DzActiviste.info Publié le mar 8 Avr 2014

Benflis au secours du quatrième mandat?

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Encore une fois je m'insurge contre les sentiers battus de la pensée et des opinions dites évidentes même si cela dérange. Benflis est-il une alternative au quatrième mandat dans un processus du quatrième mandat? Est-il une alternative pour une Algérie républicaine ou est-il une simple sous-variante d'alternative d'un système qui n'ose pas et ne veut pas regarder l'avenir de l'Algérie?

Tout semble indiquer que Benflis, candidat aux présidentielles du 17 avril 2014, travaille pour le quatrième mandat de Bouteflika. Tout, dans sa démarche comme dans ses discours, dans ses appels aux islamistes du FIS comme dans ses tentatives avérées de surfer sur les mouvements sociaux et initiatives citoyennes contre un quatrième mandat, dénote ou d'une naïveté sans précédent ou d'une inféodation à un projet diabolique suggéré ou non, à une réédition du scénario 2004, mais en pire, bien sûr.

D'abord, dans ses discours, Benflis semble incarner une mauvaise conscience, conservatrice, de la politique débridée de Bouteflika, déstructurante de la nation, de la société et de la République. On ne répond pas à une telle politique par un discours moraliste et populiste. On ne répond pas, non plus, aux nouveaux démons par de vieux démons éculés et incapables de saisir les réalités nouvelles nationales aussi bien qu'internationales pour mieux les inféoder aux intérêts bien compris de l'Algérie.

Ensuite, la démarche de Benflis qui veut ratisser large m'incommode, parce que, à mon sens, elle va droit vers la consécration d'un quatrième mandat de Bouteflika. Il veut satisfaire qui au juste?

Les inconditionnels laissés-pour-compte, les millions de jeunes sans avenir et sans espoir rêvant d'un avenir sous d'autres cieux? Les victimes du système s'en foutent éperdument et je doute fort qu'ils aillent voter ou qu'ils saisiraient volontiers les nuances Benflis-Bouteflika.

Veut-il satisfaire ceux qui ont essayé de mettre au pas et à genoux la société algérienne, durant la décennie noire, par ses appels aux ex-FIS? Le ralliement de nombre de ses dirigeants parle expressément dans ce sens. Surenchérir à la politique de "Réconciliation Nationale" par une "sous-réconciliation" me semble stérile, du moment qu'on est sur le même terrain et qu'on n'est pas sorti de l'auberge!

Les Algériens ne veulent pas revenir à la tragédie de la décennie noire, dont la sortie a été mal négociée, mal conclue et insidieusement récupérée contre toute attente. La victoire sur le terrorisme intégriste leur a été volée pour servir et le candidat du pouvoir et le candidat dit "rival". Dans ce cas-là, pourquoi changer? Ça va du pareil au même! Là aussi, Benflis est au secours du quatrième mandat, avec son gré ou malgré lui.

Veut-il satisfaire ceux qui ont accompagné Bouteflika, dans ses précédents mandats. Pour les uns, il manquait à l’homme les hommes pour appliquer son programme, pour les autres, il est l'homme de la situation qui aurait apporté paix et réconciliation, même si ça défie toute analyse sérieuse et lucide au regard de ceux qui ont réellement apporté cette victoire et que d'autres ont réduit son importance stratégique.

Benflis est attiré par ces forces politiques qui veulent se refaire une virginité politique en voulant surfer sur un printemps arabe hypothétique en Algérie qui a connu et ses printemps et ses hivers et sa décennie noire, ont été hier à toutes les sauces, dans la coalition présidentielle ou dans le soutien du programme présidentiel, ils se reforment aujourd'hui dans un "front du boycott" qui n'en est pas un.

Tout dans la démarche de Benflis montre qu'elle n'est pas une alternative au quatrième mandat, bien au contraire, elle lui déroule le tapis rouge et ce, malgré sa conviction intime, réédition de celle 2004.

Constater la fraude pour engager une transition démocratique, est une erreur monumentale, parce que la fraude est déjà inscrite dans le processus actuel. Sinon pourquoi réprimer des manifestations pacifiques et pourquoi interdire l'expression de la position du boycott ou celle de l'opposition à un quatrième mandat tout court? Et pourquoi soumettre le pays à un tel chantage inacceptable, le pouvoir ou le chaos?

Cette approche est le propre d'une vision de l'intérieur d'un système refusant de voir une réalité en face, parce qu'elle refuse de regarder d'autres perspectives en dehors de cet horizon limité et fermé. N'est-ce pas la même vision de ceux qui ont fait appel à Bouteflika et qui ont dit par la suite qu'ils ont été piégés? N'est-ce pas la même vision de ceux qui diront après le 17 avril, une fois un autre ratage admirablement réussi, qu'ils se sont encore une fois piégés. Entre temps, le peuple algérien continue de payer ces inconséquences.

En attendant, la politique en vigueur dans le pays désunit au lieu d'unir et de rassembler, elle déconstruit (pas au sens philosophique, bien sûr) au lieu de construire, elle inféode le pays au lieu de le libérer et paradoxalement, elle l'isole au lieu de l'intégrer intelligemment à la communauté internationale. Le 17 avril est le rendez-vous de tous les dangers et je souhaite me tromper.

LE PRINTEMPS ALGÉRIEN n'est pas dans ce rendez-vous électoral. Le PRINTEMPS ALGÉRIEN naîtrait dans l'alternative à ce rendez-vous, UNE VÉRITABLE TRANSITION DÉMOCRATIQUE. Le quatrième mandat est une impasse, Benflis est une fausse réponse. Attendre l'après 17 risque d'être trop tard, regardons les choses en face!

NB: remarque très personnelle! Est-il possible d'écrire ce modeste article en étant ivre? A moins que la lucidité est insondable!


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