DzActiviste.info Publié le ven 4 Jan 2013

Alors que la succession de H Ait Ahmed s’annonce difficile Les dissidents FFS avertissent.

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ffs-logoAmar Cheballah

Alors qu’avec le retrait d’Ahmed Ouyahia du RND, l’effervescence sur la scène politique ne fait que s’intensifier, les dissidents du plus vieux parti de l’opposition, en l’occurrence le FFS, tiennent un rassemblement aujourd’hui à Tizi ouzou. L’enjeu : la succession de Hocine Ait Ahmed à la tête du parti par un autre agenda. Les contestataires affirment ne pas se retrouver dans les choix et l’agenda retenus par leur président, M Ait Ahmed. De ce fait, après une réflexion qui a cheminé depuis le scrutin de mai 2012, Djamel Zenati et ses compagnons souhaitent proposer aux militants la possibilité de remettre en marche le parti par un autre agenda, voir un autre Congrès ou il serait question de réconciliation entre les différentes tendances du parti. Mais les choses semblent aller plus vite pour les uns et les autres : Plus personne ne semble avoir son destin en main. Entre la fin d’une époque et les tractations en vue de l’élection présidentielle de 2014, la scène politique nationale, ne cesse de se redessiner depuis mai 2012 avec la cascade de retraits des ténors et des leaders de la vie politique nationale. Feuille de route ou coïncidences de la providence, les couacs se multiplient et se font de plus en plus assourdissants au niveau de tous les partis.

On les appelait « les lieutenants » de Hocine Ait Ahmed. Mustapha Bouhadef, Said Khellil, Hamdani Said, Djamel Zenati, Ali Karboua, Rachid Agoudjil, Samir Bouakouir, Djoudi Mammeri, surnommés « les chevaliers du FFS », se voyaient régulièrement pour renforcer les liens qui les attachaient au plus vieux parti de l’opposition. Mais depuis la décision du parti de participer contre toute attente aux élections législatives du 10 mai 2012, rien ne va plus dans la maison FFS. Cette semaine, l’union des lieutenants autour de leur chef charismatique a volé en éclats. C’est l’ancien bras droit de H Ait Ahmed et non moins figure emblématique du défunt MCB, Djamel Zenati, qui a sonné le glas de la belle époque, en annonçant dans un Appel aux militants, cosigné dimanche passé avec Mustapha Bouhadef, qu’aucune tentative de normalisation du FFS n’est possible. « Nous nous opposerons résolument et fermement à toutes tentatives de normalisation du FFS qu’elles émanent de l’intérieur et de l’extérieur de l’appareil « , écrit-il tout en appelant à une rencontre historique des cadres et militants qui se tiendra le 5 janvier 2013 à Tizi ouzou. Tout en décochant des flèches en direction de Cherifi Mohamed Amokrane, pressenti pour succéder à Ait Ahmed lors du 5eme Congrés qui se tiendra au cours de mois de juin 2013, Djamel Zenati ajoute : « La responsabilité exige de nous tous de dépasser les querelles stériles et les divergences secondaires pour nous hisser à la hauteur des enjeux politiques historiques : construire une grande force politique capable d’imposer un changement radical et pacifique dans notre pays. » C’est peu dire que M. Cherifi Med Amokrane n’a pas apprécié l’attaque. D’autant plus vrai le choix d’Ait est loin de faire l’unanimité au sein du parti. « Personne ne connait Cherifi, ni ici ni ailleurs », reconnaissent certains cadres au moment ou Djamel Zenati l’accusait d’être « la courroie active entre le régime et l’opposition. » Pour said Khellil et Rachid Agoudjil, les propos de Bouhadef et de Zenati sont plein de bon sens. L’heure est, en effet au chacun veut sauver ce parti fragilisé, en pleine perdition depuis quelques années déjà et auquel plus rien ne peut éviter le naufrage. Certains cadres, qui ont dénoncé la « privatisation » du FFS lors d’une dissidence collective du temps ou Karim Tabbou était à la tête du parti,n’ont pas manqué de suggérer le nom de Salima Ghezali pour succéder au chef charismatique de l’opposition.

Alors que les avis fusent de partout, Arab Azzi, ancien député et membre influent et actif du SATEF et Samir Bouakouir candidat malheureux aux élections générales du 10 mai à Paris, multiplient les démarches pour la tenue d’un congrès extraordinaire avant la date avancée par H Ait Ahmed. Des sources généralement bien informées indiquent que Samir Bouakouir, a pris attache avec Said Khellil et Said Hamdani, en vue de préparer la succession d’Ait Ahmed selon les règlements du parti. Cependant, ni Khellil ni Hamadani n’ont donné de suite favorable à la démarche de Bouakouir. Contacté par notre journal, Dr Said Khellil affirme que « la vie politique ne l’enthousiasmait plus. » Et d’ajouter : « je ne suis plus militant de ce parti. » « D’ailleurs, explique t-il à ses anciens compagnons venus l’exhorter a reprendre le chemin du militantisme, le Congres sera taillé sur mesure et aucune voix discordante ne sera tolérée. »

Pour la direction du parti, l’Appel de Djamel Zenati aux militants relève de l’agitation. Interrogé à ce sujet, le fédéral de Tizi ouzou dira que « tous ces gens sont en dehors des structures du parti. Ce qu’ils disent ne nous intéresse pas. » Tout en évitant de répondre aux questions des journalistes, l’actuel premier secrétaire, M. Laskri se dit absorbé par son devoir d’assurer l’ordre, d’appliquer à la lettre les consignes du président du parti et d’ouvrir un débat national sur les valeurs qui portent et qui mobilisent les algériennes et les algériens sur les questions qui engagent leur avenir collectif. Sur la question de la succession d’Ait Ahmed, la direction actuelle estime c’est au prochain Congrès qu’ échoît la tache de designer de façon démocratique et transparente « la direction collégiale qui doit succéder à H Ait Ahmed. »

Il reste à savoir maintenant si la forteresse FFS aura la force nécessaire pour résister six mois aux assauts de sa dissidence dont les rangs ne cessent de grossir au fil des jours


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