DzActiviste.info Publié le ven 15 Juin 2012

Ce gouvernement qui nous a coûté 500 milliards de dollars

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le 15.06.12 | El Watan

Et si la vraie question n’était pas de savoir quand changer de gouvernement mais plutôt pourquoi un gouvernement serait condamné à gaspiller l’argent public ? Une constante présidentielle depuis 1999 ?

D’un programme ambitieux d’investissement public pour relancer la machine économique, les gouvernements successifs du président Bouteflika en ont fait un programme de «gaspillage public». Une embellie financière due aux entrées exceptionnelles du pétrole et du gaz. L’année dernière, le président Bouteflika s’est, lors d’un conseil des ministres, targué d’avoir investi 500 milliards de dollars depuis son intronisation à la tête de l’Etat. Son Premier ministre parle aujourd’hui d’un «échec collectif». Difficile d’évaluer le bilan de perte subi par le Trésor public depuis 13 ans dans l’ombre d’un système opaque et fermé. L’Algérie figure en bas des tableaux des organisations internationales. Les indicateurs sont au rouge et le président et son gouvernement continuent de dépenser sans compter pour apaiser le front social. Bouteflika, qui doit former prochainement un nouveau gouvernement, va-t-il reconduire les mêmes ministres qui ont ruiné la République ? L’enjeu est de taille : les 286 milliards de dollars que compte investir l’Algérie dans les cinq années à venir

Agriculture, Pêche
Responsables : Rachid Benaïssa, Saïd Barkat, Bouguerra Soltani

En Algérie, le secteur agricole contribue à hauteur de 10% au produit intérieur brut et occupe 25% de la population active contre respectivement 1,6% et 5,2% pour l’Union européenne. Les autorités avaient alors investi, selon les estimations des spécialistes, 49 euros par hectare et par an. En comparaison, le soutien moyen direct aux agriculteurs de l’Union européenne est de 288 euros par hectare et par an, soit 5,8 fois plus. «De 2000 à 2006, il y a moins de 400 milliards de dinars consommés par l’agriculture, y compris pour le fonctionnement dans le cadre du Plan national de développement agricole et rural(PNDRA). Pour l’investissement, c’est encore plus dérisoire», avait déclaré Hocine Abdelghafour, directeur des études au ministère. Depuis 2000, année du lancement du PNDRA, le département de Saïd Barkat communiquait des bilans des plus satisfaisants avant que n’éclate le problème de la pomme de terre qui allait ouvrir le bal à une série de «crises». «Il fallait annoncer au président de la République le maximum de réalisations, le maximum d’argent dépensé, le maximum d’emplois créés, le maximum d’hectares mis en valeur, même si une grande partie de tout cela n’existait que sur le papier, déclarait Slimane Bedrani, chercheur au Cread, à El Watan.C’est de l’argent gaspillé. Depuis trois ans, on a réduit les subventions agricoles. La politique de diminution des subventions à l’investissement à la ferme est un véritable crime contre l’agriculture algérienne.» L’agriculture et la pêche ont été, en plus, touchées par des scandales. A commencer par les 140 milliards de dinars détournés à Djelfa dans le cadre du plan spécial pour le développement de la steppe où l’ex-président de l’APN serait impliqué. Le département avait aussi loué pour 90 jours pas moins de 30 avions pour la lutte antiacridienne pour 36 000 euros par jour. Ces avions n’ont jamais pu décoller. Quant à la pêche, un secteur géré par les ministres MSP, et en dépit des sommes engagées, le prix de la sardine, pour ne citer que ce produit, a atteint des records. L’Algérie rate les négociations concernant son quota de pêche au thon au profit de ses voisins. A citer aussi l’affaire liée à la pêche au thon dans les eaux algériennes. Des contrats, jugés douteux dans le secteur, ont été conclus avec des sociétés de pêche chinoises.

