DzActiviste.info Publié le mer 9 Avr 2014

Bouteflika la Président présent-absent par Omar Ouali

Partager

Bouteflika la Président présent-absent par Omar Ouali

Les protestataires contre un quatrième mandat d'Abdelaziz Bouteflika à la tête de l'Etat perturbent régulièrement le déroulement des meetings organisés par l'équipe de campagne du président sortant.

Il faut le dire sans ambages ni euphémisme : les incidents qui ont contraint Abdelmalek Sellal [l'ancien Premier ministre de Bouteflika nommé le 13 mars directeur de la campagne du président sortant] à annuler le 5 avril son meeting à Béjaïa en Kabylie [des manifestants ont empêché l'équipe de campagne d'accéder au lieu du meeting] sont condamnables, absolument condamnables ! Ils le sont d'autant plus que cette cité, avec la profondeur intellectuelle et civique qui l'a toujours distinguée, s'est toujours prévalue d'être, à juste titre d'ailleurs, une terre de démocratie. Et quand on croit à la démocratie, on doit croire davantage à l'avis de l'autre, même si on ne le partage pas. "Je ne suis pas d'accord avec ce que vous dites, mais je me battrai jusqu'à la mort pour que vous ayez le droit de le dire." Cette sentence qu'on prête au grand philosophe français du XVIIe siècle, Voltaire, chaque démocrate convaincu doit en faire son viatique, son emblème dans l'expression libre des opinions. La pilule que les Algériens n'arrivent pas à avaler Ce principe étant rappelé et souligné avec force, il convient, en revanche, de dire que la première des violences, bien antérieure à la campagne, c'est le quatrième mandat lui-même [que brigue Abdelaziz Bouteflika, au pouvoir depuis avril 1999 et qui a subi en avril 2013 un AVC]. Un quatrième mandat qui sonne déjà comme une promesse pour l'Algérie de faire son entrée fracassante dans le Guinness Book. Car c'est une première dans le monde qu'un candidat à la présidentielle, qui sollicite les suffrages populaires, soit totalement absent de la scène, alors qu'il est censé être le pivot de la campagne. Ne dit-on pas que la présidentielle c'est une rencontre entre le candidat et le peuple ? Cette absence-présence est une pilule amère que les Algériens, heurtés de plein fouet dans leur bon sens, leur intelligence, n'arrivent pas à avaler, malgré toute l'armada médiatique et financière mise au service de la campagne de Bouteflika afin de produire l'illusion de réalité. Autant pour les trois premiers mandats de Bouteflika, les choses, dirons-nous, s'étaient déroulées plus ou moins normalement, pour autant que nous puissions parler de normalité dans un pays où les messes électorales ressemblent à des farces tranquilles, autant, pour ce coup-ci, les choses se présentent plutôt mal. La multiplication des couacs de campagne dans les meetings animés par les représentants de Bouteflika en sont la preuve patente. Et cela nous amène à poser la question : est-ce que les expressions d'hostilité à la candidature de Bouteflika, manifestées à Ouargla, Batna, Oum El- Bouaghi, Relizane, ne seraient que les prémices d'une claque le soir du 17 avril ?


Nombre de lectures: 274 Views
Embed This