DzActiviste.info Publié le mar 25 Fév 2014

ALGERIE Le pouvoir actuel est un système récusable !?

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Par : Mohamed Ibn Khaldoun

1653706_572203799542905_1715935377_nIl est évident que pour situer les grandes lignes de l’évolution de la société Algérienne et son cheminement ardu à travers les obstacles et les stimulants-historiques- de son propre itinéraire national , il convient de lier l’analyse de cette démarche à un « environnement »obligé qui impliquait, tout ensemble les catégories internes et les catégories externes de l’époque concernée et du présent : séquelles du passé colonial, création sui generis algérienne se formant presque sur tous les plans mais d’une façon inaboutie, grâce aux efforts de survie et à l’esprit novateur et de lutte de nos compatriotes eux-mêmes bien avant le 1er Novembre 1954 ; Maghreb « interdit » et néanmoins solidaire ; Monde arabe fraternel et stérile entrevu sous des couleurs idylliques ; valeurs anciennes et modernes ; religion vécue ou emblématique ; jeunesse d’hier et d’aujourd’hui ; contraintes objectives du progrès et de la stagnation ; nationalisme, culture, etc.…. Ce pourrait être là l’énoncé en vrac d’un inventaire hétéroclite qui serait susceptible, à première vue, de décourager le lecteur, mais il n’en est rien. Pas plus qu’il ne s’agit là d’un bilan avantageux ou de simple prestige destiné à marquer, conventionnellement, le demi siècle de l’indépendance algérienne. Notre confrère journaliste M. Mustapha Lachraf, qui a été arrêté à bord de l’avion en compagnie des membres du FLN, Benbella, Khider, Aït Ahmed et Boudiaf, L’avion qui a fait l’objet d’une piraterie en ciel par l’aviation Française le 26 octobre 1956. Avant de partir il a déballé les dessous et les dessus du pouvoir en place depuis 1962. Lachraf a été évincé par Ahmed Taleb, à ne pas oublier. Cependant, dans le fatras de rigueur évoqué plus haut, il y a ce qui, derrière l’environnement en question, nous accule en tant qu’Algériens et nous seuls, à nous interroger, à regarder en face quelques constantes négatives de notre société, prolongement de celles d’avant-guerre et de plus loin encore, et surtout à nous définir par rapport à la réalité omniprésente de la révolution sans laquelle ce demi siècle n’aurait aucun sens, aucun poids sur notre devenir. Constantes qui ne relèvent pas d’un quelconque déterminisme et appellent chaque fois un antidote, un remède rationnel ou fortuit représentant, dans l’état socioculturel de l’Algérie, soit un compromis avec la tradition tyrannique, soit l’effet d’une évolution due au propre mouvement d’un peuple contraint de résister et de sauver jusqu’aux débris de sa société détruite par l’ennemi colonial, sans jamais avoir recours à la gesticulation ni même à l’idéologie bavarde à l’instar des matamores auxquels il faisait front.
En 1962, précisément, un groupe du FLN, devant le grave chambardement qui s’était produit dans le courant de l’été de cette année-là. Avaient alerté les compétiteurs lancés à la conquête du pouvoir, en les mettant en garde contre la porte des repères indispensables à la progression cohérente (sinon harmonieuse) d’un pays ravagé par la guerre coloniale et qui risquait alors, dès sa libération acquise de haute lutte, de sombrer dans un conflit interne fratricide à cause des ambitions des uns et des intrigues sournoises de l’ennemi d’hier toujours intéressé à compromettre la jeune indépendance algérienne en y semant les germes de la discorde à travers les agents d’influence et les traîtres cachés qui avaient noyautés le GPRA (Gouvernement Provisoire de la République Algérienne) le FLN et l’ALN à travers certains pseudos moudjahidine venus de l’armée française et que le jeune colonel de l’ALN Chaabani avait dénoncé, et il avait toutes les raisons de le faire, malheureusement il sera plu tard victime d’un complot, arrêté jugé condamné à mort et exécuté à Oran en 1964 sous la Présidence de Ahmed Benbella qui a refusé de lui accorder la grâce, malgré l’insistance des anciens maquisards et militants. Le colonel Chaâbani 27 ans, avait demandé à Benbella lors d’une réunion à la salle ‘’Majestic’’ d’Alger, durant l’été 1962, d’honorer les officiers venus de l’armée française et de les libérer à la vie civile. Ce qui a valu à ce jeune colonel nationaliste de l’ALN sa vie ! Alors que Benbella lui-même ancien sous officier de l’armée française, a participé au hold-up de la poste d’Oran, arrêté le 26 octobre 1956 et libéré en 1962, devient le premier Président de la République indépendante, tout en ignorant ses amis de cellules Ait Ahmed, Khider, Boudiaf et Mustapha Lachraf, pour ne pas ajouter Bitat. Apparemment il ne connaissait presque personne des éléments de l’ALN, Benbella isolé des événements depuis octobre 1956.
Ces relais, il faudra qu’on y revienne un jour et qu’on les définisse puisque, au moment opportun où ils furent évoqués par les quelques patriotes algériens en question (sanctionnés pour avoir alerté les responsables d’éventuelles ruptures en chaîne) les atouts et facteurs d’une cohérence de progrès collectif subsistaient encore. Cela était dû, entre autres, à une double dimension déterminante : 1e ) Les acquis récents d’une révolution faite, jusque là, de discipline communautaire et d’unité d’action et que seuls les masses populaires et les cadres proches d’elles représentaient véritablement, tant par le travail, le civisme, le souci de guérir les plaies béantes de la guerre et, aussi, par une pensée politique nouvelle issue de l’expérience, en dehors de toute vaine épopée ; 2e ) La société algérienne qui, dans ses profondeurs, ne devait presque rien à l’occupant étranger en dehors d’une universalité commune au siècle présent et qui, sans gesticulation ni acquis superflus parmi ceux qu’elle créait elle-même à bon escient, avait permis précisément au milieu national algérien de durer dans sa vocation culturelle propre, de ne pas se couper, quand il le pouvait, d’une vie moderne garantie de sa survie et des batailles à livrer .
Et c’est précisément , après le tournant historique de salut national que ce qui était gommé par la marche vers l’indépendance, et disons tout net, vers la survie, commença à réapparaître une fois l’élan révolutionnaire parvenu à terme… ou dévié de sa destination ancienne dans ce qu’elle avait de global et de permanent, c’est-à-dire le changement profond des structures et des mentalités. Apparurent, alors, les défauts de la cuirasse ainsi que les éléments concrets à partir desquels ce changement tant espéré pouvait être réalisé. Mais que ceux qui avaient pris les armes ou assumé des responsabilités politiques et morales durant la lutte, dans les prisons et les camps d’internement ne soupçonnaient presque pas, cet ensemble assez touffu et parfois occulte de manœuvres de complots, de séductions étant le fait d’attentistes patentés aux aguets, depuis longtemps, sous l’aile tutélaire de l’ennemi colonial ou par simple réflexe d’exploiteur et de nationaliste de dernière heure, d’un événement de cette envergure dont-ils ne pouvaient pas ne pas escompter pour eux-mêmes et leurs clans respectifs en voie de formation, des gains et profits de toutes sortes sous forme d’alliance tactiques (même conjugales !), de service à rendre, de recettes de promotion matérielle, de promesses de fortunes faciles aux dépens des biens du peuple et de l’Etat, etc.… La plupart de ces attentistes du temps de guerre et spéculateurs éprouvés de la paix revenue, dont c’était le métier d’exploiter le malheur d’autrui et d’en faire un tremplin pour l’arrivisme le plus insolent, étaient entrés dans la carrière au moment où la France coloniale déversait quotidiennement sur l’Algérie en guerre ses trois milliards de francs dans le vain espoir de hâter la victoire par un surcroît de moyens de destruction et de corruption.

