DzActiviste.info Publié le mer 2 Mai 2012

Algérie : Arrestation d’un jeune activiste qui appelle au boycott des législatives

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Tarek Mameri, 23 ans, militant activiste sur les réseaux sociaux, a disparu depuis la soirée du mardi 1er mai à Alger. Selon ses camarades qui ont relayé l’information, le jeune homme a été enlevé mardi vers 21 heures alors qu’il se trouvait à Belcourt, quartier populaire d’Alger. Selon un syndicaliste, le jeune homme est entre les mains de la police et sera présenté devant le procureur. Très actif via les vidéos postées sur Youtube, le jeune homme appelle au boycott des élections législatives.


Tarek Mameri, jeune chômeur résidant à Belcourt, quartier populaire de la capitale, a été enlevé dans la soirée du mardi 1er mai par des civils qui étaient à bord d’une voiture banalisée de marque Kadi.
Contacté par DNA, Yacine Zaid, syndicaliste et militant des droits de l’homme, affirme que le jeune activiste se trouve ce mercredi 2 mai entre les mains de la police.
« Ce matin, des policiers se sont présentés auprès de la famille du jeune homme pour récupérer sa carte identité, révèle-t-il. Ils ont demandé à sa maman de lui ramener le déjeuner au commissariat. Toutefois, je ne suis pas en mesure de vous dire dans quel commissariat se trouve-t-il. »
Yacine Zaïd indique en fin de journée à DNA avoir pu entrer en contact avec la mère de Tarek qui a pu rendre visite à son fils dans un commissariat de la Grande Poste d’Alger. « Il sera présenté demain devant le procureur de la république du tribunal Abane Ramdane m’a-t-elle expliqué », affirme le syndicaliste
Tarek Mameri a posté sur le réseau Youtube de nombreuses vidéos amateur dans lesquelles il exprime son point de vue sur les élections législatives qui se tiendront jeudi 10 mai.
Appel au boycott et diatribe contre les dirigeants
Dans l’une de ses vidéos qui font le buzz sur le net, le jeune homme appelle au boycott de ce scrutin alors que dans une autre, filmée devant un trottoir de son quartier de Belcout, il interpelle le président Abdelaziz Bouteflika ainsi que les dirigeants algériens en les accusant de rouler pour leurs propres intérêts plutôt que de se soucier des problèmes de la jeunesse.
Dans une autre vidéo publiée le 17 avril dernier, Tarek Mameri et deux autres personnes procèdent de nuit à l’enlèvement des panneaux électoraux –vides d’affichage-, installées contre le mur d’un trottoir.
Dans ce message, le jeune algérois revendique clairement son action. « Nous allons les enlever et faire passer le message à tous les Algériens, explique-t-il. Nous ne voulons pas les détruire pour qu’ils ne disent pas que nous sommes des va-nu pieds. Nous allons les démanteler, les ranger pour que l’Etat vienne les récupérer. »
Décidées de réussir ces élections et d’assurer une large participation des électeurs, les autorités algériennes tolèrent de moins en moins les voix qui appellent à leur boycott.
Farouk Ksentini, avocat et président d’une commission chargée de la promotion des droits de l’homme, avait récemment suggéré de rendre le vote obligatoire et d’infliger des « sanctions appropriées » aux abstentionnistes.


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