DzActiviste.info Publié le dim 4 Mai 2014

Algérie, entretien (presque) imaginaire avec Amar Saadani par Naoufel Brahimi El Mili (source MondAfrique)

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Algérie, entretien (presque) imaginaire avec Amar Saadani par Naoufel Brahimi El Mili (source MondAfrique)

Mis en cause dans la presse algérienne et sur "Mondafrique", Amar Saïdani, secrétaire général du FLN et un des principaux soutiens du "quatrième mandat" de Bouteflika, nous reçoit au siège du mouvement. Entretien (presque) imaginaire.
Le secrétaire général de l’ex parti unique, Amar Saadani, nous précise d’emblée : « Je vous ai accordé cet entretien pour faire des mises au point et mettre fin à l'odieuse polémique provoquée par la presse que nous allons reprendre en main! ». La contre attaque est claire. Ce proche du président Bouteflika dénonce les papiers parus dans la presse algérienne ainsi que sur le site Mondafrique sur les appartements qu'il possèderait en France, lui et sa famille. Entretien Mondafrique. A quelle polémique faites vous allusion ? Votre nom est lié à tant de controverses. Amar Saadani. Je démens formellement toutes ces allégations qui m’attribuent des biens immobiliers à Paris, de faramineux comptes à l’étranger. Pourquoi ne pas m'accuser, demain, d'entretenir à Paris d'anciennes collaboratrices que j'aurais connues comme président de l'Assemblée Nationale? Ou d'avoir envoyé mes filles faire leurs études à l'étranger parce que je ne croyais pas aux vertus de l'enseignement en Algérie? Foutaises! Mondafrique. Mais les adresses de ces appartements parisiens sont publiées, ainsi que l’estimation de leur valeur marchande. Soit, d'après le site 'Algériepatriotique' repris par 'El Wattan', trois millions d’euros. A.S. Je connais bien ces quartiers. Et je vous rappelle que Neuilly et Puteaux, cités par ces torchons, se trouvent dans les Hauts de Seine, ce qui n’a rien à avoir avec Paris. Je répète, je n’ai aucun appartement à Paris intra-muros. Imaginez, une seconde, que le secrétaire général du glorieux parti du FLN, celui du Premier novembre qui s’est battu contre la France, ait une carte de résident dans le fief de l’ancienne puissance coloniale ! Traitez moi de schizophrène aussi!

Mondafrique. Qu’en est-il des accusations de détournement de fonds publics?

A.S. Dans mes différentes fonctions, je rappelle que j’étais le Président de l’Assemblée nationale (soit le troisième personnage de l’Etat), je n’ai jamais eu à traiter ni des contrats ni des marchés publics. Toutefois, je ne suis pas naïf, je reconnais que certains députés ont échangé leurs premiers pots de vin sur les bancs de l’assemblée, comme d'autres un premier baiser sur un banc de lycée. Quelle innocence !

Mondafrique. Vous admettez donc que la corruption entache la classe politique

A.S. En effet, mon soutien indéfectible à Bouteflika découle de la priorité à lutter contre la corruption qu'il a rappelé comme un des objectifs prioritaires de son quatrième mandat. C’est pour cela que j’ai exigé que le prochain premier ministre soit issu du FLN, de mon parti. Une façon de dire au peuple algérien: faites comme je dis mais pas comme je fais. C'est fort, non? Mondafrique. N’êtes vous pas en perte de vitesse après avoir attaqué le puissant DRS (services algériens) ?

A.S. Pas du tout, je suis à la tête du parti majoritaire à l’Assemblée. Or cette noble assemblée ne décide rien. Vaste dessein alors que l'immobilisme est en marche, un programme dont je suis signataire !

Mondafrique. Comment se fait il que vous êtes confiant, au moment où des poursuites pour enrichissement personnel restent possibles?

A.S. Certains médias s’acharnent sur des personnalités intègres et compétentes comme Chakib Khelil, l'ancien et grand ministre de l’énergie, exilé aux Etats-Unis. Demain, je risque moi aussi de me réfugier en France. Voici qui est plus grave qu'une fuite des cerveaux, c'est la fuite des capitaux


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