DzActiviste.info Publié le lun 29 Avr 2013

Bouteflika le bien-aimé ?

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Nos politiciens savent si bien nous mentir. C’est leur sport favori, dans lequel ils sont passés maîtres. En paroles, ils peuvent faire rentrer un chameau par le chas d’une aiguille, comme on dit. Et ils sont de tels experts en la matière, qu’ils parviennent à tromper tout le monde, jusqu’à leurs propres personnes. C’est pas fort ça ? Essayez un peu de vous mentir, et de croire vous-même à vos propres salades !

Ce n’est pas le cas de nos dirigeants. Eux, ils sont tellement schyzo, qu’ils sont capables de se raconter une bonne blague et de se plier de rire en s’écoutant. Ah, ils sont fortiches.
Et donc, pendant qu’ils nous emmenaient en bateau, sur la bravoure du peuple algérien, sur son génie, et surtout sur tout le bien qu’ils nous ont fait eux-mêmes, en faisant de notre pays, d’abord la Mecque des révolutionnaires, puis  une terre de Cocagne, où il est si facile de s’enrichir, un Etat de Droit, où la justice est au dessus de tout le monde, et où il y a l’Homme qu’il faut, à la place qu’il faut, et autres professions de foi du même genre, ils ont fini par croire à tout ce qu’ils nous débitaient, sans discontinuer, depuis qu’ils ont mis le grappin sur ce malheureux pays. Depuis plus d’un demi-siècle !

Ils ont donc fini par se persuader que ce qu’ils nous disaient était tout à fait vrai, puisque tout baigne dans ce pays, puisque eux-mêmes sont des hommes providentiels, que sans eux nous serions dans la gadoue, et que c’est grâce à eux que les caisses de l’Etat sont pleines à ras-bord, au point ou nous avons prêté des millions de dollars au FMI himself.
Leur chef, du moins celui qui est déclaré en tant que tel à la sécurité sociale, s’est pénétré de l’idée qu’il était adulé par les foules, que les femmes se pâmaient sur son passage. Normal qu’il finisse par y croire. Après avoir baigné dans des manifestations hystériques, de foules qui scandaient « Jich, chaab, maak ya Boutaflika… »
Cela me rappelle la première campagne de ce même Bouteflika, dans un cinéma à Tebessa. La salle était bondée, et vibrait littéralement sur ses fondations. Bouteflika ne pouvait pas en placer une. Les gens hurlaient des choses, tapaient des mains, les youyous fusaient. Pas trop loin de moi, un homme de très grande taille, était en transes. Il a crié tout son saoul, mais comme cela ne lui suffisait pas, visiblement, il s’est mis à pousser des youyous, et comme cela ne comblait pas davantage son amour pour celui qui ne faisait la moitié de sa taille, alors, il tomba dans les pommes, et se pissa dessus.
Comment Bouteflika, devant de telles scènes, qui sont monnaie courante, ne croirait-il pas qu’il est réellement l’homme dont aucune femme au monde ne pourra enfanter de pareil ? Pour reprendre les propres termes d’un certain laudateur.
Il s’est donc imprégné de l’idée qu’il était l’idole vivante de ces foultitudes. Et il y croyait tellement fort qu’il a fini par les mépriser. Peut-être parce qu’au fond de lui, il ne comprenait pas qu’on puisse le tenir en si haute considération, lui qui n’a pas d’estime pour lui même.

Mais le propre des foules qui bêlent ainsi leur servitude à leurs propres bouchers est qu’elles sont trompeuses. D’abord parce qu’elle ne se constituent que des badauds qui sont généralement embarqués pour aller faire la claque, et qu’ensuite, même lorsqu’elles se comptent en millions d’individus, et qu’elles se laissent charmer par la harangue et la patriotardise, elles sont la versatilité même. Toujours promptes à fouler aux pieds ce qu’elle adoraient quelques instants plus tôt.

C’est cela que découvrira le Président Bouteflika, depuis sa chambre d’hôpital, si un petit malin s’amusera à le brancher sur internet. En surfant sur le net, puisque c’est son activité préférée, dit-on, il va découvrir ce qu’envers du décor veut dire. Il s’attend, très certainement, à découvrir un peuple en larmes, qui implore le Tout-Puissant de lui accorder un répit, de lui permettre de continuer sa grande Oeuvre sur terre. Oui, il sait qu’il est contesté par quelques chats isolés, qui sont eux-mêmes manipulés par des milieux qui cherchent de meilleures parts de butin. Mais de là à se rendre compte que tant de gens le détestent autant, il ne l’aurait jamais imaginé. Surtout que ceux qui l’entourent font tout pour l’entretenir dans sa mégalomanie.

Souhaitons-lui seulement, qu’avant de commencer à naviguer sur Facebook il soit bien attaché à son lit. Parce qu’il pourrait tomber de haut. Il faudra qu’il se pince, pour arriver à croire que tant d’Algériens lui vouent une telle animosité. Puisque certains en sont arrivés jusqu’à lui faire de peu flatteuses oraisons funèbres. Ça va être dur ! Dur de revenir des illusions dont on s’est soi-même gavé jusqu’à l’écœurement.
Espérons seulement que le petit malin qui s’apprête à le brancher sur internet soit conscient qu’il pourrait le tuer pour de bon, dans l’état où il est, et qu’il attendra que tout risque soit écarté, avant de faire son petit sadique !

DB


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