DzActiviste.info Publié le ven 11 Jan 2013

Algérie: l’opposition au régime est-elle capable de quoi que ce soit de sérieux ?

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 « Quand trop de sécheresse brûle les coeurs, Quand la faim tord trop d’entrailles, Quand on rentre trop de larmes, Quand on bâillonne trop de rêves, C’est comme quand on ajoute bois sur bois sur le bûcher. 
A la fin, il suffit du bout de bois d’un esclave,pour faire, dans le ciel de Dieu et dans le cœur des hommes
le plus énorme incendie. »

Cette énième violation des droits de l’Homme par le DRS, en l’arrestation arbitraire du militant Isaknder Debbache, nous montre combien la pseudo opposition au régime algérien est méprisée par ce dernier.Combien il n’en tient aucun compte.

Dans n’importe quel autre pays, qui se trouverait dans un même contexte, où la nuisance prédatrice de la Mafiocratie régnante est à son comble, et dont presque tous les peuples voisins ont secoué leurs chaînes, le régime pencherait naturellement à une grande prudence, à ne pas provoquer des évènements qui pourraient déboucher sur une explosion généralisée, à éviter de chauffer l’ambiance.

Rien de tel chez nous ! Hormis les mesures prises pour corrompre le plus de gens possible, afin d’élargir le cercle de ses alliées naturels, le régime se montre plus arrogant que jamais, n’hésitant jamais à étaler au grand jour les violations outrancières qu’il pratique de façon presque routinière. Il ne répugne jamais à violer les lois qu’il a fait lui-même voter, par ses députés-maisons, à contredire par les actes ses propres professions de foi, qu’il déclame dans sa propagande de tous les jours.Comme lorsque le Ministre des Affaires Etrangères est allé rendre compte devant le Parlement français.

La désinvolture et la morgue de ce régime, et de sa police dite politique, et qui n’a de politique que la réputation usurpée qu’on lui fait, ne s’explique que par un seul argument. Le régime se comporte ainsi en pays conquis, parce qu’il est réellement en pays conquis.

L’opposition officielle, celle qui se bouscule à la mangeoire qui lui est dressée, n’est qu’une façade entre toutes les autres, mise en place pour donner le change, voire même, parfois, pour casser tout mouvement populaire de protestation. En échange de privilèges dont elle ne se cache même pas puisque tous les leaders de ces partis domestiques sont très riches, logés dans les résidences d’État, et conviés régulièrement à toutes les boustifailles destinées à la domesticité.

L’autre opposition, celle qui se targue d’être une vraie alternative à ce régime, et qui appelle régulièrement à un changement de régime, en plus du fait qu’elle est abondamment infiltrée, truffée d’agents du DRS, ne fait rien d’autre que de ronronner des slogans, à longueur de colonnes, à coups de communiqués pétaradants, ou de prises de position juste verbales, toujours sans lendemain.

Cette opposition là est de la vraie poudre aux yeux. Elle est le plus sûr allié de ce régime, puisqu’elle donne le change, et laisse croire qu’il y a un frémissement contestataire, juste comme ça, sans rien faire, sans jamais rien entreprendre de sérieux, de vrai, qui puisse donner le signal d’une vraie révolution. Cette opposition là, qui s’enfle comme un dindon, qui éructe et dénonce, en montant sur ses petits ergots, n’est même pas capable d’organiser une simple petite manifestation. A l’intérieur du pays ou à l’extérieur. Ou bien alors, lorsqu’elle franchit le Rubicon, et qu’elle appelle à des manifestations, comme cela s’est produit à plusieurs reprises, face à l’Ambassade algérienne à Paris, c’est à peine si elle parvient à rassembler quelques dizaines de manifestants. On a même vu des manifestations à trois personnes et une banderole. On aurait voulu démontrer aux opinions publiques internationales que les Algériens sont du côté du régime, plutôt que de celui de l’opposition, qu’on n’aurait pas mieux fait. Manifester à trois personnes est la meilleure publicité qu’on puisse faire à ce régime.