Ressources en eau
Responsable : Abdelmalek Sellal

Le département stratégique de Abdelmalak Sellal a certes pu réaliser des programmes, mais cela reste en deçà des objectifs, malgré un budget d’investissement gigantesque de 25 milliards de dollars en dix ans. Sur les treize stations de dessalement de l’eau de mer prévues, quelques-unes seulement ont été livrées. Concernant la réalisation des barrages, là encore le programme tarde à voir le jour. Mais le département de Sellal a été aussi secoué, à l’instar de ses collègues, par des scandales, à commencer par la station de dessalement d’El Hamma que le groupe Khalifa devait réaliser à titre gratuit avant de devenir un fiasco politico-financier. On se souvient encore de l’affaire du barrage de Beni Haroun, qui a consommé à lui tout seul 2 milliards de dollars pour qu’à la fin, il menace la ville de Mila de disparition à cause de malfaçons constatées dans la construction de l’infrastructure. Le Président lui-même avait alors lancé à son ministre devant les caméras de l’Unique : «S’il faut le reconstruire, rasez-le !» Le mégaprojet de transfert d’eau In Salah-Tamanrasset, d’un coût estimé à 1,3 milliard de dollars inauguré en grande pompe par le Président, souffre d’anomalies et Tamanrasset a toujours soif. Pour les années à venir, le Président prévoit un investissement de 15 milliards de dollars dans l’eau entre 2010 et 2014, notamment pour construire 19 nouveaux barrages, des stations de dessalement et des réseaux de transfert.

Finances, Banque d’Algérie, Economie
Responsables : Mourad Benachenhou, Karim Djoudi, Abdelwahab Keraman, Mourad Medelci, Abdelatif Benachenhou

C’est à partir du ministère des Finances que s’exécutent les décisions d’octroi de budget à tel ou tel projet ou département ministériel. Le département lui-même a bénéficié de gros budgets, notamment pour la modernisation du système bancaire qui ne voit toujours pas le jour. Les banques croulent sous les liquidités et l’Algérie connaît depuis deux ans une grave crise de disponibilité de liquidités dans les banques et les bureaux de poste. Ce département a été secoué par le scandale Khalifa où des ministres ont défilé à la barre du tribunal de Blida. Le montant du préjudice subi par le Trésor public demeure un secret d’Etat. Certains l’estiment à 3 milliards de dollars. Quelques mois après, éclate le scandale de la BCIA qui, selon Ouyahia, a causé la perte de 900 millions de dinars à la Banque extérieure d’Algérie (BEA). Il avait également parlé d’un trou financier de 7 milliards de dinars constaté dans cette banque qui, selon lui, s’est spécialisée dans «l’import-import». La saga ne s’arrête pas là avec l’affaire de la BEA des Pins Maritimes, plus connue sous l’appellation de «l’affaire Mouhouche». Un détournement effectué après l’obtention d’un prêt bancaire en devises auprès de cette banque. En fait, des milliards de dinars ont été détournés des banques publiques depuis 1999 et chaque jour, la presse évoque des cas de détournement. Comme l’affaire de l’Enapal où près de 25 millions de dollars se sont volatilisés lors d’un marché fictif. Les Douanes, un corps sous tutelle du ministère des Finances, n’arrivent toujours pas à se débarrasser des pratiques mafieuses et de corruption qui continuent de saigner l’économie nationale. Des cas de fraude et de majoration qui ont permis le transfert illicite de plusieurs milliards d’euros. L’affaire la plus connue est celle des 900 millions d’euros transférés de l’Algérie vers l’Espagne. Par ailleurs, le marché parallèle des devises continue à réguler l’économie nationale, malgré le durcissement des lois concernant le change. Le square Port-Saïd demeure l’unique Bourse effective en Algérie et un haut lieu d’échange de pots-de-vin. Enfin, la non-maîtrise des marchés financiers et des dépenses publiques a engendré un taux d’inflation alarmant malgré les assurances des pouvoirs publics.


Culture
Responsable : Khalida Toumi

Le département de Khalida Toumi est devenu, au fil des années, un grand organisateur d’événements grandioses et fastueux, soutenu par la présidence de la République. Le bal a été ouvert avec l’organisation de «L’année de l’Algérie en France» en 2003, un événement qui a coûté des dizaines de millions d’euros, sans qu’aucun bilan officiel n’ait été rendu public. Puis vint «Alger capitale de la culture arabe» d’un coût estimé à 55 millions d’euros. Les dépenses ne s’arrêtent pas là avec, deux années plus tard, le Festival panafricain. Le Panaf’ a coûté officiellement 100 millions d’euros, mais des rallonges budgétaires ont été décidées pour parer aux surcoûts liés au transport et à l’hébergement des 8000 invités qui avaient pris part au Festival. Certaines sources parlent de plus de 140 millions d’euros dépensés lors de ce Festival. Pour ceux qui ont crié au scandale concernant les sommes faramineuses dépensées, Khalida Toumi répond : «C’est l’équivalent du budget de production du dernier Batman !» On remet ça en 2011 : l’Algérie abrite «Tlemcen, capitale de la culture islamique». Son coût officiel est de 125 milliards, auxquels il faut ajouter les dépenses liées à la réalisation d’infrastructures telles que les salles de conférences, les routes, la réhabilitation de l’aéroport de Tlemcen, etc. La politique adoptée jusque-là par ce département n’a pas apporté ses fruits : la production cinématographique reste insignifiante, des salles de cinéma et des théâtres fermés, les troupes folkloriques ont remplacé les groupes de musique par excellence, la harga a touché même les membres du Ballet national… Les dépenses ne se limitent pas au côté organisationnel puisque des sommes faramineuses ont été offertes à des artistes étrangers, en rémunération concernant leur participation à l’organisation d’événements, comme les 2 millions d’euros qu’aurait empoché le chorégraphe algéro-francais Kamel Ouali en 2007, ou Safi Boutella ou encore la troupe libanaise Carcalla. Sans parler des hommages rendus par la présidence de la République à des artistes arabes tels que Majda Roumi. La politique culturelle du gouvernement se limite au volet «grands événements, gros budgets». A rappeler enfin que le département de Khalida Toumi a été aussi secoué par des scandales : en 2010, une enquête des services de sécurité vise l’OREF pour des supposées malversations financières.

