DzActiviste.info Publié le mer 31 Juil 2013

Al Halqa (22) Les conférences de Si Ramdane Fi Ramadhan – Rezq El Beylek

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Par : Abdelkader BEN BRIK

al halqaLe professeur Si Ramdane entouré de ses voisins, comme tous les jours, parmi eux, l’Etudiant Kaddour, habitué des conférences de l’université. Si Ramdane nous parla des débuts du fléau des détournements de fonds. Il entama son histoire par :
« A force de garder et de rendre. De créditer et de débiter. D’envoyer et de recevoir. De chiffrer et de déchiffrer. De compter et de décompter. L’argent du Beylek…Toutes ces tentations qui croissent dans les occasions favorables suscitées par des circonstances plus au moins fortuites de prédispositions. ‘’ Faut-il toujours tremper le doigt quand on travaille dans le miel ?’’ . Surtout quand il y a sensation de l’absence du suivi, du contrôle de l’intéressement à préserver les biens du pays !
Cette affaire a commencé par deux fonctionnaires, puis trois, ils travaillent à famille élargie, le premier, apprécié dans sa profession subvient parfaitement aux besoins de sa famille. Ses relations avec elle ne souffre ni d’ambivalence ni d’anormalité. Aucun signe de dysharmonie qui aurait pu être un facteur de prédélinquance. Le second plus spontané dans ses relations et ses affections pour ‘’belles choses de la vie’’ est tendrement lié au moyen de leur accès. Sa profession, ce n’est pas un choix délibéré. Son affectation à la caisse est liée à des circonstances dues à un hasard qui va déclencher… leur folle tentation. C’est que celle-ci est toutes les formes… et, à en juger par les multiples cas, on a l’impression que cette attitude de l’homme est quoi Monsieur Kaddour ? » dira le professeur à l’étudiant, qui cette fois-ci répondra avec satisfaction : « Est la mère de tous nos gestes. ‘’Qui ne tente rien, n’a rien.’’ Hadi âla bali biha Cheikh ! ». Le professeur satisfait de la réponse, il continuera son récit : « Le troisième, lui, c’est sa curiosité et un besoin non satisfait qui vont l’entrainer sur le chemin du maniement de l’argent du Beylek.
L’histoire commence par une idée – qui, précédée du ‘’besoin’’ – crée l’initiative. Ils sont là comme d’habitude, derrière les guichets, où ils sont employés. Une après-midi, il n’y a pas beaucoup de monde. L’auteur de l’idée enchaine. Il évoque à son voisin la cherté de la vie, le luxe inaccessible à leur petite bourse, les voyages, les boulots où l’on est grand responsable, où l’on ne fait rien tout en gagnant beaucoup comme les députés et les sénateurs et les PDG ou chef de Parti… Tout l’après- midi il n’arrête pas de lui décrire ce monde de rêve où il est interdit d’y entrer, si vous n’avez que votre que votre force de travail à offrir. Plusieurs fois, il aura fait le tour d’horizon de cette société où le travail est moins moral et le lucre une provocation quotidienne. La discussion continuera plusieurs fois en-dehors des heures de bureau sur cette population bien nourrie, gavée de voitures supers 4X4, de très belles villas qui ressemblaient aux palais des milles et une nuit. Autant de besoins qui naissent de la consommation… de l’argent du Beylek…
Les signes de la tête du collègue de guichet traduisent plus la marque de fatalisme à un destin – tracé pour lui, se dit-il – que celle d’un acquiescement à une offre pour une entreprise aventureuse. ‘’Que faire ?’’, demande- t-il à un ami pressé de lui montrer ‘’comment faire ?’’… plutôt. L’opération est simple’’, dit-il. Mais, pour le coup de maître, il vaut mieux d’abord le coup d’essai. ‘’Commençons d’abord par une petite somme et puis on verra’’. ‘’Nous sommes deux. Et il nous faut contacter des parents et des connaissances en-dehors de la ville où nous travaillons’’. Ce n’est point une lourde besogne. Le destinataire du premier virement est vite repéré. Les autres ne tarderont pas non plus à être connus.
C’est vrai, la première somme n’est pas très élevée. Mais l’intention est, dès le départ, de voler l’œuf, quant au bœuf, c’est une autre hiérarchie supérieur qui s’en occupe. Dans le monde on dit celui qui vole un œuf vole un bœuf, mais chez nous c’est autre chose, il y a une classification, les spécialisés dans l’œuf et ceux du bœuf tout un monde différent. Il y a aussi ceux qui volent l’œuf, le bœuf, le berger le vétérinaire, on les reconnaît ces gros pleins de viande !
Un virement de cinquante mille dinars, (à l’époque c’était de l’argent) est entamé. L’opération réussit. Et la tentation croit d’aller plus vite… Dans l’enrichissement sans cause. En un mois, près de cinq cent mille dinars (5O millions de centimes) sont virés par des expéditeurs fictifs à des destinataires… réels. Trop rapidement, en quelques opérations. La dernière, la mise est grosse. Elle est de huit cent mille dinars, (80 millions de centimes). Rien n’est laissé sans avoir l’air vrai… Le partage équitable est fait, chacun a pris sa part du gâteau, mais sans aucun remord, ils se disaient avoir repris ‘Haqhoum’ dans la richesse du Bled !
Au premier signe de soupçon, qu’il existait un trou bizarre, c’était cinq années après. Les trois acteurs qui n’étaient pas d’ailleurs les principaux avaient disparus, ils avaient réussi à quitter le pays. Au dernière nouvelle, l’un d’eux se trouvait au Canada, le second avait acquis un bar dans un pays Européen et le troisième se trouvait toujours quelque part en Algérie, devenu selon les dires un grand propriétaire sous une autre identité.
Non pas que les aspirations faisaient défaut mais une telle somme en si peu de temps, il fallait garder son souffle pour démarrer les projets…sur la base de l’argent du Beylek. L’appétit ne fait jamais défaut. Il est créé par la diffusion d’une foule de biens de consommation accessibles à des catégories dont la question des besoins est bien loin d’être une vieille lune idéaliste. N’est-ce-pas Kaddour ? » Kaddour surpris par ce récit intervenait : « Bien sûr Cheikh. Que leur modèle engendre tant de désirs refoulés et censurés, ce n’est un mystère pour personne, mais la loi punit toujours les détournements de fonds publics… même si cela devait servir certains ‘’manques’’, c’est le seul cas interdit où le moyen de vivre n’est pas le produit du propre travail du consommateur Cheikh ! » Le vieux postier houssa la tête et murmura quelques mots :’’Aujourd’hui, il y a une option de plus. La corruption, ils ne détournent plus, mais ils prennent la somme dont ils ont besoin. Après tous, c’est l’argent du Beylek, les marchés du Beylek , les ministres du Beylek et les fonctionnaires du Beylek Ouine rah el mouchkil ?, Saha ftourkom »


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