DzActiviste.info Publié le mer 21 Nov 2012

Avortements clandestins, Le prix du désespoir

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Le midi libre
Mardi 20 novembre à 21:14

 

L’avortement clandestin en Algérie est une pratique illégale, mais trop souvent pratiqué par des réseaux bien structurés et agissant avec l’appui précieux de sages-femmes, de médecins, d’infirmiers, de pharmaciens… Des jeunes filles, parfois, mineures, ont recours à ces réseaux pour mettre fin à des grossesses non désirées. 

Ce qui vient de passer à M’sila, voilà près d’une semaine, est une opportunité pour parler de cette pratique réprouvée par la religion et condamnée par la loi.

En effet à M’sila un réseau spécialisé dans les avortements a été démantelé par les gendarmes de la section de recherche de M’sila. Cinq personnes : un infirmier, un pharmacien, une sage-femme et un technicien supérieur, tous employésà l’hôpital de M’sila et une coiffeuse ont été arrêtés dans le cadre d’une vaste enquête.

Cette association de malfaiteurs est derrière plusieurs avortements clandestins opérés au sein même de l’enceinte de l’hôpital de M’sila. Tout a commencé le 8 novembre passé où agissant sur renseignements les gendarmes ont interpellé un technicien supérieur de la santé à l’hôpital de M’Sila, en possession de 30 comprimés utilisés pour les avortements.

L’arrestation du technicien supérieur a été capitale pour la suite de l’enquête, puisque les gendarmes ont ainsi pu interpellé le reste du réseau, à savoir les quatre autres mis en cause dont un infirmier et un pharmacien et saisi dans un garage, au centre-ville de M’Sila, du matériel et des médicaments, servant aux avortements.

Poursuivant leurs investigations, les gendarmes ont réussi à déterminer que les cinq compères avaient déjà procédé à plusieurs dizaines d’avortements clandestins, avec le matériel appartenant à l’hôpital de M’sila. Les interventions s’opéraient dans la clandestinité, au moment de l’absence des responsables. En contre-partie les cinq mis en cause exigeaient des femmes de payer de 5 à 10 millions de centimes.

En attendant d’autres révélations sur cette affaire, les cinq malfaiteurs ont été présentés, hier, devant le procureur de la République près le tribunal de M’Sila pour association de malfaiteurs et avortement. Ils ont été placés sous mandat de dépôt.

DIX AFFAIRES D’AVORTEMENTS CLANDESTINS EN UNE ANNÉE

De décembre 2010 à octobre passé, les gendarmes ont traité une dizaine d’affaires d’avortements clandestins. Parmi les affaires les plus importantes celles de Dely Ibrahim et Draria. Ici, deux importants réseaux spécialisés dans les avortements ont été décimés.

Parmi les membres desdits réseaux figure la présidente d’une association ! Pour rappel, le 29 décembre de l’année 2011, la brigade de recherche et d’intervention de la gendarmerie d’Alger, avait procédé à l’arrestation de deux jeunes hommes impliqués dans une grosse affaire d’avortements clandestins.

L’une d’eux a été arrêtée au Bois des Cars, à Dely Brahim, dans la forêt de cette commune au moment où il s’apprêtait à vendre 4 comprimés servantà des avortements. Un seul de ces comprimés est cédé pour 4.000 dinars. Son fournisseur n’était autre qu’un «retraité» travaillant à l’hôpital Béni- Messous. Agé de 52 ans il avait pour mission de subtiliser les comprimés du service de maternité de cet hôpital.

Les deux personnes ont été arrêtées le 29 décembre de l’année 2011 et ont été présentées devant le procureur de la République du tribunal de Chéraga. Selon la brigade de recherche de la gendarmerie le réseau, auquel appartenait les deux personnes, procédait à des avortements clandestins dans des villas en construction contre la somme de 10.000 à 30.000 DA. Des centaines de femmes ont fait appel à leurs services et le gain engrangé s’avère très important.

LA PRÉSIDENTE D’UNE ASSOCIATION CHEF D’UN RÉSEAU D’AVORTEMENTS CLANDESTINS !

Non loin de Dely Ibrahim, dans la commune de Draria, la brigade de recherche de la gendarmerie d’Alger a réussi un grand coup de filet en démantelant un autre réseau d’avortement clandestin en novembre 2010. Cette fois-ci, il s’agit de l’association El Rahma qui n’avait toujours pas d’agrément et dont le siège est situé à Draria.

La présidente de cette association pour handicapés physiques et mentaux, n’est autre que le chef de ce réseau. Cette dernière avait pour complices trois femmes et quatre hommes, selon les enquêteurs de la Gendarmerie nationale.

Ce réseau est derrière plusieurs dizaines d’affaires d’avortements clandestins et était composé en plus de la présidente de l’association, d’une jeune femme âgé de 29 ans, et travaillant à l’hôpital Béni-Messous de même qu’une jeune sage-femme. Les comprimés, servant aux avortements clandestins, étaient fournis par un agent de sécurité travaillant également à l’hôpital Béni-Messous. L’avortement coûtait entre 10.000 et 20.000 dinars.

Ce réseau avait été mis sur pied en cinq mois, faut-il le souligner. Arrêtés par la gendarmerie, les mis en cause ont été présentés, le 30 décembre 2010, devant le procureur de la République du tribunal de Chéraga. Parmi les personnes impliquées, certaines sont âgées de plus de 55 ans.

L. H.


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