DzActiviste.info Publié le sam 13 Oct 2012

Algérie: Quel fond de commerce que la religion !

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Beaucoup de sang a coulé sous les ponts de l’hypocrisie. Rares sont ceux qui savent que l’islamisme a été instrumenté par des forces qui n’ont eu d’autre intention que de se servir du fanatisme et de la superstition des multitudes. Rien n’est plus facile à l’agitateur des masses, que d’agiter leurs instincts grégaires, ceux qui les poussent à caqueter en même temps, et à  déployer des ailes qui ne leur permettent plus de voler.
Aujourd’hui, le regain de religiosité, du vent et des gesticulations, qui aurait été comique,s’il ne s’était prêté à de sanglantes manipulations, est devenu un état d’esprit, un phénomène de mode, voire un modus vivendi, avec jargon d’initié, et costume de bal.

Pourtant, dans cette vaste foire de larrons, de menteurs, et de dindons, des consciences vives tiennent bon, en tant que telles. Des consciences vives, vivaces, fortes sans être radicales, qui résistent sans succomber à la tentation de l’éradication de ce qui ne leur convient pas. Mais qui n’en démordent pas moins.

Elles refusent de se laisser enfermer dans des logiques paralysantes. Mais elles ne  laissent pas, pour autant, des antagonismes réducteurs leur dicter des réactions aboyeuses. Elles se revendiquent de toutes les valeurs qui fondent leur identité ancestrale, dans ce qu’elle a de plus humain, et de plus solidaire. Et elles refusent ce qu’elles leur lèguent de clivages, de haines, d’exclusion, et d’anathèmes, contre l’autre, contre les autres. Elles sont solides, apaisées, déterminées, et un brin amères, parce qu’elles évoluent dans des déserts peuplés d’hypocrisie.

Le temps est venu, après tant tant de divagations, que la religion revienne à la seule dimension qui lui convienne, qui lui fasse honneur, le coeur des hommes,  où elle pourra se déployer sans frein, donner sa pleine mesure, dans le secret des méditations, dans toute son ampleur, mais à la seule mesure de celui qui la reçoit, ou d’y mourir de sécheresse. Dans sa seule intimité, et pour sa seule conviction.

La religion ne doit plus servir de faire valoir, de bouc émissaire, de fond de commerce pour hypocrites es bondieuseries. Le paradis et l’enfer sont des affaires privées, entre le croyant et le Dieu en lequel il veut bien croire. Point d’intermédiaire entre eux. Ni de prétextes pour asservir les plus crédules, par les plus malicieux.

Aujourd’hui, la Mecque est la vitrine la plus achalandée du monde, tenue par une famille parmi les plus sordides de l’humanité, qui ne cache même plus ses plus outrancières turpitudes. Pourtant, cette exploitation grossière, on ne peut plus révoltante, de la chose religieuse, est tout à fait ignorée des masses, le plus normalement du monde, parce que les gourous salafistes, djihadistes, et tout ce qu’on voudra, jouent à déchaîner leur semblant de colère, contre tout et n’importe quoi, sauf contre cette Saoudie qui est l’antithèse même de l’islam. Et l’immense majorité des bien-pensants de circonstance font comme si de rien n’était. A-t-on, un seul jour, entendu El Karadhaoui, ou n’importe quelle autre islamic-star, oser la moindre petite récrimination, contre les plus grands ennemis de l’Islam, que sont les Ibn Saoud ?

C’est pour cela, parce que la religion est la chose au monde la mieux partagée, pour tout ce qui touche à l’hypocrisie et à la menterie. Il faut que nous la ramenions, que ses gourous le veuillent ou non,  à la seule dimension où elle ne pourra jamais être utilisée contre elle même, dans le coeur des hommes, et non plus dans celui de la cité.

DB

    


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