DzActiviste.info Publié le mer 26 Mar 2014

Au pays des 1400 généraux et colonels.

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Armée4Saïd RADJEF
Miracle ! L’Algérie est un pays ou les miracles s’accomplissent les uns après les autres. Un pays de prophètes ! Sans écoles militaires, sans la moindre conquête et sans guerre hormis celle imposée au peuple désarmé, l’Algérie a produit plus de généraux et de colonels que deux puissances colonialistes réunies, depuis 1962 à ce jour. Le pays compte aujourd’hui environ 1400 généraux et colonels. Mais dans les faits, que représentent ces 1400 généraux et colonels qui détiennent la totalité du pouvoir, sur l’ensemble de la population globale du pays ? 1% ? 0,10% ? Quelle est la masse salariale de ces 1400 généraux et colonels qui ont le droit de vie et de mort sur chacun d’entre nous ? Quelles sont leurs capacités intellectuelles, morales et politiques, aujourd’hui que le pays est classé culturellement loin derrière les pays du Sahel ?
Ces généraux et  colonels  peuvent-ils comprendre la portée d’un mouvement de réconciliation, saisir l’opportunité d’un processus de négociation pour la paix et le rétablissement de l’ordre politique, critère qui fait d’un pays une Nation ? Comment peut-on participer à une élection dont l’issue est connue d’avance, mettre du mouvement dans le statu quo lorsque le mouvement de réconciliation nationale veut ignorer cette réalité et le contexte historique de l’Algérie pour se focaliser sur une nébuleuse difficile à cerner. Certains se sont offusqués à l’idée qu’on ne soit pas mobilisés aux cotés de celles et de ceux qui appellent au boycott de la candidature de Bouteflika. On n’est pas contre Bouteflika, on est contre le régime autoritaire ou 1400 généraux et colonels font et défont les présidents,depuis Ferhat Abbas à ce jour.
Sans véritable réconciliation nationale, l’Algérie peut-elle organiser la moindre élection ? Sur les termes de cette réconciliation, le régime est non seulement silencieux sur les acteurs qui doivent la mener et la guider, sur le processus et les procédures à mettre en œuvre pour sa réalisation, mais il nous force a accepter une amnésie nationale dont se servent aujourd’hui, sans vergogne, celles et ceux qui ont accepté hier de servir d’alibi démocratique et d’instrument politique entre les mains d’un régime des plus sadiques, des plus pervers et des plus pernicieux dans l’histoire de l’humanité ?
Il est vrai que toute initiative citoyenne a besoin d’union, de rassemblement et de réconciliation. Sans ces trois conditions, aucune initiative politique n’est possible. Quelles sont dans ce cas les parties à réunir, à rassembler et à réconcilier éventuellement pour permettre au pays d’en finir avec les crises politique, culturelle, identitaire et civilisationnelle qui le menacent dans sa survie ? A part le peuple, les victimes et leurs familles, s’agit-il des docteurs Petiot qui ont servi d’éclaireurs aux criminels dans les rangs de l’opposition, les droit-de-l’hommistes qui ont applaudi le coup d’État du 19 juin 1965, les généraux GLD de la presse, de la république et de la démocratie, les gardes communaux, le Borgne, Hassan Hattab…? En Algérie, le terrorisme ne se limite pas seulement à des actions militaires visant à terroriser le peuple. Il va au-delà de ce seuil pour se confondre dans l’innommable tragédie du terrorisme moral et politique. Le pays compte aujourd’hui autant de délateurs que les USA et la fédération de Russie réunis. Sur les deux millions de bacheliers que compte le pays depuis 1962 à ce jour, les 1400 généraux et leurs supplétifs ont exilé plus d’un million…Plus d’un million d’universitaires algériens se baladent dans les quatre coins du globe, le plus souvent rémunérés comme des esclaves des temps modernes, alors que le pays si riche et si vaste a un besoin urgent de compétences, de talents, d’intelligence pour se hisser au rang de véritable nation, relever les défis du moment et faire face au gangstérisme scientifique de la mondialisation que brandissent à tous les virages les maîtres de haute finance internationale et de la grosse industrie militaire.
Sans devoir de vérité, un rassemblement, une union peuvent-ils réussir à venir à bout de ce régime autoritaire ? Faut-il faire table rase de la tragédie et inclure les tortionnaires, les corrupteurs, les délateurs, les assassins des forces de sécurité, les fausses notabilités enfantées par le ministère des anciens moudjahidine et les apparatchiks de l’armée ? Quels sont les crimes acceptables, les crimes à pardonner ? Certains justifient leur démarche en invoquant un virtuel danger qui menacerait le pays d’éclatement. Ce discours fait le délice des brigands du régime. Que le pays s’éclate ! Ce n’est pas la menace de la main de l’étranger qui va faire asseoir à la même table la victime et le bourreau autour d’un même idéal ! Ce n’est pas la menace de la main de l’étranger qui va construire une initiative citoyenne, amorcer la dynamique du changement et inciter les algériennes et les algériens à se rassembler autour d’un seul et même mot d’ordre. Ce n’est pas non plus le départ de Bouteflika qui va ramener la démocratie et l’alternance du pouvoir dans notre pays. C’est le devoir de vérité et le retour des 1400 généraux et colonels dans les casernes qui peuvent rassembler et unir le peuple, et protéger le pays de toutes les menaces.


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