DzActiviste.info Publié le jeu 8 Mar 2012

Algérie – Pour Habib Yousfi, le népotisme est toujours de rigueur dans l’octroi des marchés publics

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Pour Habib Yousfi, les cahiers des charges sont rédigés de façon à éliminer les concurrents des « amis ».

Le récent amendement du Code des marchés public n’a pas pris en charge la nécessaire lutte contre la corruption, a déclaré aujourd’hui à la Radio algérienne Habib Yousfi, président la Confédération générale des entrepreneurs algériens (CGEA). Pour lui, l’élaboration des cahiers des charges continue de se faire de façon à favoriser les « relations » et éliminer leurs potentiels concurrents.

Le décret présidentiel du 18 janvier 2012 portant amendement du Code des marchés publics « n’a pas touché au problème de la corruption », a déclaré ce matin, sur les ondes de Radio chaîne III, Habib Yousfi, président de la Confédération générale des entrepreneurs algériens (CGEA). Les cahiers des charges dans les appels d’offres concernant les marchés publics sont toujours « rédigés en fonction du système relationnel », a-t-il précisé.
Quand, dans le cahier des charges, on exige une qualification de catégorie 6 pour des projets de catégorie 4, c’est qu’on a prévu de donner le marché à une société précise, a dénoncé le patron de la CGEA. « La commande publique doit être accessible d’une façon démocratique à l’ensemble des opérateurs économiques », a-t-il ajouté.
Habib Yousfi a également abordé ce qu’il a qualifié de « rupture de confiance » entre ces opérateurs et l’Exécutif. Pour lui, cette rupture s’est produite parce que « les décisions prises par le passé n’ont pas été conformes aux vœux de la PME-PMI ». Il a cité, à titre d’exemple, le cas des augmentations de salaires financées par le Trésor public et qui ont eu sur l’économie des effets inflationnistes.
« La Banque centrale communique mal »
Le président de la CGEA a mis l’accent sur la nécessaire insertion de mesures de régulation dans les lois de finances complémentaires (LFC). « La régulation est une mission régalienne des pouvoirs publics et la LFC vient pour réajuster le budget de l’Etat », a-t-il rappelé. Et d’ajouter : « Quand on doit faire une prévision pour une loi de finances, on doit la faire correctement. » Le recours abusif aux LFC, a-t-il souligné, « porte un coup à la crédibilité de la gestion économique ».
Habib Yousfi a critiqué, par ailleurs, l’attitude des responsables de la Banque d’Algérie dans la récente polémique au sujet de la dépréciation du dinar. « (Leurs) réponses sont insuffisantes », a-t-il dit les invitant à expliquer « clairement » sur la base de quel critère on a fixé la valeur de la monnaie nationale.
Evoquant les législatives de mai 2012, le président de la CGEA a estimé que les partis politiques algériens n’avaient pas de programmes économiques « détaillés ». Leurs candidats n’ont pas, selon lui, de « propositions concrètes » pour prendre en charge les problèmes liés à la croissance, au financement de l’économie et à la création de richesses et d’emplois.
Écrit par Lounes Ait Mohamed MAGHREB EMERGENT


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