DzActiviste.info Publié le sam 19 Jan 2013

Algérie: une opération de propagande de grande ampleur s’est ébranlée

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Il faut être le régime algérien pour pouvoir transformer une aussi grande catastrophe que celle qui vient d’avoir lieu à Ain Amenas en victoire historique, un carnage d’une brutalité inouïe en exploit de grands professionnels.
Il faut être le régime algérien.
Et ainsi, une propagande sans précédent, dans un pays où le mensonge est pourtant institutionnalisé, a été mise en marche. Des relais de très grande intensité ont été activés, des dizaines de journalistes « approchés », des chaînes de télé payées, et tout l’arsenal ébranlé, au bas mot des milliers de cyber-agents, qui activent ordinairement sur les réseaux sociaux, dont deux grosses équipes constituées de professionnels de la communication, l’une du DRS et l’autre de la DGSN.
On ne connait pas encore le nombre d’otages tuées. Mais il ne fait aucun doute qu’il oscille entre 30 et 50 personnes. Aucun autre État n’aurait résisté à une telle catastrophe, provoquée non seulement par une manque flagrant de vigilance, mais surtout, après coup, par une brutalité et une improvisation inouïes. 
Un si grand nombre de victimes aurait entraîné, pour le moins, la démission de tous les responsables sécuritaires, dans n’importe quelle république bananière moyennement honorable. En Algérie, non seulement il ne se passera rien, mais ils trouveront même le moyen de claironner.Il faut être le régime algérien, pour réussir une telle gageure.
La ficelle est déjà toute trouvée. Le nombre de morts sera dilué dans celui des « otages libérés », qui sera de plusieurs centaines. Et la propagande s’est déjà préparée à répliquer à quiconque osera douter d’un tel miracle,  que les otages algériens valent bien les otages occidentaux. Et les médias du régime, ses politiciens, ses porte-parole et ses porte-drapeau vont pousser des cris d’orfraie, à la face de quiconque osera dénier aux « Forces spéciales » algériennes le professionnalisme, et le courage sans faille, qui leur ont permis de libérer des centaines d’innocents, peut-être même des milliers, ou des dizaines de milliers, puisque si le complexe avait explosé, il y aurait eu un nombre incalculable de morts.
Ce que la propagande se gardera bien de reconnaître est que ces centaines de personnes « libérées », dans la réalité, n’ont été libérées par personne, mais relâchées par leurs ravisseurs, ou parties toutes seules des lieux où elles se trouvaient, vers l’extérieur du site. Il faut rappeler que celui-ci est aussi étendu qu’une petite ville, avec des installations particulièrement alambiquées, qu’un groupe de trente terroristes n’aurait jamais pu contrôler dans sa totalité. 
Il faut dire aussi que ces mêmes terroristes ont demandé à tous les employés algériens de quitter les lieux, parce qu’ils savent qu’ils ne représentaient pas une bonne monnaie d’échange. C’est le cas aussi de nombreux étrangers qui ont pu se faufiler et s’exfiltrer du complexe, sans avoir été libérés par qui que ce soit. 
Ce sont donc toutes ces gens qui ont été comptabilisées comme ayant été libérées par les « Forces spéciales ».
Il faut être le régime algérien, pour se permettre une telle outrance.Plus c’est gros et mieux ça passe.
La propagande s’est donc ébranlée ! Des dizaines de journalistes étrangers et des chaînes de télé ont été « approchés », des intellectuels mercenaires activés, des milliers de cyber-agents lancés dans la mêlée, et des sommes faramineuses injectés dans l’opération qui consistera à redorer le blason du régime.
C’est, pour les barons qui tiennent l’Algérie entre leurs griffes, une question de vie ou de mort. Ils se savent nus, démasqués. Le monde entier, qui croyaient qu’ils étaient de grands experts dans la lutte antiterrorisme sait maintenant qu’ils ne sont des spécialistes que dans la torture, l’exécution sommaire, l’enlèvement, les coups fourrés, et le terrorisme pédagogique. Ils ne passaient pour de grands experts que parce que de très hauts responsables sécuritaires et politiques français avaient été payés pour intoxiquer les services occidentaux sur leur compte. Pour faire croire qu’ils contrôlent toute la région, et qu’ils sont incontournables. L’heure du grand déballage est venue.

C’est tout cela qui leur tombe sur la tête, et qui leur pend au nez. Et ils ne sont pas fous pour accepter bêtement de subir. Alors, ils attaquent.
Ils ont sifflé tous leurs agents, pour tromper encore une fois le peuple algérien. Ils savent que tout le cinéma qu’ils mettent en place n’est destiné qu’à la consommation domestique, parce qu’ils ont une peur bleue que des facteurs incontrôlables fassent exploser la cambuse. 
Déjà, de toute part, fusent les louanges de ces héros qui ont donné une leçon aux Américains, aux sionistes, à la Franc-maçonnerie, à Qatar. 
Ceux qui osent élever le moindre doute sur cet exploit historique sont cloués au pilori, traités de tous les noms, traînés dans la boue. 
Le peuple algérien, massivement anesthésié, voire shooté à l’hyper-consommation, va être plongé dans le même délire chauvin  que lors des matches de foot-ball. Il va réagir au quart de tour contre quiconque ose douter de la bravoure de « ses »  Forces spéciales, celles qui ont donné une leçon au monde entier.
Les spécialistes qui ont déclenché cette opération brouillard et boule de gomme disposent de moyens illimités. Pour acheter les gens qui voudront bien marcher avec eux, et détruire ceux qui se dresseront sur leur chemin. 
Des photos, des vidéos, des tribunes, circulent déjà sur le net. Des pieux sont dressés pour empaler les traitres, les harkis.
Il faut vraiment être le régime algérien, pour réussir un tel exploit. Et quel exploit !
DB


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