L’heure est donc venue de se poser des questions. De vrais questions.

Sommes-nous capables de nous organiser sérieusement, pour rallier à notre action le plus grand nombre possible de nos compatriotes, pour entreprendre un véritable combat ?
Sommes-nous l’expression des aspirations et des colères de notre peuple, ou juste des gens qui s’agitent tout seuls, sans que personne ne leur ait rien demandé ?
Avons-nous un vrai poids dans l’opinion de nos compatriotes, dont nous nous revendiquons, ou ne sommes-nous que des révolutionnaires-faussaires, qui ne sont pas différents des autres, dans le fond des choses ?
A quoi servent tous les slogans, et toutes les rodomontades que nous semons à tout vent, puisque nous n’impressionnons même pas les petits DRSistes qui nous fliquent , qui nous giflent, et qui nous bottent l’arrière-train, sans que cela fasse un pli ?

Il n’est plus question, dans l’état actuel des choses, où nous assistons impuissants à la perversion systémique de l’idée même de nation algérienne, de parler de changement, d’alternative ou de je ne sais quelle fable.
L’heure est grave et la Patrie est en danger de mort.
L’heure est venue de faire l’inventaire de nos forces et de nos moyens. Nos vraies forces et nos vrais moyens. Pour entrer dans une véritable action de résistance, où le seul, le vrai, l’incontournable objectif est la destruction radicale de ce régime. Non pas un quelconque replâtrage, mais une éradication totale du mal, la reconstruction de véritables institutions démocratiques, et la reprise de la révolution là où elle a été interrompue. Pour que la procalamation de novembre et celle de la Soummam puissent se concrétiser enfin ! Pour que le peuple algérien puisse enfin réaliser ses rêves et ses espoirs, d’une véritable République sociale, fondée sur une démocratie pleine et entière, avec des institutions réellement représentatives de la volonté, et de la légitimité populaires, et non pas de façades en trompe-l’oeil.

Cette arrestation de notre camarade Iskander Debbache, pur parmi les purs, qui a donné à son peuple tout ce qu’il a pu, sans s’économiser, sans compter, et qui a fini par en payer le prix, dans l’indifférence presque générale, est l’occasion pour nous tous qui rêvons d’une nation libérée des vampires qui se sustentent de son sang, et de l’avenir de ses générations futures, de nous engager frontalement, totalement, et de façon décisive, dans la lutte contre la Mafiocratie algérienne.

Je propose que nous nous unissions, toutes mouvances et tous ancrages sociétaux ou idéologiques confondus, contre l’ennemi commun, celui de notre peuple.
Nous devons, à l’intérieur comme à l’extérieur du pays, dans toutes nos villes et dans toutes les capitales occidentales, appeler à de grandes manifestations, pour exiger la libération immédiate de notre compatriote.
Ce sera un test décisif pour nous.
Si nous parvenons à rallier à nous un grand nombre de nos compatriotes, jusqu’à faire tomber les murs de la peur et de l’indifférence à notre propre sort, alors s’ouvrira à nous une vraie perspective de lutte, et donc d’espoir, pour chasser l’occupant, le despote, l’immonde pillard.
Si par contre nous ne sommes pas capables d’entrer dans une véritable phase d’action, et que nous contentions de continuer à miauler, alors autant se coucher définitivement, et laisser le mal faire son œuvre, jusqu’à la disparition de notre nation.

La situation est suffisamment grave pour avoir besoin d’être explicitée plus que cela. La balle est dans notre camp, comme on dit. Le moment est venu de nous dresser devant les assassins de notre malheureuse nation. Si nous continuons à tergiverser, et que nous ne faisons rien d’autre que de verser dans la parlotte stérile, il serait plus utile pour tout le monde que nous nous taisions à jamais, parce que ces gesticulations ne chasseront jamais ce régime. Bien au contraire, elles lui permettent de montrer à la face du monde que c’est un Etat de Droit, où la liberté d’expression s’exerce librement.

D.Benchenouf


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