Habitat
Responsable : Nouredine Moussa

Crise ou problème de logement : en 2012, une chose est sûre : l’Algérie manque de logements. La rapporteuse spéciale des Nations unies sur le logement, Mme Raquel Rolnik, était très critique à l’égard de la politique de l’habitat du gouvernement. Pour elle, les institutions qui participent au processus d’attribution de logements disposent d’une marge de discrétion qui ouvre la voie au clientélisme et à la corruption. «J’ai remarqué un manque de participation et de communication dans la politique du logement promue par le gouvernement. Une politique qui reste opaque et une faiblesse démocratique dans le processus d’élaboration des demandes et des attributions», a-t-elle déclaré lors de sa conférence de presse à Alger. Pourtant, des sommes colossales ont été octroyées à la construction de d’habitations, le premier programme de construction d’un million de logements entre 2005 et 2009, doté d’un budget de 18 milliards de dollars, aura nécessité des rallonges budgétaires qui n’ont pas été rendues publiques, puisque le président Bouteflika avait institué, depuis son intronisation à la tête de l’Etat, la politique d’enveloppe supplémentaire à chacune de ses visites dans les différentes wilayas. Pour les cinq années à venir, pas moins de 60 milliards de dollars sont prévus pour la réalisation de 2,45 millions de logements à l’horizon 2014. Outre la disponibilité de l’«argent» par «volonté politique», on assiste toujours aux intifadas des bidonvilles, aux émeutes lors de l’annonce des listes des bénéficiaires, à des sit-in devant les wilayas et les daïras et autres APC. Le logement est devenu un moyen de pression sur la population et une source de rapine pour la clientèle du régime.


Transports
Responsable : Amar Tou

Hormis les chantiers inscrits de longue date dans le calendrier gouvernemental au début des années 1980, aucun projet d’envergure n’a été lancé. L’aéroport d’Alger et le métro, pour ne citer que ces deux projets, ont bénéficié d’un budget supplémentaire pour leur parachèvement et des rallonges budgétaires et ont été livrés avec beaucoup de retard, puisque les inaugurations ont été reportées plusieurs fois. Amar Tou semble beaucoup plus sévère avec les journalistes qui l’accompagnent lors de ses tournées qu’avec les entreprises étrangères impliquées dans la réalisation des projets pilotés par son département ! La nouvelle ligne du tramway d’Alger verra enfin le jour aujourd’hui et l’extension du métro d’Alger vers 2023. Les projets de téléphérique dans différentes wilayas n’ont pas été concrétisés, sauf celui de Tlemcen qui était prioritaire pour le ministre. Ceux d’Alger peuvent attendre encore, puisque le ministre ne les évoquera plus jamais. Les projets de tramway à travers les autres wilayas connaissent des retards, et à chaque fois, les difficultés techniques sont avancées pour justifier la non-maîtrise des délais et les rallonges budgétaires. Le réseau ferroviaire a bénéficié de plus de 15 milliards de dollar et malgré cela, les trains interwilayas sont vétustes, les gares délaissées, les trains déraillent… Mais pour le gouvernement, le rail a connu un développement impressionnant. La preuve, quelques trains électriques dans l’Algérois avec des horaires et des disponibilités qui ne répondent pas à la demande, des autorails qualifiés de TGV algérien. Pourtant, le transport urbain et suburbain qu’empruntent les Algériens au quotidien laisse à désirer. L’Algérie va encore dépenser 18 milliards dans les 5 prochaines années avec les mêmes réflexes de gestion. Amar Tou, comme ses comparses, n’a pas échappé aux scandales. L’affaire du port d’Alger, concernant les marchés d’acquisition des clarcks où des cadres ont été emprisonnés, ou encore l’affaire du naufrage du Béchar. Air Algérie, une compagnie déficitaire, continue à profiter du soutien de l’Etat, avec les billets parmi les plus chers au monde. Air Algérie a failli, malgré les sommes colossales dégagées par l’Etat, ne plus atterrir dans les aéroports étrangers pour des raisons de sécurité. Et le ciel algérien demeure encore fermé à la concurrence internationale.


