DzActiviste.info Publié le mer 10 Avr 2013

Algérie: Questions aux journalistes d’investigation, et surtout à leurs patrons…

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Dans ses campagnes sporadiques de révélations, sur des scandales liées à la corruption de barons du régime, la presse algérienne semble obéir à des injonctions très strictes. Autant sur les agendas, que sur la nature des sujet à traiter, que dans leur teneur. J’ai eu envie de l’interpeller, cette curieuse presse, au sujet du traitement de ces dossiers sur la corruption, sur ses attitudes, sur ce qui l’agite, sur des questions qui taraudent l’opinion publique.
Reçoit-elle, en même temps que la sommation de traiter de telle ou de telle affaire, sur tel ou tel baron, l’instruction de n’évoquer que les détails fournis par les donneurs d’ordre ? Lui est-il interdit de lancer des investigations en profondeur, qui pourraient débusquer d’autres faits, d’autres barons, plus importants que ceux qui sont cloués au pilori ? Comment est-elle encadrée ? Par des officiers traitants, par n’importe quel baron suffisamment puissant, par une structure, par des représentants des clans respectifs ?
En supposant que je l’accuse injustement de n’agir que sur ordre, dans ces révélations  qui ne surviennent  que lorsque les clans règlent leurs comptes, par boucs émissaires interposés, pourquoi, dans ce cas,  ne nous livre-elle jamais de dossiers sur les barons du Premier Cercle, comme les Frères Bouteflika, Le Général de Corps d’armée Mediène Toufik, le Général-Major Tartag, le Général-Major Mhenna Djebbar, et autres grosses huiles du même acabit  qui sont pourtant, non seulement au cœur de la grande corruption, mais qui en sont les principaux dispensateurs, puisque ce sont eux qui décident des brisées et des terrains de chasse des uns et des autres. Pourquoi n’évoque-t-on jamais les affaires de Saïd Bouteflika, et de sa hachiya de très gros requins, qui brassent pourtant des milliards de dollars, presque au vu et au su de tout le monde ? Pourquoi ne nous dit-elle rien sur les gros interets que possèdent les uns et les autres dans de très grosses affaires au Sahara, ou dans d’autres sociétés qui gravitent autour de la prospection, l’exploitation et la vente des hydrocarbures ?
Pourquoi la presse algérienne d’ Investigation n’a-t-elle jamais, pas une seule fois, traité des deux  secteurs les plus importants de la grande corruption ? Celui des acquisitions des armements et des équipements militaires, dont les ristournes se chiffrent en milliards de dollars, que ne se partagent que les barons du premier cercle, et celui des mécanismes financiers de vente des hydrocarbures, sur les marchés mondiaux, où des milliards de dollars sont subtilisés chaque année, par le même nombre restreint de parrains de la même Mafiocratie. 
Pourtant, presque personne n’ignore  parmi les journalistes spécialisés, que ces gens ont mis en place un laborieux dispositif de captation de sommes provenant de la vente des hydrocarbures  à travers des chicanes savantes de Banques et de relais financiers en tout genre. Ce pillage à la source, qui génère des sommes faramineuses, a été installé en partie par Chakib Khalil, même si lui-même  n’a pas été autorisé à y puiser. Le créneau n’est réservé qu’à quelques rares barons, qui en ont l’exclusivité. Une vraie chasse gardée.
Voici les questions que je pose à la presse algérienne d’ investigation, qui nous gave de scandales de petite envergure, même s’ils peuvent paraître énormes à une population qui se débat dans les affres de la nécessité  et dans l’incertitude des lendemains. Il ne fait pas de doute que pour des des gens qui n’arrivent jamais à boucler leurs tristes fins de mois, et qui touchent un smig qui avoisinent les 120 euros, des centaines de millions de dollars de pots-de-vin sont tellement énormes qu’il en paraissent invraisemblables. Nous savons que les petits voleurs, les pauvres, dont les larcins ne dépassent pas quelques petits millions de dollars, ne sont pas des anges, mais pourquoi les mettre sur le devant de la scène, alors qu’en terme de rapport, ils sont aux grands fauves ce que le corbeau est à l’hyène. 
J’imagine que la presse algérienne d’investigation ne me répondra jamais. Et pour cause. Mais il est des silences qui sont des réponses plus appropriées que tout ce qui pourrait être inventé de louvoiements, et de poudre aux yeux.
Pour ce qui me concerne, je suis fixé. Depuis longtemps déjà…
DB


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