DzActiviste.info Publié le dim 28 Juil 2013

Aller jusqu’au tréfonds… de Moi.

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DSCN2744J’ai appris une chose et je sais en mourant Qu’elle vaut pour chacun: Vos bons sentiments, que signifient-ils Si rien n’en paraît en dehors? Et votre savoir, qu’en est-il S’il reste sans conséquences [ … ] Je vous le dis: Souciez-vous, en quittant ce monde, Non d’avoir été bon, cela ne suffit pas, Mais de quitter un monde bon ! Bertolt Brecht, Sainte Jeanne des abattoirs.

Et, malgré les échos d’aujourd’hui de tous les drames de l’heure –des êtres tombant par centaines– qui nous parviennent de tant de peuples dans nos exigences éternelles de libération, afin de se défaire de tous les autoritarismes et les injustices qui ont longtemps figé le monde arabe ; on se doit de sortir des désespérances afin, de ne jamais cesser d’apprécier, ré-aimer jusqu’à nos plus simples moments d’existence.

J’ai longtemps imputé mes insatisfactions et malheurs, au pouvoir, aux femmes à l’Occident, à mes amis(es), et à tant d’autres choses et au monde entier. Même si tout cela y était pour assez dans mes déconvenues, je me dois d’être sincère et affirmer que mon rejet de la vie, remonte à l’orée de mon enfance, lorsque l’idée de la finitude, s’était présentée obsédante, à moi : « Et quelle si grande injustice, de naître et venir sur terre, sentir l’air et apprécier le soleil et toutes les merveilles de la planète pour un jour ou l’autre, inéluctablement tirer sa révérence ? » n’avais je de cesse à me le demander, le visage le plus souvent fermé dans mes tourments. Jusqu’à m’inquiéter sérieusement si j’avais juste une fois ri de bon cœur ! Je me souviens, qu’adolescent, certains de mes « proches » m’avaient taxé de lugubre, tant lorsqu’ils riaient aux éclats, je restais toujours de marbre ; d’autres me croyaient tout simplement misanthrope, lorsque je refusais leurs sollicitations aux jeux, aux promenades, pour m’enfoncer le plus souvent dans les solitudes.

Si le soleil de l’Occident m’avait éclairé, durant tant d’années qu’a duré mon exil, est ce que cette obsession de finitude, qui avait empêché tant de bonheur avec toutes ces si belles rencontrées en ces pays de libertés et de tous les possibles. Je répondrai non en connaissance de cause. J’avais été amené, paradoxalement en pays d’abondance à courir après ma subsistance, à quêter à me vêtir et à m’abriter. Ce qui avait assez déteint toutes mes si belles relations. Je me souviens que si en mon milieu d’origine, on avait vanté les vertus du travail ; on ne m’avait pas appris, l’effort à fournir lorsque seule l’exigence à louer ses bras s’impose. Alors j’ai tout de même appris que c’est seulement dans les rêves que l’on vit d’amour et d’eau fraîche. Et donc tous mes égarements en société d’abondance au grand dam de quelques âmes amies, soucieuses de mon devenir, préoccupées par mes déboires.. Mais, aussi, la vie est elle si douce, dans notre conscience de la finitude ? Cela est certainement plausible, car lorsque j’y pense, cela me détache souvent aujourd’hui du passé, cela me ragaillardit et me pousse à réagir aux années d’existence qui s’accumulent et s’accumulent sans cesse…afin de me m’enfoncer, vers l’inaction et les jérémiades. Pour me laisser, me retrouver si content à regarder toute cette jeunesse d’ici, mes fils, tous ses camarades, tous les jeunes algériens s’activer à s’instruire, aux différents paliers à l’école, s’activer dans les mouvements associatifs, se détachant du fatalisme ravageur. Et main dans la main, cette jeunesse assoiffée de vivre, les jeunes et jeunes filles sans camoufler leurs corps, fleurissent notre pays, dans la conscience de la science. Il est nécessaire de vivre même dans les dénuements. Et ne jamais céder aux désespoirs. Il faut s’aimer, et créer des espaces de convivialité et tourner vite les pages des décennies noires et rouges. Car Demain Inchaallah l’Algérie sera.

De Boghni le 28/07/2013 Amokrane Nourdine


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