DzActiviste.info Publié le lun 1 Avr 2013

Bouteflika a-t-il en face de lui un adversaire ?

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Par Said Radjef

Abdelaziz Bouteflika vote pour les élections municipales le 29 novembre 2007. Reuters/Zohra Bensemra

Oui, Bouteflika a été porté par De Gaulle au pouvoir contre les colonels de l’Intérieur à l’origine de l’insurrection du 1er novembre 1954. Oui, Bouteflika n’a aucune légitimité et aucune compétence pour être chef de l’Etat. Oui, Bouteflika est un imposteur au service de la haute finance internationale et de la grosse industrie militaire…Mais Bouteflika a-t-il un adversaire en face de lui pour l’empêcher d’être président à vie ?

Toutes les élites semblent avoir trouver leurs comptes dans la politique de la rente maintenue par le régime. Le peu d’universitaires et d’intellectuels qui est contre cette politique, a été décapité non par le régime, mais par ces petits bédouins illettrés qui se sont hissés au rang de notabilités intellectuelles et politiques du pays. Mais quelle aubaine pour ce Bouteflika et pour ces généraux qui veillent à ce que l’argent reste sous leur contrôle et ne génère aucune création de richesse locale autonome qui pourrait leur échapper ! Mais quelle aubaine pour maintenir le statu quo et empêcher la construction d’une conscience politique nationale et de priver la république de se doter d’une élite capable de relever les défis et de comprendre les enjeux du moment et de l’avenir !

L’école, au lieu de former des citoyens ayant le sens des responsabilités civiques et morales, produit chaque année des bataillons de « medahates » es qualité. A pressent, nous avons des avocats, des économistes, des journalistes, des magistrats, des ministres, des députés mal élus et des sénateurs qui ne savent ni lire ni écrire. Quelqu’un qui ne sait pas lire et écrire est un ignorant. Il ne peut pas connaître les taches auxquelles est soumis le chef de l’Etat ; il ne sait pas non plus ce que signifie l’explosion démographique, la nécessité de créer chaque année plus d’un million d’emplois au moment ou l’Etat n’arrive même pas à créer ¼ de la demande et ce que peut engendrer l’exode massif dans un univers en proie à des bouleversements imprévisibles.

Dans cette mondialisation qui par des procédés scientifiques hautement élaborés vient de prendre la place de l’impérialisme, comme le montre si bien ce qui se passe au Sud de l’Algérie, l’Etat continue avec la complicité de ses « medahates » a distribuer une partie de la rente, mais fait tout pour empêcher la société de se l’approprier, de se réveiller, de sorte que « la rente n’est pas là pour amorcer une stratégie de développement mais pour pérenniser le contrôle politique de la société ». Les intellectuels de l’Etat, la presse de l’Etat, les universitaires de l’Etat…En somme tout appartient à Bouteflika. Il a tous les leviers entre les mains, internes et externes. Même pour être artiste, écrivain ou poète, il faut la bénédiction de l’Etat. Qui peut dans ce cas empêcher Bouteflika d’être président à vie ?
Ce n’est pas avec du vernissage journalistique visant à maquiller la façade politique algérienne que l’on pourra changer le cours des choses et venir à bout de ce régime sans identité.

Pour empêcher Bouteflika d’être président à vie, il faut que notre presse, nos universitaires militent pour l’émergence d’une société civile, une sorte d’espace autonome entre l’individu et l’Etat, composé d’une pléthore d’associations volontaires, qui fondent leur action sur des principes moraux reconnus et acceptés, notamment la science, le savoir, la compétence la tolérance, le pluralisme, le respect des personnes, la participation, la coopération et le règlement des conflits par la négociation ou la concertation. Or cette exigence si nécessaire à l’épanouissement des valeurs démocratiques est combattue par cette même presse et ces mêmes universitaires. Le dispositif médiatique mis en place depuis février 1989 est tel que on se pose des questions si réellement il existe une multiplicité des points de vue, la divergence d’intérêts, la diversité des positions de classe ou d’idéologie, l’hétérogénéité culturelle en Algérie.

Comment empêcher Bouteflika de postuler à un quatrième mandat lorsque des algériens interdisent à d’autres algériens de s’exprimer, lorsque d’autres algériens incitent et excitent l’Etat à faire des razzias intellectuelles contre d’autres algériens, lorsque une petite ville du Midi compte plus de 1300 journaux et revues spécialisées et que l’Algérie tout entière ne compte pas 200 journaux ?


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Displaying 1 Comments
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  1. radjef said dit :

    Le problème ne vient du peuple. Dans cette histoire, le peuple ne porte aucune responsabilité.Ce sont ces bataillons d’universitaires qui fuient leurs responsabilités historiques contre une caresse du régime.Cela a été ainsi depuis toujours. Est ce que c’est le peuple qui ment dans la presse, qui joue la comédie, qui se retranche derrière des mises en scènes ridicules pour permettre au régime de se maintenir. Le peuple n’a jamais trahi personne, d’ailleurs il n’a pas le monopole de la trahison. Les traitres sont dans les rangs des élites.

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