DzActiviste.info Publié le mar 8 Jan 2013

Algérie: Pourquoi, il faut dire NON au gaz de schiste,

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Le sujet soulève polémique. Alors qu’un nouveau projet de loi sur les hydrocarbures soit être débattu aujourd’hui même à l’assemblée populaire Algérienne, la société civile continue de s’opposer à l’exploitation du gaz de schiste en Algérie.

Mehdi Bsikri, journaliste au quotidien algérien El Watan, blogueur et membre du collectif national pour les libertés citoyennes ( CNLC), suit de près l’actualité politique du pays, et plus particulièrement, ces dernières semaines, l’exploitation du gaz de schiste en Algérie. Il livre dans ce billet, ces impressions, son point de vue et ses craintes pour son pays. Comme tant d’autres, il n’hésite pas à dire :


Non au gaz de schiste

« On ne va pas le pomper aujourd’hui mais à échéance très lointaine allant à l’horizon 2040… Le développement se fait aussi avec le pétrole et nous devons utiliser toutes nos capacités pour développer encore un peu plus notre économie…Le secteur des hydrocarbures constitue un levier indispensable pour la croissance économique de l’Algérie ». Ce sont là des déclarations du Premier ministre Abdelmalek Sellal lors de la réunion de la Tripartite (gouvernement, patronat et Union générale des travailleurs Algériens) qui s’est tenue le 22 novembre 2012 à Alger.

Si ces phrases ont, semble-t-il, été lancées pour apporter un brin d’éclaircissement, et pour calmer des opposants à l’exploitation de gaz de schiste en Algérie, ces propos ne sont pas enchanteurs à plus d’un titre. Le Premier ministre ne fait que véhiculer la pensée du régime. Le système compte donc, et ce n’est pas une surprise, continuer à se pérenniser grâce à la rente. Les Algériens, après 50 ans de gestion catastrophique de leur pays, se verront encore pris en otage durant un deuxième cinquantenaire.

Les Algériens pris en otages

Le projet de loi sur les hydrocarbures, qui sera débattu à l’Assemblée populaire nationale (APN) ce mardi 8 janvier, introduit un article pour l’exploitation des énergies non conventionnelles (pétrole et gaz de schiste). Pourquoi les autorités ont-elle décidé de donner une force juridique à ce projet, et sachant impertinemment qu’avec les bras de du FLN et du RND, ce projet de loi sera adopté?  L’exploitation de gaz de schiste, de toute manière, répond à des considérations politiques, et nullement économiques, comme veulent le faire croire les dirigeants illégitimes. En outre, il faut préciser que cette exploitation a déjà commencé, à titre de prospection.

A lire les retombées négatives sur l’environnement, et à prévoir sa non rentabilité économique, l’exploitation de gaz de schiste relève également de l’aspect géostratégique.

Selon Ferhat Ait Ali, analyste financier, rien n’inciterait les Américains à venir prospecter le gaz de schiste algérien, vu qu’ils ont une production qui peut durer 175 ans. Leur seul motif serait l’appropriation des eaux de la nappe albienne, eaux douces estimées à 8000 ans de consommation. Une véritable mer intérieure.

Choix géostratégique

Pour contrecarrer la dilapidation des richesses du pays, la société civile doit se mobiliser davantage. Toute initiative est à promouvoir. L’objectif est de contrer l’exploitation de gaz de schiste, projet qui cache tant de dessins machiavéliques.

Si la souveraineté nationale subit depuis une décennie des soubresauts, via le concours de relais qui activent à l’intérieur du régime, puisque en accointance avec des forces occultes de l’extérieur, l’exploitation de gaz de schiste représente une menace pour la cohésion nationale et l’avenir de la nation. La division du pays est un plan qui parait présentement surdimensionné, mais c’est une entreprise plausible.

Pour l’environnement, tous les points ont été abordés : Pollution de la nappe phréatique et albienne, dispersion de produis chimiques et cancérogènes…  Économiquement, l’Algérie perdrait des milliards de dollars en investissant dans l’exploitation de gaz de schiste, puisque le projet n’est pas rentable, et il sera difficile pour Sontarach de faire signer à ses partenaires des contrats à long terme. La tendance actuelle est à l’approvisionnement sur le marché  « spot » du gaz liquéfié.

L’État brade les gisements

Sur le plan politique, le régime qui n’a aucune logique d’Etat, brade les gisements de matières premières au profit de multinationales. L’essentiel pour lui est de demeurer aux commandes du pays, avec fraude aux élections et utilisation de la répression pour se protéger contre tout sursaut évolutif.

Pour le volet géostratégie, les Américains, pour sortir de la dépendance vis à vis de la Chine qui offre au marché mondial 95% des « terres rares » (particules pour les nouvelles technologies) comptent exploiter au maximum les territoires sahariens et sahéliens. Les USA veulent coûte que coûte contrôler les sources d’approvisionnement de ces matières hautement stratégiques et indispensables à l’industrie des services informatiques.

J’ai peur pour mon pays!

Cet article n’est pas exhaustif. Je ne veux aucunement me substituer aux experts et spécialistes qui peuvent maîtriser mieux que moi leurs volets respectifs. A la lecture de ces phrases, des recherches approfondies sont à entreprendre. Mais ce qui est certain, je m’oppose à l’exploitation de gaz de schiste pour ne pas voir mon pays se déchirer une nouvelles fois. Et cette fois-ci, le cas soudanais ne serait qu’un dessin animé.

Mehdi Bsikri


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