Commerce
Responsable : Hachemi Djaâboub, Mustapha Benbada

Les ministres défilent et les problèmes demeurent les mêmes. Le ministère du Commerce n’arrive toujours pas à réguler le marché, ni à asseoir son autorité sur le commerce extérieur où des barons de l’informel ont établi leurs règles, ni à mettre fin à l’anarchie qui règne dans le secteur, à la spéculation et au marché informel. Ce dernier pèse 4 milliards de dollars chaque année dans l’économie nationale. Les pénuries répétitives de produits de première nécessité ont mis sur le devant de la scène le rôle de ce département ministériel dans le contrôle et la régulation du marché. Pomme de terre, lait, blé, huile et sucre ont failli, selon le discours officiel, plonger l’Algérie dans le chaos général et démontré la faiblesse de l’Etat devant les barons de l’importation. L’institution du chèque dans les transactions dépassant les 500 000 DA avait provoqué la colère des barons et l’Etat a fini par céder. Le contrôle des produits importés souffre d’ambiguïté puisque des cas de produits contaminés sont souvent signalés, comme cette histoire de lait en provenance de Chine qui a provoqué la mort de 4 enfants. Les autorités, sur décision du président Bouteflika, avaient décidé, au détriment du Trésor public, de soutenir les produits de première nécessité sans compter, confortant ainsi le cartel de l’import-import dans sa mission de destruction de l’économie nationale. L’Algérie est l’un des premiers importateurs de blé au monde pour une population ne dépassant pas les 37 millions d’habitants. L’Algérie est également championne de l’importation de tout et de rien, passant de la gaufrette et la lingerie féminine aux voitures made in Iran ou Inde. Cette politique de laisser-aller a valu à l’Algérie, le titre de «poubelle du monde».


Travail et Sécurité sociale
Responsable : Tayeb Louh, Bouguerra Soltani

Aucun des ministres ayant succédé à ce département n’a réussi à défendre les intérêts des travailleurs algériens, encore moins faire face aux agissements des multinationales, notamment pétrolières installées dans le Sud. Les travailleurs algériens sont devenus cette main-d’oeuvre facile à manier et qui vit une précarité absolue. Si aucun chiffre fiable n’est avancé concernant la couverture sociale des travailleurs, on sait déjà qu’un tiers des employés n’est pas déclaré à Sécurité sociale. Le département géré par Tayeb Louh est devenu, au fil du temps, cette caisse au service des privilégiés du système, puisque la prise en charge médicale à l’étranger n’est délivrée qu’aux nantis du régime qui partent se soigner ailleurs, certains pour une simple carie. Les hôpitaux français réclament à la CNAS pas moins de 32 millions d’euros d’impayés. Le ministère du Travail, c’est surtout cette mamelle de distribution de la rente : l’Ansej, une agence censée promouvoir le travail et la création de richesse qui est entre les mains de la mafia. Des crédits faramineux ont été octroyés aux «jeunes» dans le cadre de la politique d’apaisement sociale sans pour autant atteindre les objectifs escomptés. Le ministère a causé la perte de pas moins de 150 milliards de dinars au Trésor public suite à un dépôt de fonds à la banque El Khalifa. La responsabilité de Bouguerra Soltani, président du MSP, alors patron de ce département, a été mise en avant. Sans plus.

