DzActiviste.info Publié le ven 21 Sep 2012

Algérie: Le régime choisit son camp, et durcit son attitude avec les révolutionnaires syriens.

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Communiqué

Alger applique  la  “fermeté” à l’égard des Syriens.
Les enfants et les mamans sont les premières victimes.
Une bénédiction en ces moments pénibles pour le peuple martyr de la Syrie, que l’Algérie ne partage pas des frontières terrestres avec leur pays. En réaction à la présence de quelques familles syriennes sollicitant la charité au square de Port-Said, célèbre esplanade au cœur d’Alger et dortoir à ciel ouvert depuis l’indépendance pour les SDF algériens, les autorités du pays ont procédé comme il fallait s’y attendre, au durcissement de l’entrée sur le territoire national aux citoyens syriens désirant fuir les affres de la guerre.

L’aéroport Houari Boumediene, qui est  l’unique interf        ace entre la Syrie et le Maghreb, offerte aux syriens désireux de voyager sans besoin de visa,  a commencé à durcir le passage aux  arabes de la Syrie. Ils se rappelleront certainement de ce geste humiliant et inhospitalier, les petits-fils des hôtes de l’Emir Abdelkader,  alors qu’ils traversent les plus pénibles moments de leur histoire.
En effet depuis juillet 2012, il est exigé un pécule de quatre milles (4000$) dollars par personne, aux syriens voulant se  rendre en Algérie à titre de touriste. De facto,  Alger la capitale, devient la destination la plus chère au monde, c’est grotesque, mais malheureusement c’est fermement applicable aux syriens provenant du Moyen-Orient. En introduisant cette condition, l’Etat est-il conscient qu’il a de facto  institué une véritable discrimination envers les citoyens syriens au niveau des conditions d’entrée sur le territoire national ?
Sachant bien que les syriens ont prouvé,  par leur refus de vouloir  rejoindre les centres d’accueils et leur désintéressement à demander asile au niveau du HCR à Alger,   qu’ils ne  veulent pas, du moins pour le moment, être un fardeau pour l’Etat, et qu’ils sont en mesure de se prendre financièrement et matériellement en charge, quelles motivations poussent alors,  le Gouvernement Algérien à durcir  le passage pour les syriens ?
Les pays limitrophes à la Syrie, à l’instar de la Turquie, du Liban et de la Jordanie, ont  accueilli et gèrent en même temps plus de 350 000 réfugiés et à aucun moment leurs gouvernements n’ont pris des décisions sottes dans le but de  freiner l’exil fort justifié des syriens. 
De ce fait, le Snapap :
–          Considère que le refoulement des syriens au niveau de l’aéroport Houari Boumediene,  pour l’unique motif que le pécule présenté était en dessous du seuil exigé, est un acte grave. Il ne s’agit pas seulement d’une violation d’un droit de la convention de Genève de 1951, mais celui de son fondement même, celui de refouler une personne vers un pays totalitaire et de surcroit en état de guerre, sans savoir, sans demander et sans s’inquiéter si la personne nécessite ou pas une protection internationale.  
             –          Considère que les mesures prises par les autorités algériennes, à savoir la réduction du nombre des mouvements de vol (Alger-Damas) et ceux ayant trait au durcissement des conditions d’entrée exigées aux syriens sont draconiennes et totalement injustifiées.
–          Considère que le montant de la somme exigé à partir de juillet 2012 de 4000$ par personne, a pour unique dessein de freiner l’arrivée des syriens fuyant la guerre, et spécialement envers les parents accompagnés, pour éviter le problème de la scolarisation de leurs enfants.
–          Considère que le Gouvernement  Algérien veut se dérober  de ses obligations internationales en matière de protection et d’aide humanitaire, à l’égard  des personnes fuyant une zone de conflit située à 6000 km de ses frontières, notamment envers les femmes et les enfants.
Et de ce fait, le Snapap demande aux autorités :
–          De faciliter les conditions d’entrée et d’accueil aux syriens dans les mêmes conditions de ceux d’avant le «printemps arabe», c’est-à-dire sans conditions.
–          De ne plus procéder aux expulsions  de syriens se trouvant sur le territoire national, même ceux se trouvant au niveau de la frontière aéroportuaire, jusqu’au retour de la paix en Syrie.
–          D’installer un bureau de l’UNHCR, au niveau de la zone d’entrée de l’aéroport, pour permettre à toute personne nécessitant protection, d’introduire une demande d’asile auprès du personnel de l’organisation, à l’amont du contrôle de la police des frontières.
–          De régulariser la situation administrative vis-à-vis du séjour pour les syriens, en délivrant des documents officiels (voire mention sur le passeport), au lieu et à la place de l’accord tacite octroyé. Les syriens sont régulièrement agacés par le contrôle et les intérrogatoires épuisants des services de sécurités.
–          De faciliter l’accès au travail aux ressortissants syriens, pour qu’ils ne deviennent pas une charge pour la collectivité, jusqu’au retour de la paix en Syrie.
–          De scolariser les enfants des familles syriennes.
–          De faciliter les procédures aux syriens désirant investir, ou faire des affaires en Algérie, dans les mêmes conditions d’avant   le «printemps arabe».
–          D’annuler la nouvelle instruction, interdisant aux syriens d’avoir la possibilité d’acquérir des registres de commerce.
Pour/ Le Président du SNAPAP
Le chargé  du Dossier Migration.
Fouad HASSAM


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