DzActiviste.info Publié le mer 20 Mar 2013

Aucun peuple n’est bon ou mauvais dans l’absolu.

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Adel HERIK 19/03/2013
in Le Quotidien d’Algérie 

Je suis profondément convaincu qu’une nation ne peut aujourd’hui entrer véritablement dans une ère de développement civilisationnel, de paix et de prospérité véritables que si apparaît au sein de son élite et y acquiert une position dominante un groupe qui a non seulement un programme qui tienne la route sur un plan purement technique, mais aussi et surtout qui voue au plus profond de son être un immense respect pour les êtres humains qui constituent la nation à laquelle il appartient, un respect qui s’apparente à de la vénération. Ce respect fait que chacun des membres de ce groupe est prêt à écouter humblement le plus modeste des citoyens de son pays avec une oreille attentive et à prendre tout le temps qu’il faut pour le convaincre du bien-fondé de la démarche du groupe en question. C’est lorsque ces deux conditions sont réalisées que se met en place une synergie et se met en branle une dynamique qui feront que peuple et dirigeants ne constitueront plus qu’un seul et même corps et agiront avec confiance et persévérance afin d’améliorer le vécu de chacun et chacune, en trouvant les solutions optimales aux problèmes qui se posent au pays et à la nation, dans tous les domaines.

Sont bien évidemment exclus de cette catégorie tous les faux révolutionnaires, les faux leaders charismatiques, les faux apôtres, les faux guides inspirés, les faux Monsieur Propre, les faux prophètes, etc. J’entends par là tous ceux et toutes celles à qui manque ce respect qui s’apparente à de la vénération que j’ai évoqué plus haut. Ces faux-tout-ce-que-vous-voulez ne pourront rien réaliser de durable car au fond d’eux-mêmes, ils méprisent leur peuple – même s’ils déclarent dans tous leurs discours vouloir le servir. Car, en vérité, c’est leur ambition dévorante qui les fait agir et non pas l’amour du peuple. Peu à peu, cette ambition maladive, qu’ils ont pu cacher au début, ne trouvant plus aucune barrière, une fois le pouvoir acquis, s’exprimera de la manière la plus débridée et la plus choquante qui soit. L’histoire de l’humanité abonde en exemples de faux de ce type. Dans notre région, Kadhafi et Saddam en ont été de parfaits modèles : seule la mort a pu venir à bout de leur mégalomanie. Le premier se prenait pour le plus grand génie politique de tous les temps, alors qu’avec un océan de pétrole dans le sous-sol de son pays, il n’a pas été en mesure de satisfaire les besoins de base de 5 millions de personnes. Le second avait fait mettre sa statue ou son portrait à tous les carrefours et à l’entrée de toutes les institutions, alors que sous son règne, son pays a connu plusieurs guerres dévastatrices et un long embargo.

C’est le respect, en effet, qui, lorsqu’il est allié au savoir-faire et à la sagesse, permet de réaliser des miracles et d’accomplir des choses que le temps ne pourra pas détruire. Le respect est le matériau le plus résistant à toute forme de corruption ou d’érosion. C’est le respect qui forme de nouvelles générations pleines de bonne volonté et d’espoir, débordantes de générosité et avides de réaliser de grandes choses afin de ne pas démériter de leur patrie.

Oui, je le sais bien, les sociétés humaines sont de plus en plus complexes et difficiles à gérer, car s’y affrontent et s’y entrechoquent en permanence les désirs et les appétits les plus contradictoires. Je ne suis pas un nouveau philosophe qui se prend pour l’illustre Al Farâbi et qui essaie de vendre un nouveau modèle de « madîna fâdhila ». Loin de moi cette idée saugrenue. J’essaie seulement, allant sur mes 59 ans dans quelques jours, de livrer aux honorables lecteurs et lectrices ce à quoi j’ai pu arriver comme constatations à l’orée du troisième âge, alors que mes passions et mon ambition ne peuvent plus s’ériger en maîtres absolus de ma modeste personne. Je crois sincèrement que notre pays a lamentablement échoué dans tous les domaines, parce que cet élément essentiel, primordial même – le respect de chacun des individus composant la nation –, a toujours manqué au sein de la classe dirigeante. Ceux parmi ces dirigeants qui affirmaient très haut et très fort vouloir servir le peuple auront été en fin de compte ceux qui étaient travaillés intérieurement par la plus dévorante des ambitions. C’étaient toujours leur point de vue, leurs décisions qui devaient prévaloir et s’imposer à tous. Ils s’étaient auto-délivré un certificat d’infaillibilité à vie.

Aucun peuple n’est bon ou mauvais dans l’absolu. Ses performances en tant que groupe sont conditionnées par un certain de nombre de facteurs qui peuvent êtres changés. Parmi ces facteurs, l’un des plus importants est la présence d’institutions adéquates qui permettent justement de créer, de préserver et de renforcer, jour après jour, ce respect, jusqu’à en faire un élément de la culture ambiante, de la vie quotidienne, un oxygène dont la société ne peut plus se passer, sous peine d’asphyxie. Partout – au sein de la famille, dans les institutions éducatives, sur les lieux de travail, etc. –, inlassablement, le respect sera enseigné et promu. Le mépris et l’exclusion de l’autre – pour quelque motif que ce soit – y seront traqués sans répit.

Si on attribuait à chacune des sociétés qui habitent sur notre planète aujourd’hui une note entre 0 et 20 qui sanctionnerait le niveau de concrétisation de ce respect, quelle note obtiendrions-nous? Pas loin de 0, j’en ai bien peur!

PS – Ce post m’a été inspiré par le commentaire de notre ami @Abon ( http://lequotidienalgerie.org/2013/03/17/chafik-mesbah-ce-systeme-nest-plus-reformable-de-linterieur-le-changement-viendra-de-lexterieur/#comment-69044 ).


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