DzActiviste.info Publié le jeu 20 Déc 2012

Algerie – France: une relation gagnant-gagnant?

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Photo Reuters

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Anouar H Smaine
18 décembre 2012

François Hollande sera demain en Algérie. Certains à l’intérieur du système souhaitaient qu’il demande au nom de la République Française des excuses au Peuple Algérien avant de se rétracter à la dernière minute. C’est la une démarche a laquelle Je n’adhère pas aujourd’hui, non pas parce que je pense que la France coloniale n’a pas commit de crimes atroces en Algérie, mais parce que le système Algérien actuel a, lui aussi, tout comme la France Coloniale, commit de grands crimes contre ce même peuple qui reste cinquante ans après son indépendance; sans voix.

Ces demandes venant d’un système illégitime, ont un caractère Politique et Politicien, et ne visent nullement à honorer la mémoire de ceux qui sont morts pour que les Algériens, comme les autres peuples du monde, naissent libres, mais plutôt pour glorifier le règne de ceux-la même qui les ont trahi en transformant l’Algérie en une monarchie-dictature qui ne dit toujours pas son nom.

Je doute fort que la France ne présente ses excuses aux gens du système, car elle sait ce qu’ils valent.

Contrairement au Président Algérien, Monsieur Hollande lui, a été élu par le peuple de France, il respecte la constitution de son pays ainsi que son peuple, avec ses ministres et les députes de son Parti, il rend des comptes au peuple Français, pour aider l’économie de son pays, il repartira en France avec des milliards d’Euros de Contrats dont multiples entreprises Françaises bénéficieront. Entre temps, les chefs du système Algérien, dont la plupart ont dépassés les 80 ans, poseront pour des photos souvenirs avec Monsieur Hollande, des photos qu’on montrera aux Algériens qui souffrent du chômage, de la pauvreté, du manque d’eau dans les plus grandes villes d’Algérie, de la corruption d’une administration pire que celle de l’ancienne force coloniale, des Algériens qui ne peuvent ni quitter un pays devenu une sorte de prison a ciel ouvert ni y vivre dans la dignité, des Algériens qui voient leurs enfants se jeter à la mer cherchant un avenir meilleur en Europe avant de se faire repêcher dans les filets des pêcheurs Français, Italiens et Espagnoles.

Tout comme tous les autres états du monde, l’Algérie doit se mettre a aimer ses enfants autant qu’eux l’aiment. Elle doit donner la priorité à l’éducation nationale, à la formation professionnelle, à une vraie reforme de la Justice, des hôpitaux et de l’administration. l’Algérie se doit de créer un emploi de qualité chez elle pour ses millions de jeunes chômeurs-diplômés, un emploi autre que « Agent de sécurité » ou « chauffeur » pour les multinationales qui s’implantent sur son sol.

l’Algérie doit établir avec la France ainsi qu’avec d’autres pays d’Europe, d’Amérique et d’Asie, des programmes d’échanges universitaires qui permettraient à ses étudiants d’acquérir un savoir approfondi que ses universités a elle ne maîtrisent toujours pas.

Seulement voila, pour faire toute ces choses, il faut aimer et respecter son peuple. Il faut respecter les symboles de l’état telle la Constitution et le nombre de mandats qu’un Président peut avoir ainsi que la séparation des pouvoirs législatifs et exécutifs. Il faut respecter la souveraineté de la Justice et la protéger avec rigueur. Il faut promouvoir la liberté d’expression, de la presse, de la pensée, ainsi que de la religion. Il faut respecter la femme et lui donner toute sa place dans la société, et la faire participer d’une manière active à la vie politique, économique, sociale et culturelle. Il faut protéger l’enfant et faire de sa bonne sante, son éducation, sa scolarité, et son développement individuel la priorité des priorités. Il faut créer de vrais centres hospitaliers dotés d’équipements modernes pour que les Algériens puissent enfin se faire soigner en Algérie et non mourir en attendant l’octroi d’un visa d’une quelconque chancellerie. Il faut bâtir des universités, des écoles, et des centres de formations dans toutes les régions du pays, notamment celles du sud et du centre du pays, pour que les enfants d’Algérie, tous ses enfants, et non pas ceux des grandes villes seulement, puissent avoir accès au savoir, à l’instruction, et à la formation professionnelle.

Il faut bâtir des bibliothèques et faciliter l’accès aux livres et a l’information pour tous. Il faut accompagner la culture, l’art et l’expression artistique et lui donner un rôle central et une importance égale à celle de l’éducation nationale.

Il faut également gouverner le pays, les régions, les villes et villages d’une manière transparente. Les élus doivent vraiment êtres élus, et quand ils le sont, ils doivent êtres installes dans leurs fonctions et non jetés en prison du fait qu’ils aient une vision autre que celle du « Roi ». Sinon, à quoi bon se donner le mal d’organiser des élections qui coûtent cher en ressources humaines et financières, et des fois même en vies humaines? La confiance entre l’état et le peuple ne peut être rétablie que quand le citoyen se sait écouté et respecté. L’état ne peut continuer à gérer les revenus des hydrocarbures et autres richesses du pays comme bon lui semble et sans transparence aucune. Il doit, à travers son ministère des finances rendre des comptes aux élus légitimes du peuple (Qui aujourd’hui sont inexistants).

Enfin, une vraie réconciliation nationale passe par le besoin d’unir par des gestes, des programmes, et des politiques sérieuses et concrètes, tous les enfants d’une même patrie, arabes, kabyles, chaoui, chlouh ou tergui soient-ils.

Un état qui ne respecte pas son peuple n’est pas respecté par ses pairs, et la réside, du moins en partie, l’hésitation de la France a présenté de quelconques excuses.

Comment peut-on demander à l’ancienne puissance coloniale de présenter des excuses alors que nul travail de mémoire n’a été entreprit par le premier concerné; l’état Algérien, en cinquante années d’indépendance? Ou sont les musées relatant la résistance d’un peuple tout entier à différentes invasions à travers les ages? Ou sont les lieux de mémoires ou différentes générations d’Algériens peuvent aller se rencontrer tout au long des années pour apprendre, comprendre et surtout apprécier les sacrifices de nos aînés pour que nous naissions enfin libres? Ou sont les ouvrages d’histoire, les mémoires de nos révolutionnaires authentiques, ou sont nos documentaires et nos films sur l’histoire d’Algérie? Que savons nous de l’Emir Abdelkader, de Salah Bey, de Bouamama, d’El Mokrani, de Benbadis, de Ferhat Abbas, de Abane Ramdane, de Larbi Benmhidi, de Hassiba Benbouali, de Djamila Bouhired, de Mohamed Boudiaf, de Krim Belkacem, de Benboulaid et de millions d’autres inconnus qui sont les vrais héros de l’indépendance de notre patrie, si ce n’est les seuls noms? Quand va-t-on comprendre qu’a moins d’un sursaut pacifique de l’intelligence, de la solidarité, et de l’acceptation des uns les autres, l’Algérie se retrouvera une fois encore, à la case départ d’une nouvelle ère de domination.

La reconnaissance des faits de l’histoire ainsi que le respect du peuple Algérien ne viendra que quand la médiocrité cessera d’exister en Algérie, quand celle-ci laissera la place à une Algérie renouvelée; une Algérie de la jeunesse, des idées, de l’innovation, du travail, du progrès, de la justice, de l’inclusion, de la tolérance, et de l’amitié. C’est la le salut de la patrie et la que nous devons commencer notre travail!


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