Energie et Mines
Responsables : Chakib Khelil, Youcef Yousefi

Il est certainement le ministère de tous les scandales. Il est pourtant le garant de la stabilité financière de l’Algérie puisque nos entrées en devises proviennent principalement de Sonatrach, l’entreprise nationale des hydrocarbures. Détournements, pots-de-vin, privilèges, dépenses exagérées, contrats mal négociés, arbitrages internationaux, incapacité à l’exploration, avis d’appels d’offres infructueux, faste… Les scandales politico-financiers s’enchaînent sans qu’aucun responsable politique n’en paye les frais. Chakib Khelil, à qui la gestion catastrophique du secteur incombe, n’a jamais été entendu par la justice. La série est longue : les plus médiatisés sont l’Affaire BRC, Galsi, Medgaz, Naftal, CCO (Centre des conventions d’Oran) et le dernier en date, le scandale Sonatrach. Les pertes se chiffrent en milliard de dollars, mais aucun bilan officiel du manque à gagner n’a été rendu public. Les autorités avaient, comme à chaque scandale politico-financier, communiqué sur la forme et non sur le fond. Les montants détournés se chiffrent en milliards de dollars, certains évoquent le montant de 25 milliards de dollars dérobés des caisses de l’Etat. En dépit des sommes colossales investies, l’Algérie manque de gasoil et de gaz butane et les importe de l’étranger à défaut d’investissement rentable et viable, notamment dans le raffinage. Les responsables du secteur ont plutôt privilégié l’écoulement rapide sur les marchés internationaux, le transport par canalisation et l’achat de gros méthaniers. Sonatrach s’est aussi distinguée par l’organisation de rencontres, conférences, colloques à des coûts exorbitants qui n’ont au final rien apporté de plus. Concernant l’alimentation en électricité, là encore, des régions manquent de courant, des coupures notamment en grande période de froid et de canicule sont signalées jusqu’à provoquer des émeutes. Sans parler du déficit en raccordement au gaz de ville.

Travaux publics
Responsable : Amar Ghoul

Combien a coûté réellement l’autoroute Est-Ouest ? On en est encore à se poser cette question en 2012 autour du chantier du siècle que le ministre des Travaux public, Amar Ghoul, a accaparé et en a fait son argument politique lors des dernières législatives. Certes cette autoroute a réduit considérablement le temps de parcours entre les wilayas, mais reste un handicap pour certaines wilayas, puisque des bretelles de sortie manquent. D’un coût estimé à 7 milliards de dollars au début, il est passé à 12 milliards de dollars actuellement. C’est le scandale du siècle aussi, puisque l’affaire de corruption a touché de hauts responsables de ce département ministériel, en épargnant le ministre Ghoul. Le préjudice financier de ce dossier n’est pas révélé à l’opinion publique. Le coût d’un kilomètre réalisé est le plus cher au monde : 8 millions d’euros le kilomètre. Et le chantier n’est pas encore terminé puisque des tronçons sont toujours en cours de réalisation, d’autres en réfection, et certains ouvrages à refaire. Les dernières intempéries ont démontré les malfaçons ayant entaché la réalisation de cette autoroute livrée sans équipement ni aires de repos. Le programme de réhabilitation de routes et la réalisation d’autres avancent à petits pas. Là encore, les dernières intempéries ont révélé la fragilité et la qualité médiocre des ouvrages réalisés et les matériaux utilisés, notamment les trémies dépourvues de bouches d’évacuation des eaux…. Le désormais député Amar Ghoul, après avoir dépensé des milliards de dollars sans respecter les délais, compte revenir à son poste lors de la formation du prochain gouvernement.

Education, Enseignement supérieur
Responsables : Boubekeur Benbouzid, Rachid Harraoubia

Après celui de la Défense nationale, le secteur de l’éducation est le deuxième plus gros budget de l’Etat. Il représente 8%, soit 2,4% du PIB. Dans les grandes lignes du plan de développement 2005-2009, 26% du budget de l’Algérie sont consacrés au système éducatif dans son ensemble : 13,8% pour l’éducation nationale et 6,4% pour l’enseignement supérieur. Il s’agit de l’équivalent de plus de 40 milliards de dollars investis dans le secteur. Les résultats restent en deçà des objectifs, même si les autorités affichent un satisfecit absolu : taux de réussite au baccalauréat en flèche, plus d’un million d’étudiants dans nos universités. Le taux de déperdition scolaire reste un sujet tabou, le problème de transport scolaire, de la disponibilité du livre, de la qualité de l’enseignement, de surcharge dans les classes, etc., demeurent des sujets d’actualité à chaque rentrée. Concernant l’université, qui a certes bénéficié de grosses enveloppes budgétaires, elle n’arrive toujours pas à se placer dans le peloton des meilleures universités au monde, au contraire, elle ne figure dans aucun classement, même celui du continent africain. La recherche scientifique reste un slogan défendu par les autorités, puisque rares sont les périodiques scientifiques, revues contenant des thèses de recherche intéressantes ou de qualité. L’université, comme l’école, produisent aujourd’hui l’échec. L’insertion des diplômés dans le circuit du travail reste faible, selon de nombreux spécialistes.

Zouheir Aït Mouhoub


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