DzActiviste.info Publié le jeu 6 Sep 2012

Algérie: Les Bodyguard de la famiglia, des morts, et des …

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Sous le titre « La visite du tombeau ne lui garantit pas une reconduction au Gouvernement », El Khabar, dans son édition du 06 septembre 212,  nous régale d’une bien croustillante anecdote.
Un ministre, dont nous ne citerons pas le nom, non par charité, mais pour ne pas lui faire de la pub gratuite, auprès de qui vous savez, s’était abonné au cimetière où repose le père du Chef de l’Etat. Depuis que les rumeurs de remaniement courraient dans le sérail, Il y allait chaque jour, disait la Fatiha devant la tombe du défunt, et avant de repartir, remettait la somme de 1000 dinars au policier de faction, en insistant bien auprès de ce dernier, pour qu’il dise bien à la famille du même défunt, qu’il venait chaque jour réciter la Fatiha, et se recueillir devant l’illustre personnage.

Cette histoire montre bien l’ampleur des dégâts, par qui nous sommes dirigés, et jusqu’à quelles abysses nous sommes descendus. Voilà à quoi ressemblent les pitoyables individus qui nous dirigent. Voilà jusqu’où ils peuvent aller pour garder leurs fructueuses fonctions.

Personnellement, je n’ai pas été choqué plus que ça, par cette péripétie. Rien que de bien normal. C’est dans l’air du temps. Il y a pire. Des histoires que je n’oserai même pas raconter.

Par contre, ce qui m’a vraiment étonné, a été d’apprendre que le tombeau du père Bouteflika est gardé par la Police. Je veux bien que tous ses parents disposent de nombreuses gardes rapprochées, que leurs résidences soient toutes sous haute protection, mais de là à faire garder leurs morts !

Je ne serais pas étonné que cette curieuse sollicitude ait été dictée par le même excès de zèle qui a incité notre ministre pleureur à aller réciter la Fatiha. Ce doit être une mesure décidée par un quelconque responsable, qui veut se faire bien voir. Et comme les créneaux de la brosse à reluire ont tous été occupés, il ne restait que les morts pour se faire une place dans les bonnes grâces de la Famille. Et ne vous inquiétez pas ! Lorsque tous les morts de cette même famille jouiront d’une garde rapprochée, qu’il n’y aura plus de morts pour exprimer sa totale dévotion à la famiglia,  les derniers arrivés de la chita trouveront toujours un moyen.

En attendant, nous savons à quoi nos flics sont employés. Et il faut savoir que ce n’est pas un policier qui est désigné à cette haute fonction. Ça ne servirait à rien, puisqu’il faut un service de quart, avec relève toutes les huit heures. Il faut qu’il y en ait quatre, au moins. Pour assurer la relève les uns des autres, et permettre à chacun de prendre un repos hebdomadaire. Donc, les Algériens payent quatre policiers, aux salaires mirobolants qui sont devenus les leurs, pour garder un monsieur décédé depuis belle lurette.

Il faut imaginer le nombre des autres qui sont affectés à des missions du genre, comme assurer la protection des enfants de Si flène, quand il prend sa Porshe dernier cri.
J’ai vu un jour, de mes yeux, un fils de Général-Major, rouler à tombeau ouvert à Hydra, avec deux voitures pleines de gardes du corps qui lui collaient au train.
Et ainsi, pendant que les policiers algériens gardent les vivants et les morts du régime, des populations entières sont livrées à elles-mêmes, parce qu’elles comptent moins que certains morts.
Et roule ramoul !

DB


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