DzActiviste.info Publié le mar 1 Oct 2013

Boumediéne , Djamel Abdenasser ou les deux architectes de la même faillite

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Boukharoube et BencherifAhmed AMOKRANE

« Le totalitarisme, n’est pas un régime politique, mais une dynamique autodestructive reposant sur une dissolution des structures sociales  »
Hannah Arendt

Les similitudes entre les crises politiques algérienne et égyptienne actuelles, sont telles que les observateurs peuvent facilement les confondre . Aussi bien en Algérie qu’en Egypte, la vie politique est dominée par une armée omniprésente par l’intermédiaire de ses services(Moukhararates) qui contrôlent aussi bien le champ politique, les médias que l’économie . Manipulant le bâton et la carotte, les services optent pour une société de masse a qui on a imposé le maximum de soumission et de délation faisant ainsi des l’individus, des êtres terrifiés et marginalisés .

Tout a commencé avec Djamel Abdenasser qui renversa lors d’un coup d’Etat militaire, le Roi Farouk en 1952 . Rapidement, le Zaim égyptien autoproclamé, exporta son œuvre vers de nombreux pays de la région y compris en Algérie où l’armée des frontières menée par Boumediéne renversa dès 1962,le gouvernement provisoire de la république algérienne (G.PR.A) .

Rapidement,Abdenasser et Boumediéne, imposèrent à leur peuple respectif, un pouvoir personnel où la moindre opposition est vécue comme une trahison . Pour assoir leur autorité, l’un et l’autre s’appuyèrent sur une armée qui a domestiqué l’Etat tout en confisquant la totalité des activités des sociétés algérienne et égyptienne . Les armées algériennes et égyptiennes, se comportèrent alors comme deux partis politiques uniques, imposant à leur peuple une seule vision et rejetant la moindre diversité . La société civile aussi bien en Algérie qu’en Egypte, est vécue par les deux régimes militaires comme un ennemi à abattre . Par ailleurs, l’individu ne représente aucun intérêt pour un pouvoir qui ne s’intéresse qu’ à une armée garante de sa survie . Réduit à un simple spectateur, contraint au silence, l’individu algérien et égyptien, se retrouve étranger dans son propre pays . La vie politique dans chacun des deux pays, se réduira alors aux faits et gestes des deux Zaims . Les femmes et hommes politiques qui osent s’exprimer sont rapidement discrédités et considérés comme corrompus , incompétents ou traitres . Les seuls investissements des deux régimes, sont absorbés par les armées dont les budgets ne sont soumis à aucun contrôle . Les militaires deviennent alors une caste de privilégiés enviés par l’ensemble de la société .

Khaled Nazar et Sissi,ne sont que les fruits des deux institutions militaires que Boumediéne et Djamel Abdenasser ont érigés en méga- Etat au dessus de l’Etat . Le putsch de 1992 en Algérie et celui de 2013 en Egypte, ne sont que les épisodes du banditisme politique initié par Boumediéne dès 1962 en Algérie et par Djamel Abdenasser en
Egypte à partir de 1952 .

A la mort des deux Zaims qui n’ont investi dans aucune institution en dehors de l’armée et dont la seule réalisation se limite au culte de leur personne, l’Algérie et l’Egypte, se retrouvèrent avec des sociétés civiles anéanties, une vie politique inexistante et une économie archaïque . Cette faillite dure depuis des décennies et risque de durer car l’égoïsme des Zaims et le silence des peuples ont un prix .

N.B :L’objectif de ma démarche, n’est pas de critiquer deux personnes mortes . Boumediéne et Djamel Abdenasser (الله يرحمهم على كل حال),furent des personnalités publiques . Nous avons le droit et surtout le devoir de faire un bilan de leur action respective .


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