DzActiviste.info Publié le mar 16 Juil 2013

Al Halqa (7) Les Conférences De Ramdane Fi Ramadhan – Le Phénomène De La Chansons Raï

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Par : Abdelkader BENBRIK                                             

halqaLe professeur Si Ramdane, s’est engagé durant ce mois sacré, à organiser chaque jour une petite ‘’Halqa’’ du Ramadhan, au profit de ses voisins, pour leur parler de certaines histoires, nouvelles et actualités. Toujours à ses côtés Kaddour l’étudiant en 3ème année système L.M.D. et l’ancien postier en retraite. Si Ramdane nous raconte aujourd’hui la chanson appelée ‘’raï’’ qui a conquis une partie de la société inconsciente. Un sujet qui n’a jamais été traité convenablement ni par la presse ni par les responsables de la culture. Au point où un chanteur de Raï, est accueilli d’une manière officielle par des hauts responsables et ministres, à sa descente d’avion, alors que des professeurs et de grands chercheurs et Eulamas sont relégués aux oubliettes. Si Ramdane commença par nous parler des chanteurs du raï: « Ils émergent comme les produits d’une génération spontanée dans un espace, pourtant peu favorable.

Très vite, ils accèdent au sommet et nombre d’entre eux en redescendent tout aussi vite, victimes de causes croisées, à l’absence de locaux, en passant les sangsues-producteurs de cassettes et CD. Les plus nombreux n’accèdent jamais à la maîtrise de toutes les phases qui vont de la conception à la diffusion du produit fini. Dans une jungle inextricable où une louve ne reconnaitrait pas les siens, l’amateurisme règne en maître absolu, favorisé par des enregistrements d’une rare médiocrité que le consommateur, à l’oreille désormais déformée, gobe en payant le prix fort. Tu peux nous dire ya Kaddour Ce phénomène à bouleversé quoi ? » L’étudiant, dans l’embarras : « Ma Âla Balich, Cheikh hadi ma Qrinahach » Le professeur reprend ; « Ce phénomène a bouleversé le paysage musical par une contre Révolution musicale, relègue presque toute une génération d’artistes authentiques au musée de l’histoire. Génération qui a essaye de coller au politique en chantant un jour la Révolution, et l’autre tel anniversaire ou telle commémoration d’ordre religieux. Elle n’a pas tenu le parcours devant l’inflation démographique et la moyenne d’âge de la population à partir des années quatre-vingt. L’officialité démographique servie par des textes insipides et des arrangements à la va-vite a conduit Khelifi Ahmed Blaoui Houari Slimane Azem, Cherif Kheddam et les autres à la trappe ou L’adhésion de la nouvelle génération à cette forme de chanson dit Raï est une malédiction.

Les jeunes d’aujourd’hui ne se contentent plus d’être assis pour écouter un concert. Ils font irruption avec leur corps qui devient un acteur posant problème à tous les « ringards » qui ne savent plus s’il faut invoquer Dieu ou le diable. N’est-ce-pas Kaddour ! » L’Etudiant qui n’arrive pas à assimiler, répond comme à ses habitudes : « Ma âla balich Cheikh, hadi ma Qrinahach » Le professeur Si Ramdane continu : « La pénétration accélérée du mode de vie très ordinaire, les spécificités propres à cette nouvelle jeunesse indigente et indigène, les renvois et l’échec scolaire , le programme des télévisions arabes (des cabarets satellitaires) ont fait que les jeunes se sont vite identifiés à ces chanteurs qui sont devenus en quelques sorte « les députés », les représentants d’une jeunesse d’une large fraction de la population. La musique et le chant sous une forme latente ou inconsciente, sont devenus une expression brutale dont l’idéologie de base est l’aspiration à la réussite dans un environnement où l’argent, la drogue, l’apparat et les signes extérieurs de richesse sont ostentatoires. L’appel de la réussite, le gout du luxe que procure l’argent sale, s’avèrent devenir de sérieux concurrents pour des structures classiques qui ne collent, ni précèdent les pulsions parfois imprévisibles de la jeunesse pour qui, et c’est naturel, le corps doit exulter. D’où la naissance d’une contradiction. Cette dernière ballote l’énorme masse de jeunes qui sait, même confusément, que le hit – parade n’est accessible que pour une infime minorité et qui, en même temps vit par procuration – par médias interposés – Les succès de la chanson typiquement algérienne (Bedoui, Chaâbi, Andalous, Oranais).

Il y a eu comme un transfert de responsabilités qui échappent de fait aux organes traditionnels d’encadrement et de formation. La floraison « sauvage » des groupes et chanteurs n’a pas fini d’interpeller responsables et citoyens devant l’effacement, tout aussi sauvage, de critères musicaux qui cèdent la place à la facilité dont font preuve des textes vides et des arrangements complètement dérangés. Car la musique est un apprentissage rude et exigeant. Et il y a des écoles pour ça. Eh bien Kaddour qu’est ce que tu en penses ? » Kaddour dira tous simplement : « C’est bien Cheikh rani bdit nefham » Si Ramdane jeta un regard sur sa montre : « Al Adhane c’est pour bientôt, Saha Ftourkom »


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