DzActiviste.info Publié le ven 18 Jan 2013

Algérie: Grogne au sein de l’ANP contre Bouteflika.

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Des sources très crédibles font état d’un mécontentement grandissant au sein de l’opinion publique algérienne, et surtout de l’armée algérienne, contre le président Bouteflika.
De nombreux officiers ont affiché ouvertement leur hostilité à l’autorisation de survol du territoire algérien par l’aviation militaire française, dans ses opérations au Mali.
Contrairement à la tradition, dans ce genre de situation, où le régime tient compte du climat général qui règne au sein des armées, il semble que cette décision ait été prise en cercle très restreint, malgré l’opposition manifeste de la majorité des officiers supérieurs.

Alerté pour sa propre survie, lors de l’intervention étrangère en Libye, le régime avait lui-même exaspéré l’inquiétude que cette ingérence occidentale avait suscité. A grand renfort de propagande, et tout en soutenant ouvertement le régime libyen, le pouvoir algérien avait presque réussi à faire de Kadhafi un véritable héros, au moment où le peuple libyen était subliminalement stigmatisé, pour avoir accepté que des troupes occidentales viennent fouler son sol.

Le pouvoir algérien, qui craignait une explosion populaire imminente, avait réussi à créer un sorte d’association d’idée entre les révolutions populaire du printemps des peuples, et un grand complot franc-maçonnique qui chercherait à recomposer tout le monde dit arabe.
Il avait distillé un discours particulièrement chauvin et vindicatif, jusqu’à désigner comme traitre quiconque admettait comme nécessaire le recours à des troupes étrangères, serait-ce pour chasser ses despotes.

Le régime algérien ne pouvait pas savoir, à ce moment où il déployait une telle clameur, qu’il pourrait, à son tour, être amené à autoriser des troupes françaises à survoler son propre territoire. Il est donc tombé dans le piège de sa propre propagande, et il lui est très difficile aujourd’hui, de justifier comme normal et incontournable ce qu’il dénonçait hier comme une trahison et une violation intolérable.

Les discours du régime, véritable fond de commerce sur lequel il prospère depuis l’indépendance du pays est un dosage assez improbable qui stigmatise la France coloniale au même moment où toutes les familles des barons du régime disposent de résidences somptueuses dans l’ancienne colonie, où leurs enfants font, ou ont fait leurs études, et où ils disposent de fortunes faramineuses.
Les barons du régime ont toujours su jouer d’un discours tout à fait ambivalent.
Publiquement, dans leurs discours de tous les jours, la France restait le sempiternel ennemi, dont on attendait la repentance, pour les crimes qu’elle avait commis contre le peuple algérien. Et dans le privé, ils poussaient l’outrance jusqu’à ne parler que français entre eux, et avec leurs enfants. Et leurs familles, dont la plupart ne viennent en Algérie qu’en villégiature, de temps en temps, se sentent plus françaises ou américaines qu’indigènes. Puisqu’elles ne ne se sentent rien de commun avec les Algé-Rien d’en bas.

Cette autorisation de survol, concédée à la France, a fait sauter le principal tabou qui permettait à ce régime de vivre sur l’inépuisable fond de commerce mémoriel.
Après la visite de François Hollande, où l’hospitalité s’est vautrée dans l’indignité, surtout lors du baise-main fait au Président Hollande par un badaud, de celui du Président Bouteflika à Valérie Trierweiler, où de la réception organisée par le  Wali de Tlemcen à François Hollande, où une chorale se livre à une pathétique prestation, digne des périodes les plus caricaturales de l’indigénat, les Algériens ont vu rouge.
Pendant plusieurs jours, les réseaux sociaux fréquentés par des internautes algériens n’ont retenti que de ces péripéties.

La prise d’otages de Ain Amenas, l’incompétence manifeste de services que d’aucuns faisaient passer pour les meilleurs du monde en matière de lutte contre le terrorisme, et le choc mondial, causé par la brutalité de l’intervention, ont été autant de catalyseurs d’un malaise grandissant. Jamais le régime n’a été aussi nu !

Les Algériens se posent des questions très sérieuses, et craignent qu’une telle improvisation, à tous les niveaux, politique autant que sécuritaire, ne dégénèrent gravement.
Au sein de l’Armée, le malaise n’en est que plus grand. Et les rumeurs de grandes manœuvres politiciennes, pour préparer un quatrième mandat, ne sont pas pour rassurer.

D.B


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