DzActiviste.info Publié le jeu 24 Jan 2013

Blogosphère algérienne. Synergie entre journalistes professionnels et journalistes citoyens

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De nos jours, un constat est plus que certain, puisque les facteurs consacrant son efficacité ont été prouvés. Le régime ne peut pas stopper l’élan démocratique algérien qui a pris forme sur la toile, de par la conjugaison des efforts de citoyens épris de valeurs de justice et d’équité, de paix et de tolérance, de progrès et de modernisme, d’amour pour le pays et de son avenir, que tout le monde voudrait prometteur, et surtout désireux de libertés pour la consécration de la citoyenneté pleine et entière. Cet avenir, celui de nos enfants, se discute aujourd’hui. L’adage de « celui qui se tait, consent », est malheureusement véridique pour les uns, et heureusement vrai pour d’autres, c’est là la cruciale réalité pour contrer une auto-passivité.
En effet, comment se taire et observer le silence quant aux innombrables atteintes aux droits humains que nous constatons quotidiennement, en plus de la gestion désastreuse et maffieuses de l’Etat algérien, l’absence scandaleuse de la justice, qui aujourd’hui, faut-il le répéter, est entre les mains de potentats qui ne pensent qu’à se pérenniser, privatisant de ce fait l’Etat et ses institutions, et pensant à transformer sous un schéma dynastique leurs velléités.
Le diagnostic du mal algérien a été élaboré depuis une dizaine d’année, ceci pour reprendre les analyses réalisées dans un passé récent ou lointain. La question qui se pose, est comment nous devons nous opposer à ce pouvoir despotique qui conduit notre pays vers un chaos programmé.
Les luttes pour l’émancipation de la société se traduisent sous plusieurs formes, à la fois politique et sociale, car l’un se nourrit de l’autre. L’erreur, à mon avis, est de dissocier ses deux aspects.
Les militants politiques, les défenseurs des droits humains, les acteurs des luttes syndicales, les défenseurs de la liberté d’expression et d’opinion, doivent, et c’est la voie du salut, converger leurs efforts vers des points essentiels, qui comprendraient, et c’est là le contrat à ne pas transgresser, des lignes directrices qui n’excluent aucun citoyen. Des points de luttes sont à tracer, donc. Elles se résument principalement autour de la concrétisation d’une véritable démocratie comme mode de gestion des institutions et de l’expression de la volonté populaire, de la promotion de la justice, de l’équité et de l’égalité au profit des citoyennes et des citoyens, de la séparation du dogme religieux du pouvoir, de l’alternance dans un pays, souverain, uni et indivisible, promoteur de la bonne gouvernance, de la mise en place de mécanismes de solidarité populaire, de la transparence comme clé de voute des instances. Pour cela, seule la sincérité comme socle de notre objectif, peut nous permettre d’atteindre nos buts.
Dans le cadre de ce combat, toute initiative citoyenne est à saluer lorsqu’elle prend forme. Et l’ensemble de ces initiatives, lorsqu’elles convergent vers les lignes que j’ai cité plus haut, donnent naissance à une complémentarité. Ce texte, que j’intitule « Comment créer une synergie entre les blogueurs et les journalistes professionnels », est un exemple de ce que nous pouvons créer comme alternatives pour contrer la propagande, hélas puissante, du régime. Cette synergie est possible.
En premier lieu, le blogueur, ou celui se servant des réseaux sociaux, doit être un militant pour la démocratie et pour les libertés citoyennes. Il développe une réflexion contraire à celle du régime. Cette réflexion est au profit de la collectivité, de la nation, du peuple et du pays. Cette réflexion est basée sur des données réelles et réalistes, fixant l’idéal et non pas l’idéalisme. Le blogueur travaille pour la propagation des idéaux progressistes.
Le blogueur est actif sur le terrain, et pas seulement sur les réseaux sociaux. Il est en contact avec son entourage, son quartier, sa ville et sa société.
Dans le cadre de ce texte, je n’évoque pas les articles produits par le blogueur, mais de l’information qu’il rapporte, subjective soit-elle. Cette dernière doit être rentabilisée pour qu’elle soit véhiculée à un plus grand nombre de lecteurs.
Admettons qu’un blogueur ou le journaliste citoyen est détenteur d’une information, témoin d’un évènement, ou acteur, même principal, d’une action. Il écrit un article, en toute liberté, même en orientant son écriture. Le journaliste des medias professionnels ne vas pas copier -coller l’article du blogueur ou du journaliste citoyen, mais se servira de la sève, de la substance.
Le journaliste professionnel est dans l’obligation, même si ce n’est pas toujours le cas, de contacter la partie incriminée. Son article devient alors professionnel puisque deux versions sont citées dans le papier. Celle du mis en cause et celle qui s’y oppose.
Une fois rendu public, cet article devrait être partagé par le blogueur qui a pris attache avec le journaliste professionnel. Ceci pour démontrer que le blogueur est une source fiable. De là, né le climat de confiance.
Le blogueur et le journaliste professionnel deviennent des alliés pour la diffusion d’informations, qui sont au final au service des opprimés, des militants et des syndicalistes. Une sorte de militantisme professionnel se développe.
Mais comment créer un contact entre ses deux formes de journalisme. Le bloggeur et dans un sens plus large le journaliste citoyen, doit repérer les journalistes professionnels qui démontrent des sensibilités allant dans le combat pour la défense des droits humains, et à la défense des militants et des syndicalistes. Il suffit de les trouver, puisqu’ils existent.
Mais comment ? Lire la presse, tout en ayant comme menu du jour le repérage des dits journalistes. Au but de quelques semaines, il s’avère qu’un journaliste professionnel qui écrit souvent sur de tels sujets, ne peut être que le futur allié.
Pour prendre contact avec lui, les réseaux sociaux peuvent faciliter la tâche. Sinon, solliciter les militants qui peuvent se procurer et livrer ses coordonnées. Après de brèves échanges, et après avoir gagné la confiance, de l’un comme de l’autre, cette synergie, qui a pour lignes directrices les points que j’ai cité plus haut, peuvent se concrétise, et s’inscrire dans un combat fédérateur, un combat salvateur.

Mehdi Bsikri

Initialement publié In JCA


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