DzActiviste.info Publié le mer 16 Jan 2013

Après avoir observé une grève de la faim. Les 4 juges d’In Salah veulent l’interdiction des instructions verbales

Partager

algjusticeLes quatre magistrats du tribunal d’In Salah, ayant observé une grève de la faim la semaine dernière, ont rendu publique une lettre dans laquelle ils font état de onze revendications, dont l’interdiction des instructions verbales, la définition réglementée de l’obligation de réserve et la levée de toute pression sur les juges.

Une semaine après avoir surpris les magistrats par une grève de la faim, les quatre juges grévistes d’In Salah – Amrani Chakib, Benjelloul Ahmed Amine Sadek, Bouarouri Souad et Dris Khadija Amina – ont fait état de leur rencontre avec le ministre de la Justice, Mohamed Charfi, des engagements que ce dernier a pris en leur présence pour répondre aux préoccupations de la profession. Dans une longue lettre (dont nous détenons une copie) adressée à leurs collègues à travers le territoire national, les signataires rendent compte des 20 heures de discussions avec Mohamed Charfi durant lesquelles ils ont expliqué les raisons de leur recours à la grève de la faim, à savoir «l’absence de canaux de communication avec le ministère, mais aussi l’injustice que subissent les juges à travers tout le pays». Dans cette lettre, les juges ont présenté une liste de «11 revendications» qui sont, disent-ils, «celles de tous les magistrats du pays».

La première est relative à la levée de toutes les pressions que ces derniers subissent de la part des présidents de cour, celles qui s’exercent à travers des instructions verbales difficiles à prouver mais susceptibles de sanction. Les magistrats exigent la protection de la dignité du juge et l’amélioration de leurs conditions matérielles et sociales à travers l’accès aux logements de fonction, les primes et les salaires, mais aussi la mise en place d’une nouvelle formule d’obtention de logements privés de manière à préserver la dignité du juge et de sa famille. Dans la lettre, les quatre magistrats d’In Salah exhortent le ministre de la Justice à accorder aux fonctionnaires affectés au Sud des congés spéciaux, comme c’est le cas dans les autres secteurs, afin qu’ils puissent assumer leurs responsabilités professionnelles et familiales en même temps. «Nous avons également demandé la mise en place d’un hôpital destiné uniquement aux magistrats et en attendant cette réalisation, nous revendiquons la signature de conventions avec les hôpitaux dans le but de prendre en charge les juges et leurs familles.

De même que nous avons revendiqué l’alternance dans les postes de qualité, l’équité entre tous les magistrats en ce qui concerne l’annulation de la condition abusive de 5 années d’expérience, une nomination par décret, pour ouvrir droit aux avantages de formation à l’intérieur et à l’étranger, certaines œuvres sociales, une réduction de la période nomination après le stage, à une année, comme le prévoit la loi, afin de les préserver de toute suspension abusive.» Enfin, dans la plateforme de revendications, les juges ont exigé «des normes qui définissent clairement l’obligation de réserve de manière à lever toute équivoque et éviter que des magistrats soient sanctionnés injustement au nom de cette obligation».

Le dernier point abordé par les juges grévistes a trait à la situation de la cour de Tamanrasset, les problèmes que subissent leurs collègues ainsi que les promesses faites par le ministre relatives à l’envoi d’une commission d’enquête pour s’enquérir des préoccupations des uns et des autres. «Chers collègues, le ministre nous a écoutés durant des heures et promis que toutes nos revendications seront prises en charge dans les plus brefs délais, parce qu’il est inconcevable que ce juge qui lève les injustices que subissent les citoyens soit incapable de se défendre de ces mêmes injustices. Le ministre nous a déclaré qu’il est de sa responsabilité de faire en sorte que le juge ne souffre d’aucun problème, il nous a demandé d’informer tous les magistrats de s’impliquer dans la promotion de la justice, le renforcement de la place du juge et d’assurer la neutralité, le professionnalisme afin d’amener la justice algérienne au niveau de celle des pays développés», ont indiqué les quatre magistrats d’In Salah, en terminant avec une phrase qui fait l’éloge du ministre, présenté comme «un juste qui ne peut faire de mal». Cette lettre circule actuellement au niveau de l’ensemble des cours. Une manière de répondre aux rumeurs selon lesquelles les grévistes auraient «présenté des excuses» au ministre, après une rencontre qui n’a duré «que quelques dizaines de minutes».

Salima Tlemçani

EW 16/01/2013


Nombre de lectures: 1306 Views
Embed This

Commentaire



Laisser un commentaire

Laisser un commentaire

XHTML: You can use these html tags: <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>