DzActiviste.info Publié le jeu 27 Juin 2013

Algérie: les droits de l’Homme ont régressé depuis 2011, selon un rapport du CFDA

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Les droits de l’homme ont régressé depuis 2011 en Algérie, malgré la levée « formelle » de l’état d’urgence instauré en 1992, a affirmé jeudi un Collectif des familles de disparus (CFDA) en présentant un rapport au siège de la section française d’Amnesty International à Paris.

 « L’état d’urgence a été levé formellement. Mais il est toujours interdit de manifester. A Alger les barrages n’ont pas été levés. Il est beaucoup plus difficile de constituer une association, et beaucoup plus facile de la  dissoudre », a énuméré Mouloud Boumghar, professeur de droit international, en présentant ce rapport intitulé « Le régime algérien à l’épreuve des droits de l’homme: l’illusion du changement ».
La levée de l’état d’urgence en 2011, conséquence en Algérie des Printemps arabes, « s’est faite au prix de l’intégration dans le droit commun de   dispositions relevant du régime d’exception et par le renforcement des pouvoirs   de l’armée dans la lutte anti-terroriste », écrit dans un communiqué la   porte-parole du collectif, Nassera Dutour.
Une « réforme » de janvier 2012, « présentée comme une avancée démocratique   n’a conduit en réalité qu’à l’adoption de nouvelles lois régressives relatives   aux partis politiques, à l’information, aux associations ».  Dans le détail, le rapport cite le cas d’un chômeur militant des droits de   l’homme, Abdelkader Kherba, « poursuivi entre autres pour usurpation de fonction   parce qu’il a soutenu les greffiers en grève au printemps 2012 ».
Dans ses dix chapitres, le rapport déplore aussi une « justice algérienne souvent expéditive », avec des « procès bâclés par des magistrats qui omettent de   vérifier les procédures, l’audition des témoins et les rapports d’expertise ».  Spécialisé dans les « disparitions forcées » de la décennie sombre des années   90, le CFDA dénonce « l’utilisation de la justice comme moyen de répression des libertés », avec « détention arbitraire et torture ».
Le rapport cite par exemple le cas d’un syndicaliste et défenseur des   droits de l’homme, Yacine Zaïd, « condamné le 8 octobre à six mois de prison   avec sursis et 10.000 dinars d’amende pour outrage à agent » après avoir été interpellé dans un bus entre Ouargla et Hassi Messaoud, et « passé à tabac » dans un commissariat.
En conclusion, le CFDA demande au « régime algérien » « d’instaurer un état de droit respectueux des droits et libertés », « de mettre fin au harcèlement des   défenseurs des droits », et « de mettre sa législation en conformité avec les engagements pris au niveau international ». 
El Watan avec AFP


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