DzActiviste.info Publié le lun 7 Avr 2014

ALERTE ENERGIE : à 80 dollars, le baril est un baril de poudre par Slimane Yacef

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ALERTE ENERGIE : à 80 dollars, le baril est un baril de poudre par Slimane Yacef

L'Institut de la Finance Internationale (IFI) met en garde l’Algerie, l’Iran, l'Irak et le Bahreïn contre l'ampleur de leur déficit budgétaire. Il souligne le caractère préoccupant de ce déficit pour les équilibres économiques internes ; cela même si le pétrole reste encore au dessus des 100 $ le baril. L'IFI ajoute que l'équilibre budgétaire pour la plupart de ces pays n'est assuré qu'avec un pétrole dépassant les 110 $ le baril , 145 pour l'Iran , 120 pour le Bahreïn , 95 pour Abou Dhabi . Il se trouve que des études de prospectives effectuées cette fois par le FMI concluent à une chute graduelle et inévitable des prix du pétrole sur le marché international. Il s'établirait à 84 $ en 2019, ce qui augure de sombres perspectives pour les économies de la zone MENA. Pour l’Algérie, plus précisément, le pétrole doit atteindre les 140 $ le baril pour pouvoir couvrir aisément l'intégralité des dépenses publiques. A ce stade, nous serions donc sur le fil du rasoir. Pour 2013, le déficit budgétaire, tel qu'annoncé par la loi de Finances se situerait à 2310 milliards de DA – 29 milliards de $ – soit 14 % du PIB ; déficit qui serait presque intégralement couvert – à 92 % – par le Fonds de Régulation des Recettes ; la création monétaire palliant probablement le reste, avec les tensions inflationnistes qui en découleraient. Mais , l'opacité qui caractérise la gestion du FRR ne peut cacher que le déficit – officiel – est cinq fois plus élevé que la norme maximum tolérée par les pays de la Communauté Européenne ( 3% ) . En perspective donc, la chute brutale et durable des prix des hydrocarbures exposerait l'Algérie à une suppression des subventions aux produits de premières nécessité, c'est à dire à une réduction du niveau de vie de larges couches de la population. Pire encore : c'est la mise au chômage d'une bonne partie des salariés du secteur public, leurs rémunérations ne pouvant plus être assurées. D'ores et déjà, pour contenir les dépenses publiques devenues dangereuses, les autorités ont recouru à une réduction des dépenses d'investissement. C'est ce qui explique l'atonie de la croissance économique évaluée à moins de 4 % du PIB, à peine supérieure à la croissance démographique. En clair, la croissance n'étant pas tirée par l'investissement productif, lequel peine à dépasser les 3 % du PIB, mais tirée seulement par les prix ou le volume des hydrocarbures exportés, le baril à 80 $ est un baril de poudre . Et les nuages ne font que s'amonceler : le marché du gaz est à la baisse, les investisseurs ne se bousculent pas au portillon, la rente du gaz de schiste est insuffisante … et à long terme … ce que réserve une gestion hasardeuse et imprudente porte un nom : l’aventure.


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