DzActiviste.info Publié le mer 24 Juil 2013

Auto-racisme, ou la haine de soi…

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Le pire qui puise habiter une personne est ce sentiment, diffus et lancinant à la fois, d’être inférieur à l’autre, à celui qui vous toise et vous prend de haut, et qui, dans le meilleur des cas, vous écrase de sa condescendance. C’est très douloureux à vivre, et ça vous ronge de l’intérieur. Et sans vous rendre compte, parfois, vous vous mettez à vouloir lui ressembler, à cet autre, à lui ressembler furieusement, à le singer, dans ses moindres postures, à user de sa langue même lorsque vous vous adressez à vos propres enfants, à habiller votre prénom, voire même votre nom, de ces consonances qui lui donnent une chance de passer un tant soit peu inaperçu, croyez-vous. Où Djemaï devient Jimmy, Fatima Faty, Foudhil Faudel, Yasmine Jasmine.

C’est à cette phase là de votre haine pour vous même, que vous devenez réellement inférieur, parce que vous reconnaissez que votre identité est problématique, et qu’il faut la fondre dans celle de l’autre, de la glisser sous le tapis, avec les autres balayures. Parce que plutôt que de chercher à vivre en harmonie avec cette société qui est devenue la vôtre, sans pour autant avoir honte de votre propre être profond, fruit d’une longueur chaîne mémorielle, vous avez abdiqué votre fierté d’être ce que vous êtes, et ce que vous avez été,  dans le plus profond de votre personnalité, dans les plis oubliés d’une identité qui rase les murs.
Vous avez mis un genou à terre, pour supplier qu’on vous admette dans le cénacle du dominant ambiant. Vivre en symbiose avec son entourage, sans se croire obligé d’emmerder le monde, ou de se renier, est pourtant possible. Voire méritoire. Ni ostentation outrancière dans des représentations identitaires exacerbées, ni éradication de sa propre appartenance. 
DB
(Ce petit texte est un commentaire que j’ai posté sur un blog qui traitait du sujet)


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