DzActiviste.info Publié le dim 3 Mar 2013

Algérie, un Etat en standby ?

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Une situation inédite, sans équivalents depuis le 06 juillet 1962. Trente-neuf jours sans parutions du journal officiel de la République. Sa dernière livraison
remonte au 20 janvier. Depuis l’accession du pays à l’indépendance, février 2013 aura été l’unique mois où aucune mesure officielle n’aura été rendue publique. Pourtant la session parlementaire
qui s’est clôturée le 03 février avait connu un véritable forcing, notamment au sujet de l’adoption du projet d’amendement de la loi sur les hydrocarbures. À ce sujet, il saisissant de voir qu’au
4ème symposium de l’AIG, les promoteurs du projet d’amendement de la 07-05 ont continué, de façon assez surprenante, à argumenter sur la nécessité de cet amendement comme si ce projet
n’avait pas été validé en l’état où il a été présenté par le gouvernement. À l’évidence, cela suggère l’existence de tiraillements au sein du pouvoir au sujet des options énergétiques à engager.
Les options stratégiques défendues par le lobby « des non conventionnels » semblent, avant même leur publication, avoir été déstabilisées par la conjoncture sur les marchés
gaziers. Si l’apparition d’une menace terroriste directe sur les installations pétrogazières a des répercussions regrettables sur le positionnement de l’Algérie dans les stratégies de sécurité
énergétique de ses clients traditionnels ; la persistance d’une offre largement excédentaire sur les marchés gaziers fragilise l’option des couples fournisseurs-consommateurs pour les
contrats à long terme. Elle bat aussi en brèche l’autre constante qu’est l’indexation des prix du gaz sur ceux du pétrole. Voilà une grande prouesse de la brochette d’économistes et de PDG de
Sonatrach qui ont confisqué le débat sur la stratégie énergétique du pays : pondre une loi qui si elle venait à être appliquée aggraverait l’impact d’une conjoncture déjà largement
défavorable pour le pays !


Il est évident que dans un fonctionnement normal des institutions cette situation ne se serait jamais présentée. L’Algérie dispose de suffisamment d’intelligences
pour pouvoir, y compris dans cette difficile conjoncture, définir et conduire une stratégie énergétique qui lui soit profitable. Le lobby « des non conventionnels » aurait pu faire
valoir ses arguments, mais d’autres opinions se seraient exprimées, à l’image de celle de Nicolas Sarkis qui considère que la meilleure option pour l’Algérie est de maitriser le rythme de
soutirage de ses hydrocarbures, d’éviter leur monétisation frénétique, et de considérer ses gisements comme coffre-fort sans possibles concurrents sur les places financières. La question n’est
pas que ce lobby « des non conventionnels » ait fait la promotion de telle ou telle option. Il est dans le fait que la définition de la stratégie énergétique nationale a été
réduite à la discussion des seules options de ce lobby. Ce qui n’est pas le propre fait de celui-ci, même s’il s’y est volontairement prêté. La question est dans la façon de traiter les affaires
de l’État. Dans son accaparement par une bureaucratie dont le caractère comprador, donc antinational,   est de plus en plus dévoilé par ses louvoiements sur la scène internationale, ou
la multiplication des affaires de corruption et de détournement.

 

Trente-neuf jours où l’État n’a consigné aucun de ses actes, un record. Un forcing arrogant pour des options stratégiques qui se projettent sur les quarante
prochaines années, mais qui se dévoilent branlantes à peine quarante jours après leur validation législative. C’est tout l’édifice qui étale sa fragilité, des assemblées confisquées par des
affairistes champions en combines de tous genres, comme celle de faire jouer « leur statut » pour voyager sur la compagnie aérienne en première classe, avec des billets promotionnels,
en dépassant allègrement le plafond de l’excédent de bagages, sans le régler bien sûr. Minable. Un gouvernement de compagne électorale, dont son conseil des ministres, tenu le 17 septembre 2012,
pèsera aussi négativement sur la nation que l’a fait la sinistre « opération main propre » d’Ahmed Ouyahia, qui avait jeté nos meilleurs cadres-gestionnaires pour les casser. Un chef de
l’État adversaire farouche des remparts républicains (Presse indépendante, opposition démocratique, institution militaire,…) et admirateur assumé de « Mr Hattab » et de ses acolytes,
qui après avoir fait trois mandats en les chiffres brouillés de la construction de citées-dortoirs, affute sa compagne sur le thème du bétonnage des terres agricoles pour construire, dit-il,
autre chose que des cités-dortoirs, alléluia !!

 

Le pays est sous protectorat, mais qu’importent les allégeances des « résidants », l’essentiel n’est pas là ; ni même dans les rivalités qui peuvent
les opposer. Ce qui importe aujourd’hui c’est de comprendre que, sans un renouveau de notre mouvement national, le projet historique d’une République algérienne démocratique et sociale est
compromis. C’est ce renouveau, ou le déperissement, qui est à l’ordre du jour.


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