DzActiviste.info Publié le lun 28 Oct 2013

Algérie: Grande zerda et bousculades…

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Le régime est devenu une auberge espagnole. Trop de requins y fraient, voraces et boulimiques, dont l'appétit est insatiable, gargantuesque. Plus ils s’empiffrent, et plus ils ont faim! Ils veulent tous plus d’argent, plus de privilèges ! Et tous veulent avoir la même part que le baron concurrent. Ils ne parviennent plus à se mettre d'accord sur la survie de leur propre organisation malfaisante, et certains parmi eux sont prêts à en découdre. Leurs méfaits sont proportionnels à leur voracité, jusqu'à en perdre toute prudence.  

La maladie du président n’arrange rien. Des clans qui montent en puissance  veulent une redistribution des cartes.  La tentation pour eux est tellement irrésistible que le Premier Ministre en est arrivé à leur lancer un appel public, où il leur affirmait qu’il n’était pas important de savoir où ils allaient, mais d’y aller ensemble. En formation serrée !

Au niveau de la population, c'est une frénésie de consommation et une boulimie d'argent facile. Le pays est devenu un immense bazar, où l’on trouve de tout, au point où les habitants des pays voisins viennent y faire leurs courses. Le sous sol du pays est vidé de ses richesses, pour anesthésier les foules, et leur offrir un paradis de toc chinois.

Les plus malins parmi nos concitoyens,  qui savent que toutes les ardoises seront bientôt effacées, tentent d'obtenir encore plus de crédits. Les plus rusés, ceux qui savent que la dalle va bientôt nous tomber sur la tête, amassent des fortunes à la va-vite, en même temps qu’ils déploient des génies d'imagination pour faire sortir leur argent du pays, et le placer là où ils se tireront, quand il n'y aura plus rien à tirer de ce malheureux pays.

 

Dans le meilleur des cas, même à supposer que les trop nombreux barons du régime parviennent à calmer leur voracité et leurs luttes intestines, même à supposer qu'aucune grande crise financière ne viendra perturber la grande zerda, le régime ne pourra pas maintenir le robinet ouvert à ce débit. C'est matériellement impossible. Au mieux, il va continuer jusqu'aux élections présidentielles, jusqu'à ce que le Président désigné soit élu. Ensuite, ce sera l’atterrissage, le crash.

Le grand problème est que lorsqu'on on habitue des tranches entières de la population à se goinfrer d'argent, sans bouger le petit doigt, quand on injecte des masses monétaires aussi massives, particulièrement dans les réseaux de la corruption, le sevrage brutal provoque toujours d'inquiétants remous !

 

Mais malgré ces évidences, les Algériens continuent de vaquer à leurs petites et grandes affaires, chacun tentant de prendre sa part de la grande zerda. C’est la bousculade. Même les supposées élites n’y coupent pas. A croire que tout le monde a mis un bandeau à sa conscience, et un écran de fumée devant ses propres yeux, pour ne pas voir ce qui crève l'écran de la vie.

 

Les seuls algériens pour qui la porte est fermée, ces millions de laissés pour compte, n’y peuvent rien pour le moment, puisque malgré leur grand nombre, ils sont éparpillés, sans voix, sans chefs, sans véritable conscience politique. Pour le moment, ils tentent eux-aussi de s’engouffrer dans la grande zerda, mais très peu parmi eux y réussissent. Ils n’ont souvent d’autre choix que de s’investir dans la délinquance et les mauvais coups, souvent pour s’arracher à ce pays où ils ne sont rien, pendant que des foules de parvenus jouissent du plaisir d’étaler leurs richesses douteuses devant ceux qui n’ont rien. Mais la colère et la haine enflent dans leurs coeurs blessés.

 

Aucun sursaut n’est possible, parce que les miracles ne courent pas les rues.  Et même si c’était le cas, il faudrait beaucoup de temps et de sacrifices aux Algériens, pour pouvoir remettre le pays aux normes les plus élémentaires. Ce que les Algériens ne pourront ni accepter ni faire. Parce un ressort brisé ne peut plus se détendre.

 

DB


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