DzActiviste.info Publié le sam 9 Fév 2013

Algérie: Alerte au terrorisme !

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          Je crois que personne d’à peu-près sérieux ne peux me créditer d’être un soutien du régime qui broie notre pays. Je l’exècre, ce régime, depuis le premier jour de sa naissance, celui où Boumediène devint Chef d’Etat-Major Génaral de l’ALN, en vérité de la seule armée des frontières, celle qui lui permettra de prendre le pouvoir par la force, d’y installer son président fantoche, le temps de se préparer.

C’est ce même régime qui continue, à ce jour, de faire main-basse sur notre pays, de peser sur l’avenir des générations montantes, de le compromettre irrémédiablement. Je le hais pour tous les hommes valeureux qu’il a fait assassiner, pour avoir tenté de ternir leur honneur. Je le hais pour les innombrables victimes qu’il a broyées, pour avoir saccagé un pays prometteur, pour avoir ravagé nos valeurs ancestrales, pour nous avoir plongés dans une immense tragédie, pour avoir ruiné le pays, pillé ses richesses, pour avoir corrompu et anesthésié des populations entières. Mais les périls qui pèsent aujourd’hui sur notre pays doivent nous mobiliser plus que tout le reste. Parce que l’Algérie est en danger.

Personnellement, j’ai un avis très mitigé, sur le terrorisme qui a plongé notre pays dans l’horreur, depuis l’interruption du processus électoral, en 1992, jusqu’à ces dernières années. J’étais assez dubitatif sur la question, parce que je savais que la première violence a été le fait du régime, que celui-ci avait poussé les islamistes à la violence, par tout un arsenal de moyens, tous plus retors et violents les uns que les autres. Le régime avait intérêt à ce que les islamistes optent pour la violence, plutôt que pour la contestation politique organisée et démocratique. Il a donc fait en sorte de les pousser à leurs dernières extrémités. A ne leur laisser aucun choix. Ces derniers ne furent pas en reste, puisqu’ils devinrent les meilleurs alliés naturels du régime qu’ils prétendaient combattre.

Puis de carnage en institutionnalisation de la torture, de coups tordus en terrorisme pédagogique, nous découvrîmes tous, ou presque tous, sauf ceux qui s’étaient rangés dans un camp ou dans l’autre, que le régime et les islamistes étaient entrés dans une sorte de coopération. Ils avaient appris, en marchant, ou plutôt en tuant, que le peuple était là, à leurs pieds, et que son sang leur servait de monnaie d’échange, pour négocier entre eux, des choses et d’autres. Le régime avait tellement infiltré les groupes armés islamistes qu’il ne parvenait plus à différencier qui était qui. On a tous entendu l’oraison funèbre, particulièrement élogieuse,  de Madani Mezrag pour le Général Smaïl Lamari.
Les émirs qui faisaient un carnage des populations étaient devenus une sorte de capitaines d’industrie, dans des trafics particulièrement fructueux. Ainsi, je savais personnellement, qu’à l’extrême-est du pays, Abderazak el Para était en étroite liaison, pour ses affaires, avec des sénateurs et des députés de la région, mais aussi avec des commandants des GGF, et même des généraux.

Le régime, de son côté, activait de façon particulièrement subversive, comme lorsqu’il fit créer AQMI, où lorsqu’il fit enlever des otages par Abderazak el Para, où lorsqu’il accepta de payer, pour la France, la rançon de 17 millions de dollars, demandée par les ravisseurs des quatre français enlevés au Niger en 2010.

Aujourd’hui, à la faveur du survol du territoire algérien par l’aviation militaire française, pour aller bombarder  les rebelles maliens, ou s’en servant comme d’un bien commode prétexte, les djihadistes, ou prétendus tels, menacent de replonger l’Algérie dans l’enfer d’où elle vient à peine d’émerger. Après l’affaire d’Ain Amenas, qui reste énigmatique à bien des égards, voilà qu’un groupe fortement armé s’attaque à une caserne près de Khenchela. A quelques kilomètres de l’unité des Forces Spéciales la plus importante du pays. Le nombre de terroristes, une cinquantaine, et leur armement, qui leur a permis de maintenir sous des tirs nourris toute une caserne, pendant plusieurs heures, laisse imaginer la puissance de feu dont ils disposent maintenant. Alors que le régime ne tarit pas sur ses propres mérites, puisqu’il dit avoir vaincu le terrorisme, que celui-ci était devenu tout à fait résiduel, à peine quelques poches, nous rabâche-t-il, où nichent quelques irréductibles, faméliques et mangés par leurs poux.
Cette attaque, qui aurait provoqué une immense clameur dans n’importe quel pays moyennement honorable, a été traitée de façon presque banale, par dessus la jambe, comme si ce genre d’opération avait lieu tous les jours.

