie, qui déjà les signes de rupture entre gouvernant et gouvernés se montraient de plus en plus. Tous cela relevait et relève toujours de la perte des relais éprouvés de jadis, des points de repère et antécédents évoqués déjà, c’est-à-dire d’une grave rupture avec l’algérianité séculaire et moderne à la fois qui s’était affirmée contre vents et marées comme une discipline sociale, une culture et un facteur d’évolution, et cela malgré, bon gré. Cette rupture, avec d’autres brèches sans cesse élargies, était synonyme aussi d’un tri invraisemblable s’opérant dans la classification des choix qui faisaient moins de cas de certains périls immédiats ou susceptibles de compromettre l’équilibre de l’économie et de porter atteinte à la cohésion nationale pour le long terme, que de ‘’menaces’’ présumées visant des valeurs et abstractions vénérables, certes, mais dont la personnalité algérienne retrempée par les souffrances , pouvait avoir raison dans la perspective de l’indépendance, autrement dit d’une longue durée à aménager sans hâte selon une hiérarchie éclairée des besoins et des étapes.. Pour le bien de l’Algérie et malgré ce qu’on voulait lui faire oublier en fait d’engagements contraignants, sous le flot des convoitises primaires et d’une ‘’indépendance’’ comme but ultime et ambigu, il y avait, dès les premiers mois de la libération des initiatives provenant, uniquement, des masses populaires la vraie famille révolutionnaire et non pas des dirigeants, tout comme il y avait eu des sursauts presque unanimes s’exprimant, soit en faveur de l’union et contre les fratricides conflits internes, à l’aide en l’occurrence, de mots d’ordre étonnants de justesse et de maturité, soit pour la prise en charge par les travailleurs eux-mêmes organisés en conséquence, des domaines de la colonisation agraire en vue d’enrayer les risques multiples. Mais malheureusement, le peuple le seul héro de cette Révolution a été vite écarté, marginalisé devenu mineur, il fallait que ceux qui se sont rué sur les postes de responsabilité, pensent à sa place. Et puis petit à petit et progressivement, on a oublié le premier Novembre et sa déclaration. Le vœu des impatients et des jouisseurs qui préféraient une indépendance prometteuse de profits rapides et d’affaires suspecte en liaison avec le ‘’butin colonial’’ et l’arrivisme, à la poursuite d’une révolution constructive et méthodique, celle-ci obéissant à la dynamique du changement induit par le 1er Novembre 1954 avait dans ses rangs et à certains postes de responsabilité des hommes patriotes conscients de l’enjeu qui, de temps à autre, rappelaient le pays et son Etat, à leurs obligations premières. Ces patriotes mis en marge de tout le système demeurent aujourd’hui simples observateurs….

A. Benbrik


Nombre de lectures: 165 Views
Embed This