DzActiviste.info Publié le ven 15 Fév 2013

Barzakh :D’une seule voix contre les censeurs.

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El Watan le 15.02.13

Invité à une émission de la télévision officielle pour une émission sur la parution d’un livre consacrée à sa mère, La conquête de la citoyenneté : hommage à Claudine Chaulet, Luc, plus connu sous le pseudonyme de Omar Zelig, animateur et producteur radio, a été empêché d’assister à l’émission. L’éditrice de barzakh, qui a publié le livre hommage, a interpellé la direction de l’ENTV. El Watan Week-end la publie telle qu’elle.

Monsieur,
C’est en tant qu’éditrice de l’ouvrage Hommage à Claudine Chaulet, la conquête de la citoyenneté, mais d’abord en tant que simple «citoyenne», précisément, que je vous adresse ce courrier.
J’ai appris que Luc Chaulet, invité par le journaliste Karim Amiti à prendre la parole dans son émission télévisée du jeudi 31 janvier 2013, avait été interdit, au dernier moment, d’y participer.
Arbitraire sidérant d’un système qui pratique une censure obtuse dont, du reste, personne n’est dupe.
Nous savons tous les avanies que Luc Chaulet subit depuis quelque temps au sein de la radio, institution qu’il n’a pourtant cessé de servir. Car c’est bel et bien servir un service public que d’y proposer des émissions réalisées avec compétence et intelligence, lesquelles exigent, regardez un peu le monde autour de vous, un brin d’impertinence et d’audace.
Il n’empêche, ce dernier incident revêt, à mes yeux, quelque chose de plus inacceptable que d’habitude (nous sommes tombés bien bas : l’inacceptable s’est banalisé au point de devenir la norme). Vous avez empêché un fils de parler de sa mère. Ironie du sort, vous vous êtes privé d’un allié de taille, qui avait l’intention de parler de «transmission» à l’université, d’émulation, de passage de relais et, pour un peu, aurait presque fait l’apologie de cette institution pourtant en faillite.
Je suis consternée. Quand je pense, par ailleurs, que tous les médias ont été subitement si prompts, après le décès de Pierre Chaulet, à s’emparer du sujet «Chaulet» et à encenser le destin de ce couple «exemplaire», n’est-ce pas ?
Réalisez-vous combien ces pratiques sont indignes ?
Nous n’avons guère plus de recours aujourd’hui, nous, citoyens, pour dire notre colère devant ces procédés qui, en coulisses, empêchent, ordonnent, manipulent et musèlent. Il me reste donc cette lettre.

Selma Hellal. Directrice


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