DzActiviste.info Publié le jeu 27 Sep 2012

Aux journalistes algériens, dignes de ce nom !

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Cet abus d’autorité, cette violation des droits les plus élémentaires, que le régime a commis contre Madame Samraoui, en l’empêchant de rejoindre sa famille, en Allemagne, n’a été couverte, à ma connaissance, par aucun média algérien. Cela fait trois jours qu’elle a été refoulée de l’aéroport d’Alger, sans autre explication que l’ordre venait d’en haut. 
Pourtant, pas un seul média algérien n’a traité de cette grave violation des Droits humains. Pas le moindre petit entrefilet, ni même une seule ligne. Silence total !
Cette unanimité dans le black-out montre bien que des instructions ont été données à la presse, pour ignorer cette affaire.
Mais cette affaire n’est qu’une histoire entre d’innombrables autres.
Cela montre, de façon évidente, pour qui ne connaissent pas encore le mode de fonctionnement de cette presse, comment est traitée l’actualité, comment elle a été manipulée dans un passé proche, lorsque la manipulation de la violence battait son plein, comment la liberté de la presse est sélective, dans le traitement de l’information.
Les premiers responsables de cette ignominie, de cette grave perversion d’un si noble métier ne sont pas les journalistes. Bien au contraire ! Puisqu’ils sont eux-mêmes les otages de leurs patrons, et des garde-chiourmes de leurs patrons. 
Je sais comment les journalistes sont encadrés, et de quelle manière ils sont contraints à une autocensure qui ne se dit pas. 
Je sais combien ils en souffrent. Je connais leur rage, et leur envie d’en découdre avec ce système qui se sert d’eux, qui compromet leur réputation, qui les met à l’avant-garde de ses propres abjections, sans leur laisser la moindre marge de manœuvre  si ce n’est celle, la seule, de lui servir de porte-voix, ou d’outils pour les règlements de compte de ses barons et de ses parrains.

L’heure est venue, pour tous les journalistes sincères et droits, de ne plus accepter de plier sous le joug ignoble de maquignons, de profiteurs et de laquais ! 
Ce ne sera pas facile, je le sais. 
Mais cela n’en rend que plus noble le combat qu’ils doivent mener contre leurs propres rédactions, et travers celles-ci, contre le régime qui en tire les ficelles, pour libérer leur sublime et admirable métier de cette atroce main-mise !

L’heure est venue, pour l’Intifadha des journalistes algériens, pour leur honneur, pour leur réputation, pour être à la hauteur de leur immense responsabilité !

Leur corporation ne peut plus accepter de se faire la complice active de voyous et de sombres officines, qui mènent le pays tout entier à l’inéluctable chaos.

L’histoire n’a pas d’état d’âme, et ne pardonnera pas aux journalistes algériens de s’être prêtés, sans rechigner, à une compromission aussi ignoble. Les journalistes sont le miroir de leur société, et son âme profonde. Ils n’accepteront pas indéfiniment de jouer un rôle aussi honteux.
Nul ne peut se prévaloir de ses propres turpitudes !

L’heure de l’Intifadha des journalistes algériens doit sonner !
Pour que vienne l’heure de la délivrance et de la dignité !

D.Benchenouf
Journaliste algérien.


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