Cette attaque terroriste de Khenchela vient pourtant de sonner le début d’une phase qui pourrait se révéler encore plus tragique que la décennie rouge, si le peuple n’y réagit pas, en s’organisant, en la dénonçant  et en exigeant que tous les moyens de l’Etat soient mobilisés afin de nous prémunir contre le péril de très grande intensité qui s’annonce, et qui pourrait tuer définitivement la nation, cette fois-ci.
Cette attaque n’a été évoquée ni par le Chef de l’Etat, ni même par son Premier Ministre, ni fait l’objet d’une conférence de presse par le Haut Commandement, parce que tous ces gens considèrent qu’ils ne sont pas tenus de rendre compte au peuple, de tous les périls qui le menacent. Ou tout simplement parce qu’ils sont dépassés par des évènements qu’ils ne contrôlent plus.

Personne, au sein des pléthores de partis politiques, qui grouillent autour du râtelier,  ne nous a dit, avec suffisamment de force, que le pays vient d’entrer dans une phase particulièrement périlleuse de ce qui semble lui avoir été savamment concocté.

Cette autorisation de survol, qui semble avoir mis le feu aux poudres, n’est ni fortuite, ni maladroite, ni encore moins prise dans l’improvisation. Ceux qui en porteront la responsabilité ont mis en marche une machination qui pourrait se révéler explosive pour toute la région. Les massacres des Touaregs qui se perpètrent au quotidien, en sont les prémices sanglants.
L’attaque de la caserne de Khenchela est le révélateur d’un complot qui s’ourdit contre toute la nation.

Dans le contexte international actuel, qui a connu le soulèvement de presque tous les peuples de la région, jusqu’en Syrie, et qui n’a pas tardé à être récupéré par les forces les plus réactionnaires qui puissent s’imaginer, il n’est pas interdit de penser qu’une sorte de théorie du contre-feu ait été mise en branle, afin d’empêcher la naissance d’un esprit contestataire au sein de la population.
On aurait cherché à provoquer une phase de violence, pour épouvanter les gens, les plonger dans l’incertitude des lendemains, leur rappeler qu’ils ne sont pas à l’abri de ce qu’ils ont déjà vécu, qu’on n’aurait pas mieux fait.
C’est peut-être le meilleur moyen qu’ont trouvé des forces embusquées, de tuer dans l’oeuf toute idée de contestation politique, et tout potentiel de printemps algérien.

Il n’en demeure pas moins que quoi qu’il puisse se cacher derrière cette attaque terroriste de Khenchela, la plus grande alarme doit être lancée, au sein du peuple algérien, pour qu’il se mobilise, et qu’il agisse par tous les moyens dont il dispose, pour contraindre l’Etat à prendre ses responsabilités, toutes ses responsabilités.
Nous sommes à un point critique de notre histoire. Nos aspirations sont de fonder un Etat démocratique, et non pas de permettre à des forces mauvaises d’assassiner notre nation. Le terrorisme doit être combattu, ainsi que les forces occultes qui l’agitent.

Réveillons-nous de notre torpeur ! Exigeons de ceux qui président à nos destinées, malgré nous, de mettre tout en oeuvre afin d’éventer le complot qui se trame, et de conjurer tout péril contre la nation.
L’heure est grave ! La menace est sérieuse. Il est encore temps de se mobiliser, de lutter contre le terrorisme qui se prépare, dans ses antres comme dans ses officines.
Le terrorisme n’est pas l’ennemi du régime. Il est l’ennemi du peuple, l’assassin de nos aspirations, et le fossoyeur de notre avenir.
Haut les coeurs !
La Patrie est en danger.

DB


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