DzActiviste.info Publié le mer 2 Jan 2013

BONNE ANNEE A TOUS

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Une année vient de partir, la suivante arrive avec les présages qu’elle porte. Pour autant, le quotidien  du citoyen algérien risque de rester le même que celui qui a prévalu tout au long de l’année qui vient de s’écouler. Un quotidien fait de privations multiples, de frustrations ; un quotidien marqué par l’incertitude du lendemain ; un quotidien humiliant.

Une situation dont sont seuls responsables des pouvoirs publics incompétents mais surtout indifférents au désespoir du peuple.

D’aucuns penseront que mon propos est défaitiste et que je n’observe pas les efforts consentis par les programmes présidentiels successifs pour donner du bonheur aux algériens. Certains, plus zélés – les thuriféraires et autres clients du régime qui nous gouverne –  verront dans mon écrit une attitude nihiliste et un défaut de patriotisme. Qu’à cela ne tienne, cela n’a pas d’importance puisque la réalité est là. La population macère dans le détresse ; une détresse qui est dans la souffrance du père de famille qui ne sait pas « où donner de la tête » pour nourrir les siens ; dans celle de la ménagère qui n’arrive pas à remplir son couffin parce que l’argent dont elle dispose n’est pas suffisant ; dans celle de l’étudiant qui vit entassé, avec plusieurs camarades, dans une chambre universitaire vétuste, sans eau et sans chauffage ; dans celle de ce jeune hittiste qui voit le temps passer sans qu’il puisse s’y embarquer ; dans les classes moyennes algériennes qui assistent impuissantes à leur inexorable paupérisation …

Oui, il est vrai que l’Algérie est riche de son baril de pétrole. Oui notre pays dépense sans compter. Une gabegie qui ne participe aucunement à la construction du bien-être du peuple. Une orgie qui profite seulement à l’Algérie d’en haut pendant que celle d’en bas, envieuse, assiste à une débauche de privilèges dont bénéficient avec ostentation les enfants du système.

Qu’on ne vienne pas nous dire que les algériens sont heureux chez eux et que ceux qui sont dans la détresse refusent de voir le bonheur qui est à leur porte. Et que ceux qui se droguent, se suicident, émigrent dans la clandestinité, se révoltent dans l’émeute ou encore montent dans les maquis sont manipulés, ingrats, délinquants et que sais-je encore ? C’est faire preuve de cécité/surdité psychique ou d’autisme que de ne pas voir ou entendre le désespoir qu’expriment ces comportements extrêmes. Des convulsions sociales que les décideurs de ce pays devraient comprendre et pour lesquels ils devraient sérieusement envisager des réponses.

La pauvreté est dans trop de foyers algériens. Elle est insupportable parce qu’elle plonge les familles dans un profond sentiment d’indignité.

Les salaires sont insignifiants au regard de l’environnement économique national. Le SNMG (salaire national minimum garanti) ne correspond à rien, en particulier s’il doit être rapporté au pouvoir d’achat ; et personne ne peut, aujourd’hui, prétendre vivre décemment avec 18000 DA par mois (brut).

Notre pays est riche mais il n’est pas prospère puisqu’il ne procure pas le bonheur attendu à son peuple. Des richesses naturelles dilapidées dans des programmes « d’assistance sociale », des sommes colossales qui ne sont pas investies dans des dispositifs créateurs d’emplois et créateurs d’outils de production. Des revenus thésaurisés en dépit du bon sens. Plus de 200 milliards de Dollars placés dans des banques, sous le prétexte fallacieux de les sauvegarder pour les générations futures. Une incohérence. Alors que les pays les plus développés s’endettent naturellement pour investir dans la création d’emplois, un souci majeur, et dans la consommation ; parce qu’emploi et consommation constituent, à eux deux, la vitalité d’une nation.

Plus de 20 millions d’algériens ont moins de trente ans et près de 12 millions sont en âge de travailler. Il leur faut du travail et ils doivent consommer. Une richesse indéniable, l’après pétrole de notre pays si les pouvoirs publics en prennent conscience et vont au devant de leurs besoins.

Plus de 85% des algériens sont nés après l’indépendance de notre pays mais, sous prétexte de la légitimité historique, des vieillards – ceux qui sont nés avant la libération – président au destin de l’Algérie. Un destin sur lequel les plus jeunes, parce qu’exclus de la décision politique, n’ont aucune initiative.

Faudra-t-il, à l’orée de cette nouvelle année, faire dans le cynisme et souhaiter que le temps fasse au plus vite son œuvre ? Non, je ne le crois pas. Je pense qu’il faut garder la raison et formuler le vœu que les jeunes algériens gardent encore patience et que les plus âgés deviennent enfin raisonnables et acceptent, en s’en allant, de restaurer le peuple dans sa dignité et de lui donner la possibilité de construire librement son avenir et d’avoir une véritable emprise sur son destin.

Bonne année à tous les algériens, à tous mes amis, à toute ma famille et aux lecteurs de mon blog.

Une pensée particulière aux imazighen de notre pays, en espérant que cette nouvelle année verra enfin se concrétiser leur rêve, celui de voir leur langue devenir officielle.


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