Les miettes, parfois substantielles, de ces 3 milliards par jour, n’étaient pas perdues pour tout le monde et certainement pas pour de nouvelles bourgeoisies d’argent qui n’allaient pas tarder, sitôt leurs alliés et associés occasionnels français partis, à mettre la main sur l’économie nationale et notamment les affaires et le commerce. Entendons-nous bien au sujet de cette analyse qui n’est pas nécessairement un réquisitoire mais plutôt un rappel d’ordre sociologique relatif à des faits inhabituels passés sous silence et dont on ne soupçonnait pas l’impact à long terme depuis 49 ans. En effet, c’était la première fois que des fortunes colossales, sous-tendues par des ambitions d’arrivismes et de savoir faire intéressé opérant aux abords d’un pouvoir encore inexpérimenté, allaient se réaliser tout d’un coup en Algérie (du côté des nationaux, bien sûr !) L’esprit du clan s’est installé en Algérie à la veille de l’indépendance et il sévit jusqu’à aujourd’hui, et s’alimente à la même source des solidarités paresseuses et arbitraires qui se convertissent tactiquement en un système exploiteur, de pression, de noyautage, d’intimidation, etc.… qui peut tendre très souvent vers des finalités injustes, agressives et déstabilisatrices, à proprement parler antinationales, cette fois. Mais tout cela qui est encore plus grave que les maux sociaux mis à l’index par nos chartes successives puisqu’il les engendre au centuple, parait bien être un facteur de régression historique et un élément capable, non seulement de déclasser nos propres valeurs mais de les appauvrir, de les rendre indigentes et médiocres. En effet, la complaisance qu’elle implique nie l’effort et le mérite, la qualité et la formation requise d’un choix utile au pays moralement parlant, de s’en acquitter.


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