DzActiviste.info Publié le lun 16 Sep 2013

Algérie : A propos de ces violences sociétales, qui font si mal, et que l’on ressent si jeune ou lorsque le poids des années pèse.

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2012-06-21T194644Z_1918255386_GM1E86M0A5Y01_RTRMADP_3_ALGERIA_0Même si tant de sociologues en avaient certainement tant disserté sur le sujet, je tente quelques lignes à ce propos, en observant mon vécu quotidien d’aujourd’hui en société algérienne, tout en me souvenant de mes pérégrinations, réelles et imaginaires, en sociétés occidentales
Même si elles planent encore sur nous, sur le pays, notre conscience du danger nous recommande toujours la maîtrise de soi afin de nous en préserver, et éviter de les provoquer, Et les bons mots comme « évite de traîner en lieux malfamés et rester sur ses gardes et non toujours dans une confiance béate, en bref s’éveiller… » reviennent de rigueur.
Et Rousseau avait-il parlé pour rien, en lançant ses fameux mots : « l’homme est un loup pour l’homme » ? J’en suis pour ma part assez d’accord, avec cela, lorsque quelques intérêts ou beaucoup sont en jeu. Sinon le pauvre poète jamais riche a droit à la tranquillité…
Même, si certains et certaines avancent que leurs droits et acquis, ils les doivent à notre sang et souffrance dans les pays du sud, les gens du Nord restent si fascinants par leur savoir-vivre, toutes leurs gentillesses et respects des autres, même si cette mauvaise note dans le paysage européen : leurs ingrats racistes. J’admire toujours les sérénités qui se dégagent de tous ces peuples qui accordent tant de place au sentiment amoureux. C’est si admirable, que dans les cafés, les rues des villes européennes, en France et particulièrement en suisse nulle personne ne se permet jamais de vous juger, ou de juger de vos actions du moins à voix haute.
Je dirais pour en évoquer pour des énièmes fois, mes séjours chez les nantis, que longtemps, durant, ce qui m’avait tant intrigué, en ces contrées, c’était la paix en ma tête et en mon âme. Pourquoi donc mon dieu la guerre avait altéré mon regard sur ces pays de grande civilisation ! Et si jeunes, nés durant cette guerre d’Algérie, avions nous eu très mal pour rester longtemps dans l’aveuglement de la « haine » et du ressentiment ?
Lorsqu’on sort la tête de l’eau et qu’on cesse de vivre caché, à cesser à raser les murs, on observe les différences entre diverses sociétés occidentales et celles des pays du Sud, puisque j’ai eu la « chance » d’avoir connu l’ailleurs. La société kabyle aujourd’hui pour moi, même si elle reste dans la voie de déclochardisation, je considère qu’elle a perdu tout de même beaucoup de son âme, de ses valeurs
En société lausannoise, il suffit de se tenir coi et respectueux, pour que nulle tuile ne vous tombe sur la tête. Le hic est la nécessité d’assez de moyens pour y vivre tant le niveau de vie est si élevé, la vie si chère, ce qui n’est guère évident lorsqu’on y arrive des pays, qui avaient émergé dans des souffrances des longues années de guerre, et je suis aussi issu d’un milieu de conditions sociales tout juste modestes.
Et avoir le réflexe d’essayer de louer la force de ses bras, il fallait avoir l’intelligence d’y penser, ne point rester dans la méfiance des autochtones…Que n’avait-il pas fallu de sourires, de tolérance pour enfin…l’éveil ! Et les mots des gens, leur écoutes, leurs attentions et aides telles des baumes au cœur. Il n’y a pas de mal à l’échec même si ça laisse tant de traces ! A quoi bon s’acharner lorsque l’amour s’en est allé !
En mon milieu d’origine, longtemps l’insouciance et la nonchalance, une vie éternelle en société de subsistance` ! Les malins riches nous culpabilisent de ne pas être à leur hauteur. Si l’on se doit du respect mutuel tous ensemble dans nos relations, j’ai toujours cette impression qu’ils ne cessent pas d’accumuler, certains grands begarrines analphabètes, dans leur jeu favori à frimer, se moquer et se jouer des autres. L’intelligence ne consiste elle pas à considérer comme chez les populations d’occident que tous on a droit aux droits !
Pour les riches et les pauvres algériens, la gentillesse est-elle un signe de faiblesse ? Avec certains fourbes et mal intentionnés, si l’on se laisse faire, on est vite écrasé. Des fois simplement par méchanceté ou jalousie ! Avec ce sentiment blessant, qu’ils savent si bien les cons choisir leurs « victimes ».
Je me remémore souvent l’agression dont j’avais été victime au début de l’année, pourquoi, a-t-il fallu, aller ester le gars devant les tribunaux pour qu’il, maintenant depuis bientôt deux années, me laisse enfin tranquille, même si moi aussi, j’avais été condamné à une amende de 20 000 da, somme considérable pour un non-salarié ? Comment avais-je tant supporté durant de longues années d’être autant persécuté, insulté, menacé de mort` ? Je ne remercierai jamais assez les juges, de m’être enfin débarrassés d’un réel démon.
Je me demandais souvent si mon entourage d’envieux personnages aigris, étaient affectés par toutes les violences subies par le peuple et le pays ? Je n’avais rien pour subir les foudres et les vengeances des frustrés lorsqu’ils essayent de retourner leur légitime colère contre moi. A-t-on droit d’avoir une autre opinion que la foule de révoltés ?
En réalité, je n’avais seulement pas fait le deuil de mon grand amour helvétique. Et j’ignorais certainement tout ce qui se tramait autour de moi.
Et ma vie à l’écart, cela les dérangeait- ils ?
J’avais certainement jugé un jour de mon jeune âge, mes compatriotes des plus barbares, lorsque dans mes prières, j’implorais dieu, d’exaucer mes vœux de quitter mon pays. J’avais fini si jeune, à le quitter, à l’âge, je crois – j’ai tant de peine parfois à me souvenir- de dix-huit ans.
Pourtant, à bien réfléchir, en s’éloignant de son entourage malsain, mon étonnement grandit toujours, dans la foule des anonymes, les algériens, en général restent des plus pacifiques, malgré tout ce qu’ils subissent. Etais ce de ma faute, de m’être laissé aller, dans les confiances avec tous ces « proches » ? J’ai toujours considéré, que vivre en permanence vigilant, est si nuisible pour la santé. Et il ne faut pas trop se prendre au sérieux car quoi qu’on fasse avec la vie, on n’en sort jamais vivant…..et c’était mal les connaître.
Pour vivre dans les sérénités avec ses compatriotes, il n’est point avantageux d’avoir des problèmes de famille, et d’en parler librement, de se confier à autrui. Raconter ses misères et ses problèmes de chômage. Car beaucoup en ont aussi, et certainement refusent d’en entendre parler. Et l le mal réside -il là ?
Mais aussi Et surtout de ne point les craindre` ! Eviter d’être à leur merci.
Ma compassion pour les pauvres miséreux qui crèvent la dalle est toujours très grande, car il me semble souvent que notre milieu est sans pitié pour les plus faibles. J’étais sidéré un jour des mots d’un fabriquant, lorsqu’un ivrogne l’eut sollicité pour quelques menus monnaies :
« Je reste sans pitié pour ces gens.. »
Je suis parti sans mot dire, laissant le fabriquant se diriger vers son bistrot préféré. Non sans penser aux mots d’un autre « ami » nanti qu’il « leur faudrait des clubs privés un jour… »
Ah` ! Qu’il était si instruit, charitable, si déchiré du sort réservé aux démunis dans le monde ce J. lausannois, d’une si grande famille de riches suisses ! De quoi être concilié à vie avec cette véritable bourgeoisie….
Chez nous surtout, la famille reste importante et il n’est point recommandé, justement d’avoir des problèmes chez soi. Chacun a besoin d’un refuge, lorsqu’à force d’ennuis, dehors, les gens ne se supportent plus…
Sans lieux ou s’abriter, on demeure la cible privilégiée des habitués de la routine et des violences, qui pensent avoir le droit de privatiser les lieux publics à leur seul usage…
Si aujourd’hui, une classe est à l’abri, d’avoir bénéficié d’augmentations conséquentes, le bonheur n’est pas encore dans le pré. Et de saines occupations font tant défaut. La révolte est toujours dans l’air !
Pour revenir, à ce qui me fascine toujours, à cette Europe donc, qui continue, toujours à attirer jeunes et vieux, la bonne foi est de dire le pacifisme des populations du vieux continent, combien souvent est agréable la compagnie d’eux et surtout d’elles, combien elles savent le respect de la vie humaine.
J’en veux encore beaucoup à la guerre d’avoir altéré mon regard sur l’occident et ses habitants. Je sais aussi qu’il m’avait fallu tant de temps de lectures, pour finir à comprendre, qu’en pays du Nord, ce sont les puissances de l’argent qui tirent les ficelles, et qui dit -on, ne cessent pas de mener le monde à la dérive. Les peuples d’Europe, quand, bien même bien intentionnés envers les démunis du reste du monde, restent impuissants à agir.
Je sais que leur admiration va toujours, à ceux des leurs, qui osent s’opposer aux injustices. Comme par exemple, durant le conflit entre la France et l’Algérie, ils avaient admiré Camus, Sartre, Henri Curiel, Henri Aleg, jeanson, tous ceux qui avaient « trahi » leurs pays, pour le droit à la vie d’un peuple spolié de ses biens, le peuple algérien.
Boghni le 09 09 2013
Amokrane Nourdine


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